
Politique
Selon les autorités, le nombre de morts serait passé de 129 à 131. “Ridicule”, Pour de nombreux observateurs.
Une semaine après ce qui est présenté comme une tentative d’évasion de la prison de Makala, à Kinshasa, la guerre des chiffres sur le nombre de morts est toujours vive. Lundi 9 septembre, dans la foulée d’un conseil des ministres extraordinaire, le ministre des Communications Patrick Muyaya a annoncé que ce chiffre était passé “de 129 à 131 morts après la mort de deux personnes qui ont succombé à leurs blessures”. Loin des estimations qui circulent dans tout le pays. “Avec 129 ou 131 morts, pensez-vous que les autorités auraient eu besoin d’encombrer toutes les morgues de la capitale”, explique un avocat kinois.
Plusieurs sources font état de plus de 1 500 morts en se basant sur les statistiques d’occupation du centre de détention publiées par l’établissement lui-même.
Enquête
Lors du conseil des ministres de ce lundi, la Première ministre Judith Suminwa a énoncé une série de mesures pour rétablir l’ordre et la sécurité à Makala avant d’évoquer la mise sur pied “d’une commission interservices chargée d’enquêter sur ces événements”. Quelques heures plus tard, le ministre Muyaya, sur le plateau de France 24, ajoutait “les ONG, notamment le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH), seront impliquées dans l’enquête en cours parce que nous voulons tous connaître la vérité.”
Des déclarations qui ne convainquent pas certains opposants, dont Franck Diongo, ancien proche d’Etienne Tshisekedi, président du Mouvement lumumbiste Progressif (MLP) qui a obtenu cet été le statut de réfugié politique en Belgique après avoir été arrêté et torturé par les membres du service de renseignement militaire de la Demiap, dirigé par le général Christian Ndaywell, un homme de nationalité belge contre lequel plusieurs plaintes ont été introduites en Belgique.
"Madame Suminwa parle d’une commission interservices ! De qui se moque-t-on ? On est face à un carnage dans une prison en plein centre de la capitale et on nous annonce une commission a minima alors qu’il y a eu 2 000 morts. Le gouvernement n’a même pas présenté ses condoléances aux familles", tonne M. Diongo
Et l’opposant de rappeler que sans la pression “le régime congolais maintenait qu’il n’y avait eu que deux morts. Alors que plusieurs vidéos réalisées par des détenus montraient des dizaines de cadavres".
Franck Diongo plaide pour la mise sur pied d’une “vraie commission indépendante, impartiale et neutre. Le peuple congolais voit les massacres se multiplier sans que les responsables ne soient jamais sanctionnés. On ne peut pas avoir confiance dans une commission interservices, même si on y adjoint le BCNUDH.” Il prône donc la présence de représentants des Églises catholique et protestante “qui représentent la grande majorité des Congolais”. Il invite aussi des ONG internationales comme Human Rights Watch ou Amnesty International “qui ont l’habitude de travailler sur des questions difficiles dans des contextes hostiles”. Sans oublier l’opposition parlementaire.
“On doit connaître toute la vérité. On doit savoir qui a déclenché ce massacre et pourquoi”, dit-il en rappelant l’émotion internationale suscitée par les dizaines morts sur le campus de Lubumbashi sous Mobutu en 1990 ou lors de l’assassinat des 139 membres de la secte Bundu Dia Kongo en 2007 sous Kabila. “On ne peut se taire. Tshisekedi portera à vie la marque de ce massacre de la prison de Makala”.
Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.
Les plus commentés
Politique Incendie du siège du PPRD : la société civile alerte sur une dérive violente du débat politique
06.05.2026, 12 commentairesPolitique Marche de soutien aux sanctions contre Joseph Kabila : Augustin Kabuya appelle les États-Unis à un mandat d’arrêt
04.05.2026, 10 commentairesPolitique Mandat présidentiel “élastique” pour stabiliser un pays : Godé Mpoyi recadré par un enseignant évoquant l’exemple de Mobutu Sese Seko
04.05.2026, 10 commentairesOnt commenté cet article
Ils nous font confiance
Franck Diongo