
Religion
Il y a 170 ans jour pour jour (les historiens débattent encore sur la date exacte, le 8 ou le 9 juillet), disparaissait Seyyed Ali Mohammad dit le Bab (qui signifie "porte" ou "point" en Arabe). Un marchand aux origines humbles, à la base d’un mouvement religieux révolutionnaire dans l’Iran du 19e siècle : le Babisme.
Un Islam différent
Né en 1819 dans une famille de marchands de coton à Chiraz, dans le centre de l’Iran, Seyyed Ali Mohammad ne semble pas prédestiné à devenir une personnalité religieuse. Mais à son retour d’un pèlerinage, le jeune marchand devient prédicateur. Doté d’une éloquence éblouissante, il attire les foules et reçoit alors le surnom de "porte de Dieu", le Bab Allah.
Au sein d’une Iran chiite, Ali Mohammed veut une réforme de l’Islam. Le Bab prône une religion "assouplie". Il retranscrit ses dogmes pour ses fidèles, les Babis, au sein d’un nouveau livre saint, le Bayan ("explication" en Arabe). Un ouvrage dans lequel, il se distancie fortement de l’Islam. Il ne veut, par exemple, plus de la charia islamique. Autre grand changement, les croyants ne prient plus en direction de La Mecque mais vers Chiraz où se trouve sa maison, en plus d’autres modifications des rites et des lois traditionnelles de l’Islam rendant la religion, pour certains théologiens, plus tolérante.
Des idées que l’on retrouve aussi au niveau social avec la volonté de changements très avant-gardistes pour l’époque et particulièrement concernant les libertés autorisées aux femmes. Elles peuvent, par exemple, demander le divorce ou retirer le voile si celui est gênant. Les Babis prônent globalement une plus forte égalité entre les hommes et les femmes.

Maison du Bab - Chiaz, Iran - © https://news.bahai.org/
Une doctrine presque disparue
Le mouvement séduit rapidement et dans toutes les couches de la société mais il s’attire les foudres de l’autorité persane. Après plusieurs années de persécutions, Ali Mohammed est finalement fusillé le 9 juillet 1850 à midi à Tabriz, dans le nord de l’Iran. La dépouille du Bab sera récupérée par ses fidèles et dissimulée jusqu’au 21 mars 1909, jour de son inhumation dans un mausolée à Haifa.
A la mort du Bab, le mouvement religieux se scinde en deux branches et de là, naît un autre mouvement religieux assez différent appelé le Bahaïsme. Cette doctrine séduira alors de nombreux babis qui se distancieront du Babisme. Il n’en reste d’ailleurs, à l’heure actuelle, que très peu dans le monde. Ils se trouvent majoritairement en Iran et en Ouzbékistan. Impossible de donner leur nombre exact car les derniers babis dissimulent leurs pratiques et vivent au sein de communautés musulmanes sans se différencier.

Mausolée du Bab - Mont Carme, Haifa - © JACK GUEZ - AFP
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