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Affaire Huawei : le thriller techno-géopolitique continue

Affaire Huawei : le thriller techno-géopolitique continue 2019-07-09
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Nouveau coup de froid dans les relations sino-américaines. Après sa rencontre avec Xi Jinping, en marge du G20 fin juin à Osaka, Donald Trumpavait déclaré qu'il était prêt à revenir sur sa décision d'interdire aux fournisseurs américains, comme Intel et Qualcomm, d'approvisionner Huawei. Et pourquoi pas de permettre au groupe chinois d'accéder aux mises à jour du système d'exploitation Android. Patatras, l'administration américaine vient d'adopter une position plus ferme.

Une requête du Congrès déposée devant la cour de justice du district est du Texas stipule que les « produits Huawei sont particulièrement susceptibles de représenter une menace d'actes malveillants de la part du gouvernement chinois ». « Le pouvoir législatif a une marge d'interprétation lui permettant d'effectuer des jugements de manière prédictive », précise le texte. Le 6 mars, Huawei avait intenté un procès au gouvernement américain pour dénoncer son inscription sur l'entity list par le bureau de l'industrie et des services du département du Commerce.

Comme l'explique le Washington Post, « figurer sur cette liste rend toute survie quasiment impossible », car les entreprises américaines ne peuvent plus ni leur vendre ni leur acheter des produits ou services. À l'époque, le département du Commerce avait justifié sa décision par le fait que Huawei « est engagé dans des activités qui sont contraires à l'intérêt de la sécurité nationale et de la politique étrangère » des États-Unis. Et si Donald Trump a annoncé un assouplissement des mesures concernant Huawei, le Congrès n'a pas encore retiré Huawei de l'entity list. Pour l'instant, un acheteur de smartphone de marque Huawei ne voit pas de différence. Mais si le 17 août, Pékin et Washington ne se sont pas mis d'accord, celui-ci n'aura pas accès aux dernières versions d'Android.

Bataille à coups de brevets et de procès

Suspense donc... Quoi qu'il en soit, la levée de cet embargo high-tech, qui doit être validée par un vote du Congrès, est loin d'être actée. Parmi les plus durs à l'encontre de Huawei, les sénateurs Marco Rubio, Check Summer ou encore Marsha Blackburn, sont toujours vent debout contre l'équipementier chinois. Promulgué le 15 mai par Donald Trump, l'executive order, qui évoque « des adversaires étrangers qui créent et exploitent des vulnérabilités dans les services de communication » et capables de « commettre des cyberactions malicieuses, comme l'espionnage économique et industriel », est toujours en vigueur.

Le 5 juillet, le Washington Post a publié une tribune de Isaac Stone Fish particulièrement dure à l'encontre de l'équipementier et fabricant de smartphones chinois. Dans son texte intitulé « Si Trump fait confiance à Huawei, voici pourquoi l'Amérique ne devrait pas », le chroniqueur, qui s'appuie sur une étude co-écrite par le professeur de la Fullbright University Vietnam Christopher Balding, explique que Huawei cherche à minimiser ses liens entre des cadres du parti et plusieurs organisations chinoises d'intelligence économique.

Or, comme l'explique le dossier du Point consacré à Huawei, la montée des tensions s'explique aussi bien par les craintes d'espionnage (à ce jour, aucune porte dérobée n'a été découverte dans les équipements Huawei), que par la prise de conscience du retard des États-Unis dans la 5G.

Moment spoutnik, version 5G

En effet, aucune entreprise américaine n'est aussi avancée dans le déploiement des réseaux 5G. Comme un nouveau « moment Spoutnik » : quand, le 4 octobre 1957, les Américains se sont rendu compte que les Russes étaient capables de lancer le premier satellite artificiel, remettant alors en cause leur suprématie technologique, ils ont mis les bouchées doubles dans la guerre des étoiles et la conquête spatiale.

La course à la 5G, plus stratégique, ne se limitera pas uniquement au mobile, mais à l'ensemble des objets connectés. Dans l'interview qu'il a donné cette semaine au Point (à retrouver ici dans son intégralité), le créateur de Huawei fournit des précisions précieuses sur Ark, le système d'exploitation sur lequel travaille l'entreprise chinoise depuis 2003 et qui, en raison des tensions avec Washington, bénéficie d'un coup d'accélérateur. « Le système d'exploitation sur lequel nous travaillons devrait être compatible avec des circuits imprimés, les postes d'aiguillage que sont les switch, les routeurs, les smartphones ou encore les data centers. »

Thriller technico-géopolitique inédit

« Le système d'exploitation Ark aura une latence de traitement de moins de 5 millisecondes. Elle sera si faible et le contrôle si précis que ce système sera parfaitement adapté à l'Internet des objets, pour la conduite autonome, par exemple. Nous construisons ce système pour rendre possible l'interconnexion de tous les objets, de manière synchronisée. C'est ainsi que nous pourrons nous projeter vers une société intelligente », a précisé au Point Ren Zhengfei. En 2018, Huawei est l'entreprise qui a déposé le plus de brevets dans le monde. Selon son fondateur, Ark OS devrait même être plus rapide qu'Android et MacOS  !

Quand on lui fait part de notre impression selon laquelle « Ark OS est un plan B » qui ne sera activé que « si vous ne pouvez plus travailler avec Google… », l'entrepreneur enfonce le clou : « D'abord, Ark OS, qui est déjà opérationnel pour certains appareils en Chine, n'a pas été conçu pour être utilisé uniquement sur les téléphones portables. Et, pour l'instant, il n'est pas destiné à remplacer Android. Si le système haut de gamme de Google n'est plus ouvert à Huawei, allons-nous construire un écosystème pour l'Ark OS ? Ce n'est pas encore décidé à 100 %. »

Tandis que sa fille est toujours retenue au Canada et sous la menace d'une extradition aux États-Unis sur des accusations de ventes de produits Huawei en Iran en dépit de l'embargo, Ren Zhengfei fait d'Ark OS, une ossature capable de structurer l'industrie du futur, où l'explosion des données, intelligence artificielle, ou encore la reconnaissance visuelle, permettront aux robots de communiquer entre eux. Bref, ce qui pourrait être un champ de coopération pour les scientifiques du monde entier, est aujourd'hui le théâtre d'un thriller technico-géopolitique inédit où s'affrontent, à coups de brevets et de procès, les deux plus grandes puissances du monde.

Guillaume Grallet
BBC /MCP, via mediacongo.net
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