
Afrique
Pour ceux qui ont décidé de quitter le dialogue national lancé ce lundi 30 septembre à Yaoundé, seul l'agenda du régime serait pris en compte. La question sur la forme de l'État - et donc celle du fédéralisme - ainsi que le sort des prisonniers politiques ont été écartés des discussions.
Pour Alice Sadio, présidente de l'Alliance des forces progressistes, ce dialogue est un "monologue hypocrite" :
"Nous souhaitons que l'opinion nationale et internationale voit en notre acte une œuvre de patriotisme. Nous avons voulu par notre départ lancer l'alerte pour que le gouvernement comprenne que nous avons très bien saisi son jeu et que nous ne comptons pas tromper l'intérêt général et le peuple camerounais en jouant cette comédie."
L'homme politique d'opposition Akere Muna a été le premier à claquer la porte. Il estime que la libération des prisonniers politiques, ainsi que la révision de la forme de l'État, sont des sujets à mettre sur la table. Mais le Premier ministre Joseph Dion Ngute, qui dirige ce dialogue, a refusé d'évoquer ces points.
Les questions essentielles absentes du débat
Célestin Bedzigui, le président du Parti pour l'alliance libérale (PAL), qui a lui aussi quitté la discussion, ne voit pas comment ce dialogue sous contrôle pourrait résoudre la crise anglophone.
"Nous sommes dans un contexte où le nombre de personnes ayant accès à la parole a été limité par le Premier ministre. Nous sommes quatre cent participants et il n'en a choisi que dix pour prendre la parole. Ensuite les thèmes de débats ont été unilatéralement choisis par lui, la plupart n'ayant aucune pertinence. Excusez mon pessimisme mais j'ai quelques peines à penser que l'issue de ces travaux ramènera la paix dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest."
Cabral Libii, le président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), qui participe au dialogue, dénonce pour sa part la nomination unilatérale des membres des commissions :
"On n'a pas du tout le sentiment qu'on a été écouté. Je fais partie de la commission de réinsertion qui s'occupe des déplacés et des réfugiés. J'ai cru entendre mon nom, autant vous dire que je n'ai pas été consulté avant. Si on m'avait consulté avant, je ne suis pas sûr que c'est cette commission que j'aurais choisie."
Le grand dialogue national s'achève le 4 octobre mais les désistements actuels, auxquels s'ajoutent la non représentation des séparatistes anglophones, fait redouter que ce dialogue qui n'en est pas un ne fasse qu'empirer la situation au Cameroun.
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