
Monde
Le gouvernement colombien et les représentants des manifestants essayent de trouver une issue à la crise qui secoue le pays depuis la présentation, fin avril, d'une réforme fiscale, pourtant retirée rapidement
Ce sont des négociations cruciales pour le retour au calme en Colombie qui pourraient se conclure ce mardi. Après que l'armée se soit déployée dans la ville de Cali, samedi, au lendemain d'émeutes ayant fait treize morts, le gouvernement du président de droite Ivan Duque et les représentants des manifestants planchent sur un accord de sortie de crise
Les divergences demeurent toutefois importantes, le comité de grève ayant ainsi dénoncé dimanche l'emploi « démesuré » des forces de l'ordre, tandis que l'exécutif exige la levée de la centaine de barrages routiers qui paralysent une partie du pays et risquent de provoquer une pénurie de carburant. Les manifestations, pacifiques dans la journée, se transforment la nuit venue en émeutes, avec tirs de mortiers d'artifice et cocktails Molotov, ou à balles réelles. Les troubles ont poussé le pays à renoncer à organiser la Copa América de football, attribuée au Brésil lundi au prix d'une polémique dans toute l'Amérique latine au vu du bilan du Covid-19 dans ce dernier pays.
Le feu aux poudres
La Colombie, quatrième économie d'Amérique du sud, est secouée par des manifestations violentes depuis un mois suite à la présentation au Parlement d'un projet de réforme fiscale. Ce projet visait à redresser les finances publiques, déstabilisées par la chute de presque 7 % du PIB l'an dernier pour cause de pandémie. Le déficit public a atteint les 10 % du PIB. La réforme fiscale prévoyait d'imposer les personnes gagnant l'équivalent de plus de 656 dollars par mois, au lieu de 1.000 dollars jusque-là. Il augmentait aussi la TVA, ou supprimait des exonérations dont bénéficiaient certains produits de première nécessité. Il s'agissait d'augmenter la collecte fiscale, qui ne dépasse pas 20 % du PIB, la deuxième plus basse parmi les trente-sept pays membres de l'OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique) dont la Colombie est membre depuis l'an dernier.
Ce projet, r ejeté par l'opposition, les syndicats, nombre d'économistes et même des cadres du parti au pouvoir, a été retiré le 30 avril, après deux jours de manifestations. Lesquelles n'ont pas cessé pour autant en raison d'une situation sociale éruptive et d'une gestion de la pandémie jugée calamiteuse par beaucoup. Les revendications des manifestants, qui ont essayé de pénétrer dans le Parlement mi-mai, se sont étendues aux politiques de santé, d'enseignement et de sécurité.
L'ONU s'inquiète
La pauvreté a nettement augmenté en un an, au point qu'un quart des 50 millions de Colombiens vivent avec moins de deux dollars par jour. Le pays est aussi un des plus inégalitaires des Amériques, malgré son dynamisme économique nourri par une classe entrepreneuriale, des terres fertiles, le tourisme depuis peu et une tradition d'Etat démocratique.
L'ONU a, exceptionnellement, fait part de son inquiétude dimanche et sa Haute-Commissaire aux Droits de l'Homme, Michelle Bachelet, a réclamé une enquête indépendante sur la répression des manifestations. En un mois de soulèvement populaire, au moins 59 personnes, dont deux policiers, ont été tuées dans le pays, selon un décompte officiel. Quelque 2.300 personnes ont été blessées et 123 sont portées disparues.
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