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Politique

Matata II : les leçons d'un remaniement

2014-12-10
10.12.2014 , Kinshasa
Politique
2014-12-10
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Le nouveau gouvernement de cohésion nationale nommé dimanche 7 décembre offre une timide ouverture à l’opposition, consolide la majorité présidentielle et renforce l’idée d’un Joseph Kabila candidat à sa succession.

C’est au milieu de la nuit, ce dimanche, sur les antennes de la RTNC, que les congolais ont appris la nomination d’un nouveau gouvernement de cohésion nationale. Attendu depuis bientôt treize mois, l’arrivée du nouvel exécutif était une (vieille) promesse des Concertations nationales, visant à apaiser les tension entre majorité et opposition. Au final, c’est une composition sans surprise qui sort du chapeau, après une année d’hésitations présidentielles.

Matata, le survivant

On le donnait sur le départ, mais plus le temps passait, plus sa reconduction devenait une évidence. C’est donc sans surprise que le Premier ministre, Augustin Matata Ponyo, rempile à la Primature. Faute de mieux, ce technocrate à la cravate rouge s’est imposé comme le plus petit dénominateur commun entre la Majorité présidentielle (qui l’apprécie peu) et la communauté internationale et ses bailleurs de fonds (qui l’apprécie beaucoup). Matata Ponyo rassure à l’extérieur, tient le cap des indicateurs macros économiques et ne fait pas de vague dans le clan présidentiel. Le Premier ministre aura-t-il les coudées franches pour  tenir la barre ? Rien n’est moins sûr. Patata Ponyo sera sous surveillance de trois vices premiers ministres.

Un Premier ministre et deux chefs de partis

La nouvelle équipe gouvernementale compte désormais 48 membres : 32 ministres, 10 vices ministres et (nouveauté) 3 vices premiers ministres (voir la liste complète du gouvernement Matata 2). On a peu de précisions sur les contours de ces 3 « supers » ministres, mais une chose est certaine, ces postes respecte le subtil dosage de ce gouvernement voulu par Joseph Kabila : deux chefs de parti de la majorité présidentielle (Evariste Boshab du PPRD et Willy Makiashi, secrétaire permanent du PALU, Parti Lumumbiste Unifié) et un membre de l’opposition, le secrétaire général du MLC, Thomas Luhaka.

Boshab clé de voute du dispositif

Dans le camp de la majorité, ce remaniement a eu pour effet de « faire le ménage » et de  recruter de nouveaux affidés. Les plus frondeurs, comme Pierre Lumbi, hostile à toute modification de la Constitution, paie son indépendance et sort du gouvernement. Sur son blog, Congo Siasa, le chercheur Jason Stearns note toutefois que deux membres de ce nouveau gouvernement s’étaient prononcés contre la révision constitutionnelle : Olivier Kamitatu et Bolentenge Balela. Preuve pour ce spécialiste que « l’option de la modification constitutionnelle s’éloigne pour l’instant« . Les grands équilibre de la majorité présidentielle sont pourtant maintenus : Boshab (PPRD), Bahati (AFDC), Kamitatu (ARC), Mboso Nkodia (PSDC), Serufuli (UCP), Mende (CCU), Tshibanda (ULDC). Le chef du PPRD, Evariste Boshab prend du galon en devenant ministre de l’Intérieur. Un poste stratégique à moins de deux ans des élections présidentielles. Des gages importants sont également donnés au PALU, l’allié de poids du président Kabila, en nommant Willy Makiashi (numéro 2 du PALU) comme vice-premier ministre et ministre du Travail.

Le Katanga aux avant postes

Entrée remarquée : celle d’Olivier Kamitatu, à la tête de l’ARC, comme ministre de la Planification. Ex-allié de Jean-Pierre Bemba, Kamitatu avait occupé le même ministère de 2007 à 2012. Le Katanga n’est pas oublié dans la répartition ministérielle avec 9 ministres, dont Emile Ngoy Mukena au poste ultra sensible de la Défense. Et puis, il y a ceux qui restent. Neuf ministres de l’ancien gouvernement sont maintenus : Lambert Mende à la Communication, Raymond Tshibanda aux Affaires étrangères, Félix Kabange Numbi à la Santé et Martin Kabwelulu aux Mines (poste éminemment stratégique).

Opposition : débauchage minimum

On ne retrouve  pas de « gros poissons » de l’opposition dans le nouveau gouvernement. Pas de belle prise que la Majorité présidentielle aurait pu exhibé pour justifier l’ouverture politique du nouvel exécutif. Des trois principaux partis d’opposition, seul le MLC s’est laissé convaincre. L’UDPS et l’UNC avait décliné l’offre fin 2013. Thomas Luhaka (MLC) est sans aucun doute le mieux servi, en devenant vice-premier ministre des Postes et Télécommunications. Deux autres ministres : Germain Kambinga et Omer Egwake sont également issus de la formation de Jean-Pierre Bemba.

Crise au MLC

Sitôt les nominations divulguées, des voix dissonantes se sont exprimées au MLC. Un premier communiqué publié en Belgique par le secrétaire national adjoint du MLC extérieur, annonçait la radiation des trois  nouveaux entrants, indiquant qu’il n’y avait « pas de place pour la traîtrise au sein du parti de Jean-Pierre Bemba". Mais pour d’autres membres du MLC s’exprimant sur une radio congolaise, « rien n’est décidé« , l’entrée au gouvernement étant une « suite logique » à la participation du parti aux Concertations nationales. Seule certitude : l’arrivée du MLC au gouvernement a déjà provoqué une crise au sein du parti, en attendant la position officielle du chairman, Jean-Pierre Bemba, en prison à La Haye. Volontaire ou non de la part de la Majorité, la nomination de trois ministres MLC affaiblie pour l’instant cette formation.

Des proches de Kengo, mais sans Muamba

Une « prime » a tout de même été accordée à l’UFC de Léon Kengo, le président du Sénat, malgré sa dernière sortie médiatique contre la révision constitutionnelle. Michel Bongongo (UFC) devient ministre d’Etat au budget et un poste de vice-ministre à la coopération internationale a été attribué au  gendre de Kengo. Un absent est à remarquer :  François Muamba, le coordinateur des accords d’Addis-Abeba entre le gouvernement congolais et les anciens rebelles du M23. Cet ex-MLC, qui s’était rapproché de la Majorité présidentielle, pouvait sans doute espérer un quelconque maroquin. Il avait occupé le Ministère du Budget entre 2003 et 2006. Mais dans la course aux postes ministériels, Olivier Kamitatu, qui a un profil similaire, aura sans doute été plus convaincant. L’atout d’Olivier Kamitatu : sans doute son poids électoral dans sa province, le Bandundu.

Kabila : une volonté de rester au pouvoir

A l’approche de choix politiques cruciaux, Joseph Kabila resserre donc les rangs dans son camps. Son gouvernement est plus « politique » que le précédent. Les postes clés : Affaires étrangères, Défense, Justice, Communication, Mines, Hydrocarbures, restent dans les mains de fidèles. Joseph Kabila devra décider dans les prochains mois par quel moyen il compte rester au pouvoir : modification de la Constitution (peu plausible), un Référendum, un glissement du calendrier électoral… Un déception tout de même pour le président Kabila : celle de ne pas avoir réussi à débaucher un membre influent de l’opposition au sein de l’UDPS ou de l’UNC. Le pari de la « cohésion nationale » échappe donc à Joseph Kabila qui aurait espéré pouvoir exposer une vitrine « pluraliste » de son nouveau gouvernement. A défaut, le gouvernement Matata 2 apparaît comme un renforcement du pouvoir de la Majorité présidentielle sur la vie politique congolaise et non comme l’ouverture promise. Pour l’opposition congolaise, il n’y a qu’un seul message à retenir de ce nouveau gouvernement  : l’habile dosage de l’équipe gouvernementale et l’arrivée d’Evariste Boshab à l’Intérieur dévoilent la volonté du président Joseph Kabila de rester aux commandes du pays… au delà de 2016. 


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