
Santé
Les porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies et de l’OMS ont indiqué ce vendredi les mesures conformes à ce type de restrictions.
atore Di NolfiLa décision vendredi de l’Autriche d’obliger à la vaccination contre le Covid-19 a suscité des interrogations au sein de l’Organisation mondiale de la Santé et du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme concernant l’éthique et les modalités d’application de cette mesure.
Approche pédagogique recommandée
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a souligné que les politiques en matière de vaccination relevaient de la compétence des États, mais qu’elle recommandait de privilégier la stratégie qui consiste à convaincre le public de se faire vacciner plutôt que de rendre la vaccination obligatoire.
«Les recommandations de l’OMS visent à démontrer les bénéfices et la sûreté des vaccins pour (obtenir) la plus grande acceptation possible des vaccins plutôt que d’imposer la vaccination obligatoire», a déclaré devant la presse à Genève la porte-parole de l’organisation Fadela Chaib.
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a également estimé que l’approche pédagogique concernant les vaccins devrait être privilégiée, notamment parmi les tranches marginalisées de la population et les vaccino-sceptiques.
Conformité aux obligations
Selon la porte-parole du Haut-Commissariat Liz Throssell, les restrictions en matière de droits imposées à des fins légitimes de protection de la santé publique, y compris la vaccination obligatoire, devaient être conformes aux obligations définies dans les lois internationales sur les droits de l’homme.
Ces mesures doivent être:
- Prévues par la loi: basées sur la loi qui est en vigueur et accessible au public.
- Nécessaires: pour remplir un objectif légitime et répondre à un impératif social urgent, dans ce cas la santé publique.
- Proportionnées: uniquement ce qui est nécessaire pour atteindre l’objectif et «l’option la moins intrusive parmi celles» qui peuvent être mises en œuvre pour obtenir le résultat souhaité.
- Non discriminatoires: les mesures ne doivent pas «être discriminatoires d’une manière contraire aux lois relatives aux droits de l’homme», a souligné la porte-parole du Haut-Commissariat.
Confinement et vaccination obligatoires
Concernant l’option précédente choisie par l’Autriche, qui a consisté à confiner les non-vaccinés, l’OMS a estimé que les pays devaient adapter leur approche à la situation qui règne chez eux.
«Imposer ce qu’on appelle un confinement sélectif à un groupe spécifique et pas aux autres (…) dans ce cas, aux non-vaccinés et pas aux autres groupes qui sont vaccinés, a des implications pour ce qui concerne l’éthique et les droits de l’homme», a déclaré Fadela Chaib.
L’Autriche a décidé de confiner à partir de lundi l’ensemble de sa population et a décidé de rendre la «vaccination obligatoire» à partir de février, une semaine après avoir imposé un confinement aux personnes non vaccinées.
«Il y a aussi des situations où les gens veulent être vaccinés mais n’ont pas accès aux vaccins», a relevé la porte-parole.
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