
Politique
Pour la première fois dans l’histoire parlementaire de la RDC, l’Assemblée nationale doit ouvrir ce mardi 5 janvier à Kinshasa une session extraordinaire dirigée par un bureau d’âge. Lors de cette session, prévue du 5 janvier au 3 février, il s’agira essentiellement question d’élire et d’installer le bureau définitif de cette institution, dans un contexte de crise marquée par la rupture de la coalition FCC-CACH.
Une plénière est même fixée ce mardi pour adopter le calendrier de cette session extraordinaire, affirme le secrétaire-rapporteur du bureau d'âge, Gaël Bussa. Selon lui, il sera question de la poursuite de l’examen de la pétition contre membre du bureau déchu; de l'élection et l'installation des membres du bureau définitif de l'Assemblée nationale ; d'examiner quelques lois de ratification et de s'assurer du contrôle parlementaire.
Désignation d'un bureau post-Mabunda

En ce qui concerne le premier point, la plénière devra délibérer sur le sort du questeur adjoint de leur chambre, seul rescapé de l'ouragan ayant emporté tous les six autres membres du Bureau Mabunda, le 10 décembre dernier. L'opinion se rappellera que M. Innocent Vakpa Unyon avait piqué une crise d'Accident cardiovasculaire (AVC), dans la nuit du mercredi 9 à jeudi 10 décembre. Soit, à quelques heures de la plénière. L'information avait été livrée au bureau d'âge par Boniface Balamage, ancien 2ème vice-Président de la Chambre basse. Ainsi, pour des raisons humanitaires, l'examen de la pétition contre l'argentier assistant de la Représentation nationale avait été postposé.
Toutefois, plus d'un observateur, sans être des prophètes de malheurs, anticipent pour dire que le sort d'Innocent Vakpa est déjà scellé. En tout cas, on ne voit pas par quelle magie, ce dernier pourrait l'échapper belle, face à une plénière déterminée à en découdre avec l'ancienne équipe dirigée par Jeanine Mabunda, la toute première femme dans l'histoire du pays, élue au poste de Président de la Chambre basse du Parlement. D'ores et déjà, de nombreux observateurs, prenant en compte les nouveaux enjeux politiques, notamment à l'Assemblée nationale, pensent que le maintien du questeur adjoint de la Représentation nationale à son poste relèverait d'un miracle. Sinon, une exception qui confirmerait la règle.
Annoncée depuis la clôture solennelle de la session budgétaire par le président du bureau d’âge, cette session s’avère éminemment politique, au regard du contexte de crise observée depuis l’année dernière entre le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila et le Cap pour le changement (CACH) de Félix Antoine Tshisekedi.
En effet, la session extraordinaire de l'Assemblée nationale qui commence ce mardi, se veut l'ultime étape de la guerre que mène l'actuel Chef de l'Etat, via les députés nationaux, dans sa quête d'une nouvelle coalition majoritaire. Car, au cas où il y aurait des députés FCC qui avaient effectivement voté pour le départ de Jeanine Mabunda, mais sans pour autant quitter la Kabilie, Félix Tshisekedi serait alors obligé de trouver d'autres algorithmes pour résoudre l'équation de l'Union sacrée de la Nation.
Entre la clôture de la session ordinaire de septembre le 15 décembre dernier dans les deux chambres du Parlement, et le 5 janvier date d'ouverture de la session extraordinaire à l'Assemblée nationale, beaucoup d'eau a coulé sous le pont. Le premier fait notable est la désignation, le 31 décembre, d'un informateur pour identifier une nouvelle coalition majoritaire à la Chambre basse. Et, c'est la mission que le Chef de l'Etat a confiée à Modeste Bahati, commandant en chef de l'Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC et alliés), regroupement politique ayant un grand nombre de sièges à l'Assemblée nationale.
De son coté, le FCC multiplie des réunions pour « aligner un ticket gagnant » à tous les postes du prochain bureau.
L’Union sacrée de la nation du président Tshisekedi, elle aussi, dit avoir réuni plus de trois cents députés dimanche 3 janvier dernier pour se rassurer de l’existence réelle d’une nouvelle majorité parlementaire afin de désigner le nouveau bureau. Le chef de l’Etat a même invité les députés à voter pour le ticket qu’il va présenter.
Destitution du Gouvernement en ligne de mire

Il sera aussi question, au cours de cette session, de procéder, par le contrôle parlementaire. La destitution du gouvernement Ilunga et l’investiture d’un nouveau gouvernement émanant de la nouvelle majorité seraient déjà programmées.
D’après certaines indiscrétions au sein de l’Union sacrée, une motion de censure contre le gouvernement est même déjà prête et sera déposée si jamais le Premier ministre Sylvestre Ilunga ne déposait pas sa démission.
Ainsi, s'exprimant sur Top Congo FM au sujet de la situation du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, le député MLC Daniel Mbau a déclaré que le sort de l'actuel locataire de la Primature sera réglé au cours de la session extraordinaire qui s'ouvre ce mardi. "Nous avons déjà actionné la motion de censure contre le Premier ministre et même recueilli un plus grand nombre de signatures. Il ne nous reste plus qu'à formaliser la motion. C'est ce qui sera fait dans les prochains jours, dans le cadre du contrôle parlementaire inscrit à l'ordre du jour de la session extraordinaire de notre chambre parlementaire", a-t-il soutenu.
A la question de savoir si la motion de défiance contre le Premier ministre ne procède pas d'un règlement des comptes, le même député rétorque : " Nous avons demandé au Premier ministre de faire preuve d'élégance, en présentant au Président de la République sa lettre de démission. C'est ce qu'il n'a pas fait, hélas ! Ici, Il faut préciser que le problème ne se pose pas en termes de Premier ministre comme personne, mais de la fonction de Premier ministre, compte tenu de la nouvelle donne dans notre chambre parlementaire".
Vu des analystes, la session extraordinaire qui s'ouvre ce mardi à l'Assemblée nationale, pourrait s'avérer celle de toutes les agitations. Frénésie d'abord au niveau du choix des candidats à tous les sept postes du Bureau définitif à pourvoir. Car, après avoir gagné la bataille de la déchéance de l'équipe Mabunda, Félix Tshisekedi devra gagner la guerre de la gestion des ambitions de ses nombreux et nouveaux alliés de l'Union sacrée de la nation. L'agitation ensuite, quant au sort des députés nationaux qui ont délibérément quitté leurs partis ou regroupements politiques pour rejoindre le camp de l'Union sacrée.
Toujours est-il que pour ce deuxième cas de figure, l'article 110 de la Constitution, dispose à son alinéa 4 que "tout député national ou tout sénateur qui quitte délibérément son parti politique durant la législature est réputé renoncer à son mandat parlementaire obtenu dans le cadre dudit parti."
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