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Post Covid-19 : Les leçons chinoises pour l’économie mondiale

Post Covid-19 : Les leçons chinoises pour l’économie mondiale 2020-04-06
Monde
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Alors que l’Europe et les Etats-Unis sont largement en confinement, la Chine a déjà commencé sa reprise économique. Quels enseignements peuvent en retirer les pays occidentaux ? Sortiront-ils de la crise plus forts ou plus dépendants de la Chine ?

près plusieurs semaines de confinement en Europe, les regards sont plus que jamais braqués sur la Chine. Autant pour observer l’évolution de l’épidémie que pour essayer de comprendre la dynamique économique d’un pays en phase de sortie de crise. Le futur des économies occidentales est peut-être en train de s’écrire en Chine, épicentre de l’épidémie, où les mesures de confinement sont progressivement levées et où l’appareil productif a été remis en marche.

Quels enseignements en tirer pour l’Europe et les Etats-Unis ? Quelle sera la place de la Chine dans l’économie mondiale post-Covid-19 ?

La croissance est repartie en Chine. Pas à un rythme débridé mais l’activité devrait avoir retrouvé le chemin de l’expansion, à en croire le dernier sondage des directeurs d’achats, publié mercredi, qui indiquait une valeur de 50,1. Soit juste au-dessus de la marque de 50, qui sépare contraction et croissance. Cela signifie que l’économie chinoise s’est stabilisée en fin de premier trimestre et que la croissance devrait revenir au cours du deuxième, selon une étude de Julius Baer publiée vendredi.

En plus des chiffres officiels, Dan Scott observe également des données alternatives, comme « la pollution ou les transports, qui sont tous deux repartis à la hausse », souligne le chef économiste adjoint de Vontobel. « Le taux d’utilisation des capacités se situe actuellement entre 65% et 70%, ce qui n’est pas si éloigné des 80% enregistrés en temps normal, synonymes de pleine capacité », poursuit l’économiste. Il s’attend à une croissance de 2% cette année en Chine, alors que le consensus table sur 5,3%. Le PIB chinois avait progressé de 6,8% en 2017 et 6,6% en 2018.

Deuxième(s) vague(s)

Si les prévisions des spécialistes divergent autant, c’est qu’il reste « très difficile de prévoir ce que sera la croissance du PIB chinois pour les deux premiers trimestres », relève David Chao, stratégiste chez Invesco, lors d’un webinaire organisé jeudi. L’incertitude reste élevée sur le rythme de la reprise économique chinoise car elle pourrait se heurter à une deuxième vague.

Ou plutôt à deux deuxièmes vagues: celle de l’absence de demande de la part des pays occidentaux, largement confinés; et « celle de nouvelles infections en Chine dues à des étrangers ou des Chinois rentrant de l’étranger. Ou aux porteurs sains du virus, qui ne présentent aucun symptôme et qui sont dorénavant inclus dans les statistiques chinoises. Il faudra donc une réponse coordonnée au niveau mondial », estime David Chao.

Pour ce spécialiste de l’Asie-Pacifique, la crise du Covid-19 a provoqué trois changements structurels en Chine: « La population croit davantage au système politique, qui a montré qu’il pouvait réagir de manière agressive et efficace; le progrès technologique a été accéléré par les investissements publics dans la 5G ou l’intelligence artificielle; enfin, l’économie a évolué vers un modèle en ligne, en particulier pour la consommation. »

Clients (masqués) de retour

Le volet physique de l’acte d’achat reste malgré cela bien vivant. Ce qui est crucial pour quantité de marques (notamment de luxe) réalisant une part importante de leurs ventes en Asie. Le patron de Swatch Group, Nick Hayek, a été l’un des premiers, le 19 mars dernier, à affirmer qu’il constatait un début de reprise en Chine.

Un avis partagé par les patrons d’autres marques globalisées – horlogères ou non – présentes là-bas. Le 24 mars, celui de Nike notait par exemple que « le trafic était de retour » en Chine, mais également au Japon et en Corée du Sud. « Les clients sont de retour dans les magasins. Ils portent des masques, mais sont de retour », a-t-il dit lors de la conférence sur les résultats annuels du groupe.

Présente en Chine avec une trentaine de boutiques, la marque de luxe Bulgari observe, elle aussi, « une reprise assez rapide ». Le patron de la marque du groupe LVMH, Jean-Christophe Babin, estime que le niveau de ses ventes « y dépasse depuis trois semaines le niveau de l’année dernière ». Il constate que moins de clients se rendent dans les centres commerciaux « mais que ceux qui s’y rendent veulent vraiment acheter ».

Jean-Christophe Babin ne crie pas (encore) victoire. Il se pose surtout deux questions: « Est-ce que les autres pays se remettront aussi vite que ce marché clé et leurs clients auront-ils la même soif de consommation ? » Impossible pour l’heure de répondre à ces interrogations.

Dans l’industrie, Schindler assure que ses usines chinoises fonctionnent de nouveau à plein régime. « La Chine est le premier marché à revenir et il est en plein essor », soulignait vendredi dans la NZZ le patron du groupe d’ascenseurs lucernois, Thomas Oetterli. La Chine représente 15% du chiffre d’affaires de Schindler, soit 1,55 milliard de francs de ventes en 2019.

Reprise en forme de W ?

A moyen terme, une résurgence de l’épidémie en novembre pourrait provoquer une reprise en forme de W. « Après l’épidémie de SRARS en 2002-2003, la reprise avait été nettement en V, mais l’économie chinoise ne représentait alors que 7% du PIB mondial contre 19% actuellement, observe encore David Chao. Elle dépend davantage du commerce international. »

Le confinement mis en place en Europe et aux Etats-Unis pèse sur l’économie chinoise, avance Mathilde Lemoine, cheffe économiste du groupe Edmond de Rothschild, puisque ces deux régions représentent 35,7% des exportations chinoises et 32,8% des exportations des pays émergents asiatiques.

Déjà avant l’apparition du Covid-19, les prévisions de croissance chinoise avaient été revues à la baisse, de 6,5% à 6%. Et elle devrait se révéler encore plus basse que prévu, enchaîne Mathilde Lemoine: « L’activité reprend en Chine mais elle restera à un niveau inférieur à celui d’il y a un an; on voit par exemple que la consommation de charbon est en recul de 15% sur cette période et que les capacités de production ne sont pas pleinement utilisées. »

Pour Julius Baer, les entreprises chinoises vont subir le contrecoup des mesures de confinement pendant de nombreux trimestres. La banque zurichoise s'attend à des faillites, à des cash-flows en chute et à des changements d’habitudes dans les transports et les services à moyen terme. Entre la baisse des investissements des entreprises et la prudence des consommateurs, les bénéfices des sociétés chinoises ne devraient pas être récupérés avant le deuxième semestre 2021, selon Julius Baer.

« Une efficacité pas vue en Occident »

Dans ces conditions, Pékin doit-il lancer des programmes de soutien à l’économie similaires à ceux décidés aux Etats-Unis ou en Europe, où ils peuvent atteindre 10% du PIB ? David Chao, d’Invesco, n’y croit pas: « Le gouvernement central ne souhaite pas augmenter l’endettement et, ces dernières années, la tendance était plutôt à pousser vers un recul de l’endettement des acteurs économiques, notamment par crainte d’une bulle immobilière. » En revanche, Pékin a mis en place une trentaine d’initiatives de soutien ciblé à des secteurs économiques (PME, numérique) et devrait continuer dans cette voie, estime David Chao.

Finalement, la Chine sortira-t-elle renforcée de la crise du coronavirus ? David Chao pèse le pour et le contre. « D’un côté, le pays pourrait perdre son rôle de pôle manufacturier dominant, car le virus a provoqué un raccourcissement des chaînes d’approvisionnement. Des activités sont rapatriées dans les pays développés et le monde devient plus insulaire. La pénurie de ventilateurs montre que la dépendance de certains pays envers d’autres est trop forte. »

Mais d’un autre côté, la Chine pourrait également « émerger en tant qu’unique fournisseur de tout un tas de produits, car son économie est déjà sortie de la crise, alors que l’Occident est encore à l’arrêt. A plus long terme, les entreprises de la planète devront abaisser leurs coûts, un point sur lequel la Chine est incontournable », argumente encore David Chao. Qui semble pencher pour une Chine plus forte post-crise: « Le pays a démontré sa capacité à contenir l’épidémie et à rebondir. Nous n’avons pas vu ce genre d’efficacité dans les pays développés. »

Reprise sous contraintes en Asie

La situation de la Chine pèsera sur l’ensemble de l’Asie, estime Mathilde Lemoine, de Rothschild: « La reprise asiatique se fait sous contraintes également car la Chine importe moins de biens intermédiaires en provenance du reste de l’Asie, or ce secteur d’activité représente 15% du PIB de la Malaisie, 13% de celui du Vietnam ou 8% de celui de Singapour. »

L’interdépendance au sein de la région est également illustrée par le tourisme, qui n’a pas retrouvé ses niveaux d’avant la crise malgré une reprise, selon Mathilde Lemoine. Les frontières sont fermées, alors que pour la Thaïlande le tourisme constitue 14% du PIB, 6% de celui de la Malaisie ou de Singapour, et même jusqu’à 25% aux Philippines. « Le secteur pourrait repartir un peu en Asie du Sud-Est, où les touristes chinois représentent 20% du total, d’autant plus qu’ils n’ont pas accès à l’Europe. Mais pas avant l’automne ».

Enfin, la faiblesse des cours du pétrole soutient la croissance des pays asiatiques, contribuant pour 0,5 point de pourcentage au PIB de l’Inde et de la Chine, jusqu’à 2 points à Singapour. Pour la Malaisie et l’Indonésie, les deux seuls pays exportateurs de brut d’Asie, les effets positifs sur la facture pétrolière compensent les effets négatifs.

Dans ce contexte général « marqué par une incertitude élevée et un manque de perspectives, les investisseurs ont tendance à privilégier les actifs de qualité, ce qui les pousse plutôt vers les Etats-Unis que la Chine », conclut Mathilde Lemoine.


Le Temps / MCP, via mediacongo.net
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respect | AZLR11Q - posté le 06.04.2020 à 17:23

GK..Legerté ds notre justice ds ses applications, car on interpelle et arrête pendant des jours sans preuves.quels justice ou etat droit parlons-nous. FATSHI, tu dois saisir le taureau par les cornes.et cessé des blagues au sommet de l’etat. Comment Muyembe peut se rejouir ds sa riposte,alors qu’ailleurs en afrique,+ d’infectés visible mais moins de mort alors que ns, avons peu càd ±160infectés invisibles mais bcq deces.il y a-t-il une gloire ds le décès ou ds la capacité de guerirPOURQUOI FATSHI Demande ENQUETES DES 100JOURS alors qu'il y a eu milliars $ detournés sous Kabila et qui peut etre benefique à la nation.On parle de Vital! Et que dire du FCC qui a mis ce...

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