
Politique
A la veille d’occuper le poste de président de l’Union africaine et d’être saisi des nombreux différends qui agitent le continent, le dernier en date opposant le Soudan et l’Ethiopie à propos du barrage de la Renaissance, le président Tshisekedi a réussi sa prise de contrôle de l’Assemblée nationale.
En effet, 367 députés se sont prononcés contre le premier ministre en poste Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Ce dernier a désormais 24 heures pour présenter sa démission, même s’il récuse le « bureau d’âge » qui dirige les travaux, une structure provisoire opérant généralement en début de session parlementaire dans l’attente de l’élection du bureau définitif.
Avant d’être vaincu par les coups de boutoir d‘une majorité toute neuve, où des transfuges et des repentis issus en majorité du camp Kabila ont négocié leur ralliement à grands frais, le Premier Ministre Ilunga Ilunkamba s’était rendu à Lubumbashi pour y rencontrer l’ex chef de l’Etat. Un Kabila qui semble désormais avoir perdu la partie face à son ancien allié….
En deux ans, le principal bilan de M. Tshisekedi est d’avoir réussi à «déplumer » son partenaire, qui comptait naguère 350 députés à l’Assemblée nationale et se retrouve aujourd‘hui isolé dans son fief katangais, où son ex mentor, le pasteur Mulunda Ngoy, ancien patron de la Commission électorale indépendante, vient d’écoper de trois ans de prison ferme pour des propos incitant à la violence et au séparatisme.
Vieux routier de la politique, ancien professeur à l’Université de Lubumbashi, Ilunga Ilunkamba, à la veille du vote, avait adressé aux députés une épître répondant point par point aux critiques émises à son égard. Il y a d’abord souligné que le président Tshisekedi avait assisté à toutes les réunions du Conseil des Ministres et, non sans malice, il a rappelé les dérapages budgétaires datant des neuf mois qui avaient été nécessaires à la mise sur pied de l’équipe gouvernementale. Il a également contesté la légitimité du « bureau d’âge » de l’Assemblée, assurant qu’il ne pouvait être démis que par un « bureau définitif » qui doit encore être mis en place.
Son successeur éventuel devra gérer une nouvelle majorité pour le moins hétéroclite tandis que le professeur Bahati Lukwebo , qui dirigeait une importante composante de la mouvance kabiliste, l’AFDC, a été nommé formateur du futur gouvernement et rendra compte incessamment de ses contacts y compris avec les deux ténors de l’opposition, jusqu’ici circonspects ou gourmands, Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba.
Un accord de gouvernement représentera la clé de voûte de la nouvelle architecture politique, dans laquelle le président Tshisekedi espère avoir les mains libres. Il aura ainsi réussi en moins de deux ans à mettre sur la touche son ancien allié Vital Kamerhe, qui dépérit toujours en prison après avoir été l’artisan de l’accord avec Kabila et dont le poste de directeur de cabinet du président est désormais occupé par un « fidèle », venu de Belgique, Guylain Nyembo. Quant à Joseph Kabila, à moins d’un rebondissement surprise, il s’est replié dans son fief de Lubumbashi face aux menaces qui s’accumulent sur sa fortune, ses propriétés sinon sa famille…
Tel est le véritable bilan de Félix Tshisekedi : ni la fin de la guerre à l’Est, ni le progrès social, (que le covid aurait de toutes manières hypothéqué) mais une « remontada » qui lui a permis en deux ans de récupérer l’essentiel du pouvoir en se servant essentiellement de l’outil judiciaire et de ruses politiques que le défunt Mobutu n’aurait pas désavoué. Mais le pouvoir au Congo, la présidence de l’Union africaine, les flatteries des transfuges, le silence approbateur des Occidentaux qui ne supportaient plus Kabila, ne sont pas l’essentiel : d’ici les prochaines élections de 2023 il lui reste à mettre en application son slogan de campagne «le peuple d’abord ». C’est à dire faire bénéficier la population d’un maigre budget de 8 milliards de dollars, dont les grandes manœuvres politiques ont déjà absorbé une bonne partie…
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Sylvestre Ilunga Ilunkamba, Premier ministre