mediacongo.net - Petites annonces - Les mécanismes d’intégration du genre dans le développement durable en RDC

Les mécanismes d’intégration du genre dans le développement durable en RDC

Les mécanismes d’intégration du genre dans le développement durable en RDC
Par le Prof. Dr. Robert KIKIDI MBOSO, Ph.D en santé publique et 3è cycle en sociologie politique, Président de l’Afrique-Santé,asbl.
Introduction
Retenons que la Charte des Nations Unies de 1945 et la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 prévoient que les droits et les libertés ne seront pas limités par le sexe d’une personne et indiquent que « tous les êtres humains naissent libres et égaux dans la dignité et lesdroits ».Le développement étant un défi majeur pour la plupart des pays africains, il n’est paspossible de réussir ce pari en ignorant une grande partie de la main d’oeuvre que constituent les femmes. La prise en compte de la question du genre dans le processus de développement fait à ce jour l’unanimité des chercheurs et des développeurs de toutes tendances.
Sans doute aucune, l’intégration de la femme dans le développement est l’une des conditions
capitales pour le décollage des économies des pays pauvres dont fait partie intégrante la RDC étant donné que les femmes y représentent plus de 52% de la population.
En effet,la République Démocratique du Congo, à l’instar d’autres pays, a décidé de ne pas négliger une portion importante de ses ressources humaines composées de femmes en âge detravailler. Cependant, la question de genre ne peut prendre tout son sens que lorsqu’elle est reconnue aux femmes et aux hommes la capacité d’exercer certains de leurs droits, notamment le droit de travailler, d’étudier, de décider, côte-à-côte.
L’amélioration des conditions de la femme, notamment celle de son instruction et son accès
à un emploi rémunéré, sont unes des préalables pour la croissance économique et le develomment durable de notre chère Nation
L’intégration de la femme dans ce processus de développement en tant qu’actrice de celui-ci
passe par son autonomisation et sa moralisation ; et cela n’est possible qu’à travers l’amélioration d’un certainnombre d’indicateurs qui sont le plus souvent en défaveur de la femme. Il s’agit entre autre du taux élevé d’analphabétisme parmi les femmes, du taux élevé de chômage chezles femmes comparativement aux hommes, de l’accès limité des femmes aux crédits, etc., telque le renseignent les enquêtes d'envergure nationales, réalisées en République Démocratique du Congo, qui regorgent de plusieurs variables relatives à la question du genre etpouvant fournir des informations détaillées sur cette question.
En effet, le présent rapport d’évaluation,20 ans après le plan d'action de Beijing, au regard
des réalités récentes vécues durant cette période en République Démocratique du Congo,
pose, premièrement en termes précis, la problématique de l'analyse de l'opérationnalisation
des principes constitutionnels d’équité et d’égalité entre les hommes et les femmes ainsi que
celle du respect des droits humains et de la traduction, dans la pratique, des engagements
nationaux, régionaux et internationaux de ce pays en faveur du développement et de la
promotion du Genre.
En dépit de sa délicate position de pays fragilisé par de nombreuses la mauvaise gouvernance, l’usure du pouvoir, les guerres à répétition et le chaos économique et sociale n’ont fait qu’ébranler sur les structures familiales, et déséquilibrer tous les domaines
De la vie sociale, la République Démocratique du Congo.
Cette année 2017, est celle de pouvoir relever le défi sur les mécanismes d’intégration du gence en vue de l'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le
Développement, puisqu’ un examen de ces objectifs est ainsi fait par la République Démocratique du Congo pour faire voir comment ce pays entend briser les barrières des inégalités tant dans la perception de l'égalité Homme-Femme que dans la répartition, le contrôle et la gestion des ressources entre ceux-ci pour l'édification d'un monde nouveau.
Des décennies durant, les problèmes des violences sexuelles et discrimination faite à la femmes demeurent de manière récurrente en République
Démocratique du Congo. D’où l’urgence et lançons un appel au Gouvernement de la congolais à travers les représentants dedifférents Ministères et d’autres services publics, notamment ; ceux de la Société civile àtravers les organisations et associations féminines et ceux des partenaires traditionnels au développement que sont notamment l’ONUFEMMES, l’UNFPA et le PNUD apporter les réponses immédiate à cette iniquité sociale en vue du
développement durable du pays.

I. COMPREHENSION DE QUELQUES CONCEPTS CLES
1.1 Le genre
Le concept de « genre », définit la construction socio-culturelle des rôles féminins et masculins et des relations entre les femmes et les hommes. Les rôles féminins et masculins se rapportent aux activités attribuées aux femmes et aux hommes dans la société et à la position que femmes et hommes y occupent respectivement. Ces rôles découlent des forces telles que la culture, la tradition, la politique et les besoins, permettent de déterminer l’accès aux opportunités et aux ressources et imposent des attentes et des limites aussi bien aux femmes qu’aux hommes. » (Manuel d’intégration systématique de l’approche genre, PNUD).
Le genre est utilisé comme approche à travers le processus d'évaluation des implications pour les femmes et les hommes de toute action, politique ou programme, dans tous les domaines et à tous les niveaux. Il devient donc une stratégie visant à s’assurer que les préoccupations et expériences des femmes, des hommes et autres groupes vulnérables (jeunes, personnes âgées, migrants), sont parfaitement intégrées dans la conception, la mise en oeuvre, le suivi et l'évaluation des politiques, initiatives, programmes et projets.
Le genre est différent du sexe qui renvoie à la biologie humaine ; c’est à dire, on naît homme ou femme, et on ne peut rien y changer. C’est cette biologie humaine qui est la base des nombreuses attitudes relatives aux devoirs de l’homme et de la femme dans nos sociétés .
I. Définition de la thématique « promotion du genre » et clarification des concepts
1.1. Définition de la thématique «promotion du genre»
La promotion de genre est le développement de la culture de l’amélioration des rapports sociaux entre les hommes et les femmes dans tous les domaines et à tous les niveaux. Cette promotion implique l’ensemble de politiques, mécanismes et stratégies ainsi que les actions susceptibles de corriger les inégalités constatées dans les rapports hommes / femmes dans tous les domaines et à tous les niveaux.
Elle nécessite, des stratégies d’actions permettant :
- un égal accès des hommes et des femmes aux ressources et aux biens ;
- une participation équitable des hommes et des femmes aux différents pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire);
- une transformation des valeurs et normes culturelles néfastes, notamment à l’épanouissement de la femme ;
- une forte présence notamment des femmes dans les instances de prise de décision ;
- la possibilité/capacité des hommes et des femmes de contrôler les ressources et les biens;

La promotion du genre passe d’une part, par la connaissance et l’appropriation des droits humains, notamment ceux en faveur des femmes et d’autre part, par l’application effective des dispositions juridiques, institutionnelles et autres en faveur des femmes.
La promotion du Genre est le gage d’un développement équitable et durable. Par conséquent, elle est devenue la pierre angulaire de tout développement.
1.2. Clarification du concept genre et des concepts liés
1.2.1. Genre
Le concept genre se réfère aux rapports sociaux, aux différents rôles, droits et responsabilités des hommes et des femmes dans tous les domaines et à tous les niveaux (individuel, familial, communautaire, national et PSCC/APP 2010 /Guide de clarification thématique Page 9
international). Ces rôles sont influencés par les réalités historiques, religieuses, économiques et culturelles.
Le terme genre est utilisé pour cerner les rôles sexuels. Il inclut les valeurs et les attitudes qu’une communauté ou une société juge comme appropriées à un ou l’autre sexe.
Le concept genre est une variable sociale, une donnée socioculturelle, un produit de l’histoire déterminé à travers le processus de socialisation et qui permet de différencier, d’organiser et de structurer les rapports entre les deux composantes de la société que sont les femmes et les hommes. Il est susceptible de changer d’un milieu à un autre et d’une époque à une autre. Le genre n’est ni la femme, ni le sexe, ni l’inversion des rôles. Il concerne à la fois les hommes et les femmes.
Le genre est forgé progressivement en prenant pour base les inégalités, mais il ne s’agit pas de n’importe quelle inégalité. C’est pourquoi, plus que les autres concepts, un accent particulier est mis sur l’inégalité, pour permettre aux utilisateurs de ce guide de distinguer les nuances et la différence entre l’inégalité de genre et les autres formes ou types d’inégalités.
En effet, il y a plusieurs types d’inégalités et elles ne sont pas toujours d’origine économique. Par exemple la typologie d’inégalités de L.M. DUBOIS en dénote sept types dont trois ont trait à la pauvreté économique :
inégalité monétaire : différences de revenu ou de consommation
inégalité des conditions de vie : différences dans les possibilités d’accéder aux services collectifs (alimentation, logement, santé, éducation, etc.)
inégalité des capacités : différences dans les moyens tels que les équipements, les infrastructures, les actifs financiers, l’état sanitaire, le niveau d’éducation, la disponibilité en temps (« capital-temps »), l’adhésion à des réseaux sociaux (capital social), etc.
inégalité sociale : différences liées à des aspects sociaux
inégalité culturelle : différences liées à des aspects culturels
inégalité politique : différences dans les possibilités de prendre des décisions de manière autonome et de participer aux prises de décision collective
inégalité d’éthique : différences dans les normes morales qui ne s’appliquent pas de manière identique aux femmes et aux hommes.

Quel que soit son type, l’inégalité affecte beaucoup plus les femmes, à des degrés très variables d’une société à l’autre, voire à l’intérieur de chaque société en fonction de la classe, de l’ethnie, de l’âge et / ou du sexe. PSCC/APP 2010 /Guide de clarification thématique Page 10
L’inégalité de genre doit être comprise en tant que des disparités construites par la société et existant dans les relations hommes / femmes. Par exemple les femmes ont des journées de travail plus longues. Leur travail et leurs opinions sont dépréciés ; En général, elles ont des responsabilités familiales plus lourdes alors qu’elles sont sous représentées aux niveaux décisionnels.
1.2.2. Sexe
C’est l’ensemble des différences biologiques homme/ femme, des caractéristiques et des fonctions induisant un rôle spécifique dans la reproduction et dans la production. On naît homme ou femme. C’est biologique et on ne peut pas changer.
1.2.3. Approche Genre
Trois constats sont à la base du genre et développement (GED) :
le fait que dans toute société les femmes forment un groupe désavantagé par rapport aux hommes, en terme de bien être (éducation, santé, revenu, etc.), en terme d’accès et de contrôle des moyens de production et en terme de pouvoir ;
le fait que dans toute société les femmes et les hommes ont des besoins différents, compte tenu de leurs rôles et responsabilités distinctes, et compte tenu de l’inégalité dans l’accès et le contrôle des ressources ;
le fait que la situation d’infériorité attribuée aux femmes constitue un obstacle au développement, puisqu’elle limite les chances et les opportunités de presque la moitié de la population.

Qu’est –ce- que l’approche genre
Elle est une démarche qui permet de : prendre en compte les inégalités constatées dans les rapports homme / femme, et de chercher à les corriger avec la participation des deux composantes de la société. C’est impliquer les hommes et les femmes dans l’élaboration, la mise en oeuvre, le suivi des politiques et programmes / projets pour un développement équitable, harmonieux et durable.

L’approche peut être utilisée pour régler les différentes formes d’inégalité autres que celles liées aux rapports hommes / femmes
.
L’égalité et l’équité sont les deux principes fondamentaux du concept genre.
1. Egalité
L’égalité se réfère aux principes d’égalité des droits et des statuts des acteurs sociaux et au respect mutuel de leurs relations.
L’analyse genre a pour base les inégalités homme / femme déterminées à partir des données statistiques officielles désagrégées par sexe qui sont des données statistiques décomposées par rapport aux hommes et aux femmes.
L’égalité homme-femme n’implique pas que les hommes et les femmes deviennent identiques, mais qu’ils aient des possibilités et des chances égales dans leur existence.
Par exemple l’article … de la Constitution…. stipule que « L’Etat assure à tous l’égalité devant la loi sans distinction d'origine, de race, de sexe, de religion, d'opinion politique ou de position sociale. L'homme et la femme sont égaux en droit. L'Etat protège la famille et particulièrement la mère et l'enfant. Il veille sur les handicapés et les personnes âgées ».
L’égalité renvoie à la non- discrimination contre la personne basée sur son sexe en ce qui concerne les opportunités, la répartition des ressources et des bénéfices ainsi que l’accès aux services publics. Elle se réfère aux droits, aux chances pour tous les membres de la société.
2.L’équité, se réfère à la notion de justice dans tous les aspects de la vie.
Elle reconnaît que les hommes et les femmes ont des besoins différents et que ces besoins doivent être pris en compte de façon à corriger les déséquilibres entre les sexes.
-Le concept d’équité vise le partage des rôles et responsabilités mais aussi cherche à garantir et à sécuriser les besoins, les intérêts et préoccupations des différents utilisateurs des ressources foncières selon l’appartenance sexuelles. Vu sous cet angle, l’équité peut s’avérer un outil efficace pour renforcer la participation des femmes et des hommes dans la gestion durable des ressources.
La prise en compte du genre offre l’opportunité d’une participation des femmes aux prises de décisions touchant à leurs besoins, d’une répartition équitable des produits et des bénéfices issus des ressources naturelles. Elle permet également aux femmes d’être des agents actifs avec des capacités différentes pour répondre aux défis posés pour la gestion durable des ressources.

L’équité se réfère aux conditions d’application des principes d’égalité. Ce concept comme déjà dit fait appel à la notion de justice en vue d’une harmonie sociale. Par exemple, on sert du repas à un chien et au héron dans une cuvette à long cou. Ils ont tous accès mais les conditions ne permettent pas d’en jouir. Cet exemple peut être rapporté aux humains pour ce qui concerne la scolarisation des filles et des garçons. L’équité mène donc à l’égalité.
3.L'origine : le "gender", un champ de recherches anglo-saxonnes
Le terme abusif de "théorie du genre" est en réalité une référence lointaine aux études sur le genre, les "gender studies", un champ de recherches interdisciplinaires davantage exploré dans le monde anglo-saxon. Le concept de "gender" est né aux Etats-Unis dans les années 1970 d'une réflexion autour du sexe et des rapports hommes/femmes, en plein mouvement féministe, rappelle le magazine Sciences humaines.
Des recherches sont menées par des universitaires américaines, qui "récusent le rapprochement souvent effectué entre les femmes et la nature (principalement à cause de leurs facultés reproductives) alors que les hommes seraient du côté de la culture", écrit Sciences humaines. Plus globalement, ces recherches tendent à démontrer que le sexe biologique ne suffit pas à faire un homme ou une femme, et que les normes sociales y contribuent. Mais ces travaux ne constituent pas à proprement parler une théorie politique.
"Le concept de genre, c'est le fait que notre environnement, la façon dont on est éduqué, nous poussent à jouer telle ou telle place dans la société si on est un homme ou une femme", explique dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace Céline Petrovic, chargée d’enseignement à l'université de Strasbourg et membre de l'Argef, une association de chercheurs français et suisses spécialisés sur les questions de genre dans l’éducation. Elle confirme que la "théorie du genre" "n'existe pas".
4.La diffusion : une arrivée tardive du concept genre dans les pays francophones
Le concept de genre tarde à se diffuser dans les pays francophones dont la France , et ne commence à être étudié qu'au milieu des années 1990 .
Petit à petit, la question de la parité homme/femme, notamment dans le milieu de l'entreprise, s'impose dans le débat politique européen et français.
La notion de genre, tombée en désuétude aux Etats-Unis, devient alors un sujet d'étude phare dans les universités françaises. Le principal enjeu des chercheurs "revient à donner au genre un statut théorique dénué d'idéologie au sein des sciences humaines".
C'est avec cette même neutralité que l'Education nationale française entend aborder les stéréotypes de genre dès la maternelle. Le programme ABCD de l'égalité, actuellement expérimenté en primaire dans dix académies, met à la disposition des enseignants des outils pédagogiques pour lutter contre les inégalités entre filles et garçons. Nulle part, il n'est question de "théorie du genre".


5 .Outils Genre
Pour une analyse genre, il est nécessaire de maîtriser les outils ci – après :
5.1 Division du travail
Dans chaque société, il existe une division de travail propre à chaque culture et à chaque époque entre les hommes et les femmes. Elle est flexible et s’adapte au contexte social. Il faudrait par exemple répondre aux questions : Qui fait quoi ? Quand ? Comment ? Avec qui ? Pour qui ?
Il convient de même de mettre l’accent sur les triples rôles relatifs : à la production : production de biens et de services voués à la consommation ou au commerce, tout emploi générant un revenu ; à la reproduction : entretien du ménage, tâches domestiques, soins aux membres de la famille, éducation des enfants, collecte d’eau, du bois ; etc.
à la collectivité : toute activité permettant d’améliorer le maintien et l’établissement des liens : cérémonies et fêtes, participation à des mouvements sociaux.
5.2. Accès et contrôle des ressources et des bénéfices
Avoir accès : c’est avoir l’aptitude / la possibilité / l’opportunité de disposer d’un produit, d’une chose. Exemple : la terre, les outils, qu’on peut exploiter et restituer après l’usage.
Avoir le contrôle : c’est disposer d’autorité (d’office) d’un produit d’une chose, quand on veut, où on veut et comment on veut, sans avoir l’obligation de se référer à qui que ce soit. Exemple : la terre, les outils qui nous appartiennent.
5.3. Besoins pratiques et les intérêts stratégiques
Ils ont été déjà abordés au niveau de la définition des concepts.
5.4. Facteurs d’influence
Ils concernent les facteurs déterminants et influençants qui sont analysés sous trois angles : culturels (styles de vie traditionnelle), socio économiques (nouvelles politiques, changement de Gouvernement) et institutionnels.
5.5. Participation
La participation de l’homme et de la femme se situe aussi bien au niveau des structures de définition des orientations et de politiques qu’au niveau des activités que ce soit au sein de la famille, de la collectivité et de l’Etat. Elle ne s’exprime pas qu’en terme de présence ou d’effectif, mais en terme de contribution aux prises de décisions.
Elle devra être effective et capable de faire intégrer les préoccupations sexospécificifiques et d’entraîner la transformation des relations Hommes/Femmes existantes.
5.6. Empowerment
C’est un processus selon lequel l’on peut augmenter individuellement et collectivement l’appropriation de pouvoir et des capacités de contrôle, notamment l’autonomie, le développement de la puissance d’agir, la confiance en soi, la liberté de choix, la dignité, le respect des valeurs, la capacité de défendre ses droits, avoir la maîtrise des décisions. La femme et l’homme doivent participer au même titre au pouvoir législatif, judiciaire et exécutif.

Programme de développement durable d’ici 2030

Photo : PNUD/Dilip Lokre
En 2015, les pays sont parvenus à un consensus sur la nécessité de financer le développement de manière exhaustive. Ils ont adopter un nouveau programme de développement durable et un nouvel accord international sur les changements climatiques.
Après un processus de négociation qui a duré plus de deux ans et a bénéficié de la participation sans précédent de la société civile, les gouvernements ont approuvé, le 2 août 2015, un programme ambitieux qui présente 17 objectifs de développement durable (ODD) et 169 cibles visant à éradiquer la pauvreté, à lutter contre les inégalités et à promouvoir la prospérité tout en protégeant l’environnement d’ici à 2030. Approuvé par consensus, l’avant-projet de document final « Transformer notre monde : programme de développement durable d’ici 2030 », fut adopté par les chefs d’État lors du Sommet des Nations Unies en vue de l’adoption du programme de développement de l’après-2015 à New York le 25 septembre 2015.
Afin d’obtenir rapidement des engagements concrets et de placer l’égalité des sexes, les droits et l’autonomisation des femmes au cœur du nouveau programme international, ONU Femmes et la République populaire de Chine ont organisé conjointement une « Réunion des cheffes et chefs d’État sur les questions d’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes : un engagement à l’action », le 27 septembre 2015, au siège social des Nations Unies à New York.
Le nouveau programme de développement durable s’appuie sur les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), un programme élaboré en 2000 qui visait à réduire la pauvreté, la faim, les maladies, l’inégalité entre les sexes, et à assurer l’accès à l’eau et à l’assainissement d’ici à 2015. Les nouveaux objectifs de développement durable et le programme élargi dédié à la durabilité ont pour but d’achever ce que les OMD n’ont pas réussi à réaliser, et étendent leur portée plus loin en s’attaquant aux causes premières de la pauvreté et de l’inégalité ainsi qu’au besoin universel de développement répondant aux aspirations de l’ensemble des populations.
Le nouveau programme constitue un plan d’action pour les populations, la planète, le maintien de la paix et les partenariats. Il encouragera l’avènement de sociétés pacifiques, justes et inclusives et exigera la participation de l’ensemble des pays, des parties prenantes et des populations. Ce programme ambitieux vise à éradiquer la pauvreté d’ici à 2030 et à promouvoir le partage de la prospérité économique, du développement social et de la protection environnementale au bénéfice de tous les pays. Le nouveau programme s’articule autour de 17 objectifs, dont un objectif autonome dédié à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes et des filles (ODD 5) ainsi que d’autres objectifs ciblant les questions de genre.
Ce programme de développement est le premier à avoir été négocié par l’ensemble des États membres et à leur être applicable pour les 15 années à venir. Le document final insiste sur l’importance de la responsabilité et du leadership nationaux pour la mise en œuvre du programme.
Et après ?
Pour développer des indicateurs permettant de suivre l’évolution à l’échelle mondiale de ces nouveaux objectifs, un groupe d’expertes et experts inter-agences pour les indicateurs ODD a été établi.
Définition de l'intégration de la dimension de genre
________________________________________
Le concept d'intégration de la dimension de genre dans toute action fut clairement désigné comme stratégie universelle pour promouvoir l'égalité des genres dans la Plate-forme d'Action adoptée lors de la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes à Beijing en 1995. Cette notion soulignait la nécessité de s'assurer que l'égalité des genres était une priorité dans tous les domaines de développement social et économique.

En juillet 1997, le Conseil Economique et Social des Nations Unies (ECOSOC) définissait le concept de l'intégration du genre comme suit:
________________________________________
"L'intégration des questions de genre consiste à évaluer les implications des femmes et des hommes dans toute action planifiée comprenant la législation, les procédures ou les programmes dans tous les domaines et à tous les niveaux. Cette stratégie permet d'intégrer les préoccupations et les expériences des femmes et des hommes à la conception, à la mise en oeuvre, au contrôle et à l'évaluation des procédures et des programmes dans toutes les sphères politiques, économiques et sociétales pour qu'ils en bénéficient de manière égale et que l'inégalité actuelle ne soit pas perpétuée".
________________________________________

L'intégration vise donc principalement à obtenir l'égalité des genres. Elle n'exclut pas les activités spécifiques au genre et les actions positives, lorsque les femmes et les hommes se trouvent dans une position particulièrement désavantageuse. Les interventions spécifiques au genre peuvent viser exclusivement les femmes, les hommes ou les deux pour leur permettre de participer aux efforts de développement et d'en bénéficier de manière égale. Ces mesures temporaires sont nécessaires pour lutter contre les conséquences directes et indirectes actuelles de la discrimination.




Transformation par l'intégration
L'intégration ne saurait signifier l'ajout "d'une composante féminine" ou même "d'une composante concernant l'égalité des genres" dans une activité existante. Elle va au-delà de l'accroissement de la participation des femmes. Elle signifie que l'expérience, la connaissance et les intérêts des femmes et des hommes ont un effet sur le programme de développement. C'est ainsi que le processus d'intégration peut impliquer l'identification des besoins de changement dans ce programme. Il peut nécessiter également des changements dans les objectifs, les stratégies et les actions afin que les femmes et les hommes puissent influencer les processus de développement, y participer et en bénéficier.

Le but de l'intégration de l'égalité des genres est donc de transformer des structures sociales et institutionnelles discriminatives en structures égales et justes pour les hommes et les femmes.


Principes de base de l'intégration
La responsabilité de la mise en oeuvre de la stratégie d'intégration est globale, comme l'a souligné madame Carolyn Hannan, Directrice de la Division des Nations Unies pour la promotion de la femme, et réside au plus haut niveau des agences onusiennes. Elle repose sur les principes suivants :
• Des mécanismes de comptabilisation adéquats doivent être établis pour contrôler les progrès accomplis;
• La définition initiale des préoccupations et problèmes dans tous les domaines d'activités doit révéler les différences et les disparités liées au genre;
• Les problèmes auxquels sont confrontés les hommes et les femmes doivent être analysés en rapport avec les rôles et statuts respectifs que leur ont assignés les différentes sociétés. Une analyse des questions de genre doit donc toujours être effectuée;
• Une volonté politique très claire et l'attribution de ressources appropriées pour l'intégration de la dimension de genre, notamment des ressources financières et humaines supplémentaires, sont primordiales pour la concrétisation de ce projet;
• Des efforts doivent être déployés pour assurer une participation équitable de la femme à tous les niveaux de prise de décisions;
• L'intégration ne remplace nullement le besoin de procédures et de programmes ciblés spécifiques aux femmes, de législations positives, ni le besoin d'unités ou de délégué(e)s chargé(e)s des questions de genre.

La Charte des Nations Unies de 1945 et la Déclaration universelle des droits de l’homme de
1948 prévoient que les droits et les libertés ne seront pas limités par le sexe d’une personne
[…], et indiquent que « tous les êtres humains naissent libres et égaux dans la dignité et les droits ».
Le développement étant un défi majeur pour la plupart des pays africains, il n’est pas possible de réussir ce pari en ignorant une grande partie de la main d’oeuvre que constituent les femmes. La prise en compte de la question du genre dans le processus de développement fait à ce jour l’unanimité des chercheurs et des acteurs de développement.
En effet, l’intégration de la femme dans le développement est l’une des conditions primordiales pour le décollage des économies des pays pauvres étant donné que les femmes+ y représentent plus de 50% de la population.

La République Démocratique du Congo, à l’instar d’autres pays, a décidé de ne pas négliger une portion importante de ses ressources humaines composées de femmes en âge de travailler. Cependant, la question de genre ne peut prendre tout son sens que lorsqu’il est reconnu aux femmes la capacité d’exercer certains de leurs droits, notamment le droit de travailler, d’étudier, de décider, etc.
L’amélioration des conditions de la femme, notamment celle de son instruction et son accès à un emploi rémunéré, sont des préalables pour la croissance économique. A cet effet, il faut un changement fondamental dans la perception du rôle social de la femme, afin de réduire les obstacles à son intégration effective dans le processus de développement.
L’intégration de la femme dans ce processus de développement en tant qu’actrice de celui-ci passe par son autonomisation ; et cela n’est possible qu’à travers l’amélioration d’un certain nombre d’indicateurs qui sont le plus souvent en défaveur de la femme. Il s’agit, par exemple, du taux élevé d’analphabétisme parmi les femmes, du taux élevé de chômage chez les femmes comparativement aux hommes, de l’accès limité des femmes aux crédits, etc., tel que le renseignent les enquêtes d'envergure nationales, réalisées en République
Démocratique du Congo, en l’occurrence les trois enquêtes MICS, l’enquête 1-2-3 et l’enquête EDS, qui regorgent de plusieurs variables relatives à la question du genre et pouvant fournir des informations détaillées sur cette question.
Rôle et implication du Programme des Nations Unies pour le Développement PNUD
Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) se définit comme un réseau mondial de développement : il est présent dans 166 pays.
Lors du Sommet du Millénaire des Nations Unies en 2000, les dirigeants du monde entier ont placé le développement au cœur même de l'ordre du jour mondial en adoptant les Objectifs de développement pour le Millénaire (ODM), cibles clairement définies qu'ils se sont engagés à atteindre d'ici 2015 pour réduire la pauvreté, la maladie, l'analphabétisme, la dégradation de l'environnement et la discrimination à l'égard des femmes. Sur le terrain dans pratiquement tous les pays en développement, le PNUD fait usage de son réseau mondial pour aider ses partenaires du système des Nations Unies à faire œuvre de sensibilisation à ces questions, à suivre les progrès accomplis et à identifier les moyens d'atteindre les objectifs, tout en mettant les pays en rapport avec les connaissances et les ressources dont ils ont besoin. Ce réseau réunit des compétences spécialisées dans les domaines suivants : Gouvernance démocratique ; Réduction de la pauvreté ; Prévention des crises et relèvement ; Énergie et environnement ; VIH/sida.
L’objectif du PNUD est l’amélioration des conditions de vie et la baisse de la pauvreté des populations vivant dans les pays en voie de développement. Il s'est fixé la diminution de moitié de la pauvreté dans le monde d’ici 2015.
Le PNUD s’est fixé 8 Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à atteindre en 2015. Ces OMD se divisent en cibles quantifiables et en indicateurs :
• Objectif 1 : Éliminer l'extrême pauvreté et la faim
• Objectif 2 : Assurer l'éducation primaire pour tous
• Objectif 3 : Promouvoir l'égalité et l'autonomisation des femmes
• Objectif 4 : Réduire la mortalité infantile
• Objectif 5 : Améliorer la santé maternelle
• Objectif 6 : Combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies
• Objectif 7 : Assurer un environnement durable
• Objectif 8 : Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
Le Programme des Nations Unies pour le Développement est un acteur international et partenaire clé des Gouvernement dans la mise en œuvre des mécanismes pour le développement durable.
Les indicateurs du développement durable
Il s’agit en matière de développement durable selon des indicateurs phares sélectionnés
Ces indicateurs sont d'ordre scientifique, politique ou sociétal, et permettent de mesurer, d'évaluer, d'identifier les priorités et les actions à mettre en œuvre en matière d'environnement, d'équité sociale et d'efficacité économique.
Ils sont sélectionnés selon les engagements pris dans le cadre des directives et règlements européen. Les 11 indicateurs sélectionnés sont les suivants :
• Taux de croissance du PIB par habitant
• Émissions totales de gaz à effet de serre
• Part des énergies renouvelables dans la consommation d'énergie primaire
• Consommation d'énergie des transports et PIB
• Productivité des ressources
• Indice d'abondance des populations d'oiseaux communs
• Part des captures en fonction de l'état des stocks halieutiques
• Espérance de vie et espérance de vie en bonne santé à la naissance
• Taux de risque de pauvreté après transferts sociaux
• Taux d'emploi des personnes âgées de 55 à 64 ans
• Aide publique au développement.
Indicateur de Développement Humain (IDH)
• L'Indicateur de Développement Humain (IDH), crée par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), mesure le niveau de développement des pays du monde, en terme de "qualité de vie".
• Cet indice a pour objectif de pallier aux insuffisances du PIB (Produit Intérieur Brut), qui calcule la santé économique d'un pays sans aucune donnée sociale.
• Le calcul de l'indice de développement humain prend en compte la capacité :
• de mener une vie longue et en bonne santé (longévité, qui est mesurée par l'espérance de vie à la naissance)
• d'acquérir des connaissances
• de communiquer et de participer à la vie de la communauté (niveau d'éducation, mesuré par une combinaison du taux d'alphabétisation des adultes et du taux de scolarisation)
• de mener une vie saine
• de garantir la mobilité géographique ou sociale (accès aux ressources nécessaires pour un niveau de vie convenable, mesuré par le revenu.

L'Indicateur de Participation Féminine à la vie économique et politique (IPF), crée par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), mesure la représentation relative des femmes dans les sphères du pouvoir économique et politique.
Il prend en compte les écarts entre les hommes et les femmes au niveau :
• du nombre de sièges parlementaires
• de fonctions administratives et d'encadrement
• aux postes professionnels et de gestion dans la sphère économique
• dans le niveau de revenu
L'indicateur IPH met en exergue les discriminations dont peuvent être victimes les femmes. Les valeurs de l'indicateur s'échelonnent de 0 à 1, le niveau le plus élevé traduisant une égalité parfaite entre les hommes et les femmes. Plus l'écart hommes - femmes est important, plus l'IPF est faible.
Égalité homme-femme et développement durable


Les objectifs de développement humain et de développement durable ne peuvent pas être envisagés avec les inégalités entre les hommes et les femmes qui subsistent encore aujourd'hui.
Partout dans le monde, les femmes subissent de nombreuses formes de discriminations sociales, humaines, professionnelles, et bien pire encore : violence, esclavage, rejet, pauvreté, prostitution, abus sexuels...

La lutte contre toutes les formes de violences et de discriminations à l'égard des femmes est indissociable du développement au sens large du terme.
La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme reconnaît l'égalité homme-femme : "Considérant que dans la Charte, les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, et qu'ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande."

Les Nations Unies œuvrent pour la prise de conscience des inégalités homme-femme, pour la lutte contre ces inégalités, pour les droits de la femme au niveau international.
La convention de 1979 sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes (CEDEF), constitue l’accord international le plus complet sur les droits fondamentaux des femmes.
La convention stipule de prendre "toutes les mesures appropriées, y compris des mesures législatives, pour assurer le plein épanouissement et le progrès des femmes en vue de leur garantir l'exercice et la jouissance des droits de l'homme et des libertés fondamentales sur la base de l'égalité avec les hommes".
La parité ne s'effectue pas seulement à un niveau social, mais également d'un point de vue économique : l'ONU et la commission des Nations Unies pour l'Europe met en avant le fait que la parité homme-femme fait partie intégrante d’une stratégie moderne de croissance.
En France, le service des droits des femmes et de l’égalité dépend du ministère du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité. Il est rattaché au Secrétariat d’Etat à la Solidarité, met en œuvre la politique de l’égalité entre les hommes et les femmes et promeut les droits des femmes.
Les critères du développement humain et developpent durable
C’est le reflet de la qualité de vie des hommes au sein de la société dans laquelle ils évoluent : il inclut la notion de « bien-être », en s’appuyant sur certains articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.
Le bien-être des humains ne se résume pas au niveau de revenus et à l'économie : il prend en compte des facteurs sociaux, culturels, éducatifs et de santé.
Le développement humain intègre notamment les critères suivants :
• qualité de vie
• espérance de vie
• qualification de la main d’œuvre
• alphabétisation
• culture
• urbanisation
• chômage
• pauvreté
• alimentation


A l’échelle internationale, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) agit pour accentuer le développement humain, particulièrement dans les pays en voie de développement. Le développement humain est mesuré dans la plupart des pays du monde par l’Indice de Développement Humain (IDH)
Dès 1945, la Charte des Nations Unies s’engageait à "favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus ample".
En 2000, la Déclaration du Millénaire des Nations Unies veut une meilleure équité, une plus grande justice sociale et le respect universel des droits de l’homme : les objectifs de cette déclaration visent à la réduction de la pauvreté extrême et à l’avancée des droits universels d’ici à 2015.
La démographie galopante dans les pays en voie de développement contribue à accroître la pauvreté et pénalise le développement humain.
Le réchauffement climatique a également des conséquences sur le développement humain.
Le dernier rapport mondial sur le développement humain du PNUD, sorti en 2007, donne l’alerte concernant l’incidence des changements climatiques sur le développement humain : augmentation de la pauvreté, crise alimentaire, de santé, d’éducation...
Le développement humain est l’enjeu social primordial de développement durable à l’échelle planétaire. La perspective d’un développement durable repose avant tout sur l’éradication de la pauvreté, qui empêche toutes formes de développement.
Santé et développement durable
La promotion sanitaire fait de l’Équité sociale .
La santé est "un bien-être physique, mental et social total, et pas simplement une absence de maladie ou d’infirmité", selon Madame Gro Harlem Brundtland.
La déclaration de Rio sur l'Environnement et le Développement affirmait en 1992 : "les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature".
Le programme d'actions Agenda 21 qui a suivi la conférence de Rio s’est fixé cinq objectifs prioritaires en matière de santé publique :
• la satisfaction des besoins en matière de soins de santé primaires et actuellement on parle de la Couverture Sanitaire Universelle.
• la lutte contre les maladies transmissibles surtout VIH-SADA, PALU,TBC ET AUTRES tropicales négligées.
• la protection des groupes vulnérables(les mères les enfants et les déplacés ou réfugiés)
• la santé des populations urbaines
• la réduction des risques pour la santé occasionnés par la pollution et les menaces écologiques.
Dans le cadre du développement durable, la santé est un objectif, mais également un préalable indispensable.
Il s’agit de procurer aux populations un bien-être physique et moral satisfaisant, ainsi que de leur garantir des conditions sanitaires qui leur permettent de contribuer aux activités productives et au développement de leur société.
Lutte contre les discriminations

La discrimination fait partie intégrante de la promotion de l’équité, elle est le fait d’isoler une ou un groupe de personnes en raison de son sexe, ses origines, sa couleur de peau, son apparence physique, son orientation sexuelle, son appartenance ou non-appartenance à un groupe ethnique, son handicap… et de lui appliquer un traitement différent ou spécifique ainsi que de restreindre ses droits.
La discrimination peut être liée à des sentiments de haine ou de rejet extrêmes, comme le racisme, la xénophobie, l’homophobie, la misogynie…
Les discriminations peuvent se faire ressentir dans différentes étapes de la vie, et au quotidien : pour trouver un logement, à l’embauche, dans le cadre du travail, dans desdémarches administratives, ou par le refus d’un droit légitime…
Les discriminations sont nombreuses et quotidiennes : elles reposent sur des préjugés infondés, des peurs stériles, de l’incompréhension ou de la méconnaissance. Les personnes qui subissent des discriminations sont stigmatisées.
Les personnes séropositives par exemple, subissent des discriminations à cause des nombreux préjugés qui entourent le SIDA. En France, les personnes qui subissent des discriminations peuvent saisir la HALDE, Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité.


Discrimination à l’embauche
Lorsqu’une entreprise recrute un employé, elle est libre de choisir le candidat dont les compétences correspondront le mieux au poste à pourvoir.
• Selon le code du travail, un candidat ne peut être écarté du processus de recrutement en raison de :
• son origine,
• son sexe,
• ses mœurs,
• son orientation sexuelle,
• son âge,
• sa situation de famille,
• ses caractéristiques génétiques,
• son appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race,
• ses opinions politiques,
• ses activités syndicales ou mutualistes,
• ses convictions religieuses,
• son apparence physique,
• son patronyme,
• son état de santé ou de son handicap, sauf inaptitude constatée par le médecin du travail.
Il existe encore de nombreuses discriminations à l’embauche au monde et en RDC.
Une grande agence d’intérim a été récemment dénoncée pour des discriminations raciales et d’âge à l’embauche, par le biais de codage du couleur de la peau des candidats intérimaires sur leur profil dans la base de données informatique.
Cet exemple n’est pas isolé. Les personnes qui sont victimes de discriminations ont un recours pénal, devant l’Inspection du travail ou ONEM afin de faire annuler la décision sur le motif discriminatoire, et de demander réparation du préjudice.
L’employeur sanctionné peut encourir des amendes et peines d’emprisonnement.
Il y a aussi la discrimination à l’endroit des femmes en matière de gestion foncière est liée plus à des pesanteurs socioculturelles qui font que dans la plupart des communautés, la femme ne peut hériter de la terre. Elle n’a généralement qu’un accès précaire à des terres le plus souvent marginales. Aussi, malgré une égalité de principe inscrite dans les textes législatifs et règlementaires, des entorses comme la reconnaissance des droits coutumiers et les conditions d’applications des textes, constituent des obstacles importants à un accès équitable des femmes à la terre et aux ressources naturelles. De plus, compte tenu du caractère très sensible de la question, les politiques tardent à traduire conséquemment leur discours en faveur de la promotion de la femme dans les politiques foncières.

https://www.mediacongo.net/pics/mediacongo.png



Retour à la liste Petites annonces / Espace Etudiants
mediacongo
Auteur : Prof. Dr.Robert KIKIDI

Code MediaCongo : WE8J2GQ
  Voir toutes ses annonces   Voir son profil

Les mécanismes d’intégration du genre dans le développement durable en RDC

Postée le: 06.10.2017
Ville : KINSHASA
Description

Les mécanismes d’intégration du genre dans le développement durable en RDC
Par le Prof. Dr. Robert KIKIDI MBOSO, Ph.D en santé publique et 3è cycle en sociologie politique, Président de l’Afrique-Santé,asbl.
Introduction
Retenons que la Charte des Nations Unies de 1945 et la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 prévoient que les droits et les libertés ne seront pas limités par le sexe d’une personne et indiquent que « tous les êtres humains naissent libres et égaux dans la dignité et lesdroits ».Le développement étant un défi majeur pour la plupart des pays africains, il n’est paspossible de réussir ce pari en ignorant une grande partie de la main d’oeuvre que constituent les femmes. La prise en compte de la question du genre dans le processus de développement fait à ce jour l’unanimité des chercheurs et des développeurs de toutes tendances.
Sans doute aucune, l’intégration de la femme dans le développement est l’une des conditions
capitales pour le décollage des économies des pays pauvres dont fait partie intégrante la RDC étant donné que les femmes y représentent plus de 52% de la population.
En effet,la République Démocratique du Congo, à l’instar d’autres pays, a décidé de ne pas négliger une portion importante de ses ressources humaines composées de femmes en âge detravailler. Cependant, la question de genre ne peut prendre tout son sens que lorsqu’elle est reconnue aux femmes et aux hommes la capacité d’exercer certains de leurs droits, notamment le droit de travailler, d’étudier, de décider, côte-à-côte.
L’amélioration des conditions de la femme, notamment celle de son instruction et son accès
à un emploi rémunéré, sont unes des préalables pour la croissance économique et le develomment durable de notre chère Nation
L’intégration de la femme dans ce processus de développement en tant qu’actrice de celui-ci
passe par son autonomisation et sa moralisation ; et cela n’est possible qu’à travers l’amélioration d’un certainnombre d’indicateurs qui sont le plus souvent en défaveur de la femme. Il s’agit entre autre du taux élevé d’analphabétisme parmi les femmes, du taux élevé de chômage chezles femmes comparativement aux hommes, de l’accès limité des femmes aux crédits, etc., telque le renseignent les enquêtes d'envergure nationales, réalisées en République Démocratique du Congo, qui regorgent de plusieurs variables relatives à la question du genre etpouvant fournir des informations détaillées sur cette question.
En effet, le présent rapport d’évaluation,20 ans après le plan d'action de Beijing, au regard
des réalités récentes vécues durant cette période en République Démocratique du Congo,
pose, premièrement en termes précis, la problématique de l'analyse de l'opérationnalisation
des principes constitutionnels d’équité et d’égalité entre les hommes et les femmes ainsi que
celle du respect des droits humains et de la traduction, dans la pratique, des engagements
nationaux, régionaux et internationaux de ce pays en faveur du développement et de la
promotion du Genre.
En dépit de sa délicate position de pays fragilisé par de nombreuses la mauvaise gouvernance, l’usure du pouvoir, les guerres à répétition et le chaos économique et sociale n’ont fait qu’ébranler sur les structures familiales, et déséquilibrer tous les domaines
De la vie sociale, la République Démocratique du Congo.
Cette année 2017, est celle de pouvoir relever le défi sur les mécanismes d’intégration du gence en vue de l'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le
Développement, puisqu’ un examen de ces objectifs est ainsi fait par la République Démocratique du Congo pour faire voir comment ce pays entend briser les barrières des inégalités tant dans la perception de l'égalité Homme-Femme que dans la répartition, le contrôle et la gestion des ressources entre ceux-ci pour l'édification d'un monde nouveau.
Des décennies durant, les problèmes des violences sexuelles et discrimination faite à la femmes demeurent de manière récurrente en République
Démocratique du Congo. D’où l’urgence et lançons un appel au Gouvernement de la congolais à travers les représentants dedifférents Ministères et d’autres services publics, notamment ; ceux de la Société civile àtravers les organisations et associations féminines et ceux des partenaires traditionnels au développement que sont notamment l’ONUFEMMES, l’UNFPA et le PNUD apporter les réponses immédiate à cette iniquité sociale en vue du
développement durable du pays.

I. COMPREHENSION DE QUELQUES CONCEPTS CLES
1.1 Le genre
Le concept de « genre », définit la construction socio-culturelle des rôles féminins et masculins et des relations entre les femmes et les hommes. Les rôles féminins et masculins se rapportent aux activités attribuées aux femmes et aux hommes dans la société et à la position que femmes et hommes y occupent respectivement. Ces rôles découlent des forces telles que la culture, la tradition, la politique et les besoins, permettent de déterminer l’accès aux opportunités et aux ressources et imposent des attentes et des limites aussi bien aux femmes qu’aux hommes. » (Manuel d’intégration systématique de l’approche genre, PNUD).
Le genre est utilisé comme approche à travers le processus d'évaluation des implications pour les femmes et les hommes de toute action, politique ou programme, dans tous les domaines et à tous les niveaux. Il devient donc une stratégie visant à s’assurer que les préoccupations et expériences des femmes, des hommes et autres groupes vulnérables (jeunes, personnes âgées, migrants), sont parfaitement intégrées dans la conception, la mise en oeuvre, le suivi et l'évaluation des politiques, initiatives, programmes et projets.
Le genre est différent du sexe qui renvoie à la biologie humaine ; c’est à dire, on naît homme ou femme, et on ne peut rien y changer. C’est cette biologie humaine qui est la base des nombreuses attitudes relatives aux devoirs de l’homme et de la femme dans nos sociétés .
I. Définition de la thématique « promotion du genre » et clarification des concepts
1.1. Définition de la thématique «promotion du genre»
La promotion de genre est le développement de la culture de l’amélioration des rapports sociaux entre les hommes et les femmes dans tous les domaines et à tous les niveaux. Cette promotion implique l’ensemble de politiques, mécanismes et stratégies ainsi que les actions susceptibles de corriger les inégalités constatées dans les rapports hommes / femmes dans tous les domaines et à tous les niveaux.
Elle nécessite, des stratégies d’actions permettant :
- un égal accès des hommes et des femmes aux ressources et aux biens ;
- une participation équitable des hommes et des femmes aux différents pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire);
- une transformation des valeurs et normes culturelles néfastes, notamment à l’épanouissement de la femme ;
- une forte présence notamment des femmes dans les instances de prise de décision ;
- la possibilité/capacité des hommes et des femmes de contrôler les ressources et les biens;

La promotion du genre passe d’une part, par la connaissance et l’appropriation des droits humains, notamment ceux en faveur des femmes et d’autre part, par l’application effective des dispositions juridiques, institutionnelles et autres en faveur des femmes.
La promotion du Genre est le gage d’un développement équitable et durable. Par conséquent, elle est devenue la pierre angulaire de tout développement.
1.2. Clarification du concept genre et des concepts liés
1.2.1. Genre
Le concept genre se réfère aux rapports sociaux, aux différents rôles, droits et responsabilités des hommes et des femmes dans tous les domaines et à tous les niveaux (individuel, familial, communautaire, national et PSCC/APP 2010 /Guide de clarification thématique Page 9
international). Ces rôles sont influencés par les réalités historiques, religieuses, économiques et culturelles.
Le terme genre est utilisé pour cerner les rôles sexuels. Il inclut les valeurs et les attitudes qu’une communauté ou une société juge comme appropriées à un ou l’autre sexe.
Le concept genre est une variable sociale, une donnée socioculturelle, un produit de l’histoire déterminé à travers le processus de socialisation et qui permet de différencier, d’organiser et de structurer les rapports entre les deux composantes de la société que sont les femmes et les hommes. Il est susceptible de changer d’un milieu à un autre et d’une époque à une autre. Le genre n’est ni la femme, ni le sexe, ni l’inversion des rôles. Il concerne à la fois les hommes et les femmes.
Le genre est forgé progressivement en prenant pour base les inégalités, mais il ne s’agit pas de n’importe quelle inégalité. C’est pourquoi, plus que les autres concepts, un accent particulier est mis sur l’inégalité, pour permettre aux utilisateurs de ce guide de distinguer les nuances et la différence entre l’inégalité de genre et les autres formes ou types d’inégalités.
En effet, il y a plusieurs types d’inégalités et elles ne sont pas toujours d’origine économique. Par exemple la typologie d’inégalités de L.M. DUBOIS en dénote sept types dont trois ont trait à la pauvreté économique :
inégalité monétaire : différences de revenu ou de consommation
inégalité des conditions de vie : différences dans les possibilités d’accéder aux services collectifs (alimentation, logement, santé, éducation, etc.)
inégalité des capacités : différences dans les moyens tels que les équipements, les infrastructures, les actifs financiers, l’état sanitaire, le niveau d’éducation, la disponibilité en temps (« capital-temps »), l’adhésion à des réseaux sociaux (capital social), etc.
inégalité sociale : différences liées à des aspects sociaux
inégalité culturelle : différences liées à des aspects culturels
inégalité politique : différences dans les possibilités de prendre des décisions de manière autonome et de participer aux prises de décision collective
inégalité d’éthique : différences dans les normes morales qui ne s’appliquent pas de manière identique aux femmes et aux hommes.

Quel que soit son type, l’inégalité affecte beaucoup plus les femmes, à des degrés très variables d’une société à l’autre, voire à l’intérieur de chaque société en fonction de la classe, de l’ethnie, de l’âge et / ou du sexe. PSCC/APP 2010 /Guide de clarification thématique Page 10
L’inégalité de genre doit être comprise en tant que des disparités construites par la société et existant dans les relations hommes / femmes. Par exemple les femmes ont des journées de travail plus longues. Leur travail et leurs opinions sont dépréciés ; En général, elles ont des responsabilités familiales plus lourdes alors qu’elles sont sous représentées aux niveaux décisionnels.
1.2.2. Sexe
C’est l’ensemble des différences biologiques homme/ femme, des caractéristiques et des fonctions induisant un rôle spécifique dans la reproduction et dans la production. On naît homme ou femme. C’est biologique et on ne peut pas changer.
1.2.3. Approche Genre
Trois constats sont à la base du genre et développement (GED) :
le fait que dans toute société les femmes forment un groupe désavantagé par rapport aux hommes, en terme de bien être (éducation, santé, revenu, etc.), en terme d’accès et de contrôle des moyens de production et en terme de pouvoir ;
le fait que dans toute société les femmes et les hommes ont des besoins différents, compte tenu de leurs rôles et responsabilités distinctes, et compte tenu de l’inégalité dans l’accès et le contrôle des ressources ;
le fait que la situation d’infériorité attribuée aux femmes constitue un obstacle au développement, puisqu’elle limite les chances et les opportunités de presque la moitié de la population.

Qu’est –ce- que l’approche genre
Elle est une démarche qui permet de : prendre en compte les inégalités constatées dans les rapports homme / femme, et de chercher à les corriger avec la participation des deux composantes de la société. C’est impliquer les hommes et les femmes dans l’élaboration, la mise en oeuvre, le suivi des politiques et programmes / projets pour un développement équitable, harmonieux et durable.

L’approche peut être utilisée pour régler les différentes formes d’inégalité autres que celles liées aux rapports hommes / femmes
.
L’égalité et l’équité sont les deux principes fondamentaux du concept genre.
1. Egalité
L’égalité se réfère aux principes d’égalité des droits et des statuts des acteurs sociaux et au respect mutuel de leurs relations.
L’analyse genre a pour base les inégalités homme / femme déterminées à partir des données statistiques officielles désagrégées par sexe qui sont des données statistiques décomposées par rapport aux hommes et aux femmes.
L’égalité homme-femme n’implique pas que les hommes et les femmes deviennent identiques, mais qu’ils aient des possibilités et des chances égales dans leur existence.
Par exemple l’article … de la Constitution…. stipule que « L’Etat assure à tous l’égalité devant la loi sans distinction d'origine, de race, de sexe, de religion, d'opinion politique ou de position sociale. L'homme et la femme sont égaux en droit. L'Etat protège la famille et particulièrement la mère et l'enfant. Il veille sur les handicapés et les personnes âgées ».
L’égalité renvoie à la non- discrimination contre la personne basée sur son sexe en ce qui concerne les opportunités, la répartition des ressources et des bénéfices ainsi que l’accès aux services publics. Elle se réfère aux droits, aux chances pour tous les membres de la société.
2.L’équité, se réfère à la notion de justice dans tous les aspects de la vie.
Elle reconnaît que les hommes et les femmes ont des besoins différents et que ces besoins doivent être pris en compte de façon à corriger les déséquilibres entre les sexes.
-Le concept d’équité vise le partage des rôles et responsabilités mais aussi cherche à garantir et à sécuriser les besoins, les intérêts et préoccupations des différents utilisateurs des ressources foncières selon l’appartenance sexuelles. Vu sous cet angle, l’équité peut s’avérer un outil efficace pour renforcer la participation des femmes et des hommes dans la gestion durable des ressources.
La prise en compte du genre offre l’opportunité d’une participation des femmes aux prises de décisions touchant à leurs besoins, d’une répartition équitable des produits et des bénéfices issus des ressources naturelles. Elle permet également aux femmes d’être des agents actifs avec des capacités différentes pour répondre aux défis posés pour la gestion durable des ressources.

L’équité se réfère aux conditions d’application des principes d’égalité. Ce concept comme déjà dit fait appel à la notion de justice en vue d’une harmonie sociale. Par exemple, on sert du repas à un chien et au héron dans une cuvette à long cou. Ils ont tous accès mais les conditions ne permettent pas d’en jouir. Cet exemple peut être rapporté aux humains pour ce qui concerne la scolarisation des filles et des garçons. L’équité mène donc à l’égalité.
3.L'origine : le "gender", un champ de recherches anglo-saxonnes
Le terme abusif de "théorie du genre" est en réalité une référence lointaine aux études sur le genre, les "gender studies", un champ de recherches interdisciplinaires davantage exploré dans le monde anglo-saxon. Le concept de "gender" est né aux Etats-Unis dans les années 1970 d'une réflexion autour du sexe et des rapports hommes/femmes, en plein mouvement féministe, rappelle le magazine Sciences humaines.
Des recherches sont menées par des universitaires américaines, qui "récusent le rapprochement souvent effectué entre les femmes et la nature (principalement à cause de leurs facultés reproductives) alors que les hommes seraient du côté de la culture", écrit Sciences humaines. Plus globalement, ces recherches tendent à démontrer que le sexe biologique ne suffit pas à faire un homme ou une femme, et que les normes sociales y contribuent. Mais ces travaux ne constituent pas à proprement parler une théorie politique.
"Le concept de genre, c'est le fait que notre environnement, la façon dont on est éduqué, nous poussent à jouer telle ou telle place dans la société si on est un homme ou une femme", explique dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace Céline Petrovic, chargée d’enseignement à l'université de Strasbourg et membre de l'Argef, une association de chercheurs français et suisses spécialisés sur les questions de genre dans l’éducation. Elle confirme que la "théorie du genre" "n'existe pas".
4.La diffusion : une arrivée tardive du concept genre dans les pays francophones
Le concept de genre tarde à se diffuser dans les pays francophones dont la France , et ne commence à être étudié qu'au milieu des années 1990 .
Petit à petit, la question de la parité homme/femme, notamment dans le milieu de l'entreprise, s'impose dans le débat politique européen et français.
La notion de genre, tombée en désuétude aux Etats-Unis, devient alors un sujet d'étude phare dans les universités françaises. Le principal enjeu des chercheurs "revient à donner au genre un statut théorique dénué d'idéologie au sein des sciences humaines".
C'est avec cette même neutralité que l'Education nationale française entend aborder les stéréotypes de genre dès la maternelle. Le programme ABCD de l'égalité, actuellement expérimenté en primaire dans dix académies, met à la disposition des enseignants des outils pédagogiques pour lutter contre les inégalités entre filles et garçons. Nulle part, il n'est question de "théorie du genre".


5 .Outils Genre
Pour une analyse genre, il est nécessaire de maîtriser les outils ci – après :
5.1 Division du travail
Dans chaque société, il existe une division de travail propre à chaque culture et à chaque époque entre les hommes et les femmes. Elle est flexible et s’adapte au contexte social. Il faudrait par exemple répondre aux questions : Qui fait quoi ? Quand ? Comment ? Avec qui ? Pour qui ?
Il convient de même de mettre l’accent sur les triples rôles relatifs : à la production : production de biens et de services voués à la consommation ou au commerce, tout emploi générant un revenu ; à la reproduction : entretien du ménage, tâches domestiques, soins aux membres de la famille, éducation des enfants, collecte d’eau, du bois ; etc.
à la collectivité : toute activité permettant d’améliorer le maintien et l’établissement des liens : cérémonies et fêtes, participation à des mouvements sociaux.
5.2. Accès et contrôle des ressources et des bénéfices
Avoir accès : c’est avoir l’aptitude / la possibilité / l’opportunité de disposer d’un produit, d’une chose. Exemple : la terre, les outils, qu’on peut exploiter et restituer après l’usage.
Avoir le contrôle : c’est disposer d’autorité (d’office) d’un produit d’une chose, quand on veut, où on veut et comment on veut, sans avoir l’obligation de se référer à qui que ce soit. Exemple : la terre, les outils qui nous appartiennent.
5.3. Besoins pratiques et les intérêts stratégiques
Ils ont été déjà abordés au niveau de la définition des concepts.
5.4. Facteurs d’influence
Ils concernent les facteurs déterminants et influençants qui sont analysés sous trois angles : culturels (styles de vie traditionnelle), socio économiques (nouvelles politiques, changement de Gouvernement) et institutionnels.
5.5. Participation
La participation de l’homme et de la femme se situe aussi bien au niveau des structures de définition des orientations et de politiques qu’au niveau des activités que ce soit au sein de la famille, de la collectivité et de l’Etat. Elle ne s’exprime pas qu’en terme de présence ou d’effectif, mais en terme de contribution aux prises de décisions.
Elle devra être effective et capable de faire intégrer les préoccupations sexospécificifiques et d’entraîner la transformation des relations Hommes/Femmes existantes.
5.6. Empowerment
C’est un processus selon lequel l’on peut augmenter individuellement et collectivement l’appropriation de pouvoir et des capacités de contrôle, notamment l’autonomie, le développement de la puissance d’agir, la confiance en soi, la liberté de choix, la dignité, le respect des valeurs, la capacité de défendre ses droits, avoir la maîtrise des décisions. La femme et l’homme doivent participer au même titre au pouvoir législatif, judiciaire et exécutif.

Programme de développement durable d’ici 2030

Photo : PNUD/Dilip Lokre
En 2015, les pays sont parvenus à un consensus sur la nécessité de financer le développement de manière exhaustive. Ils ont adopter un nouveau programme de développement durable et un nouvel accord international sur les changements climatiques.
Après un processus de négociation qui a duré plus de deux ans et a bénéficié de la participation sans précédent de la société civile, les gouvernements ont approuvé, le 2 août 2015, un programme ambitieux qui présente 17 objectifs de développement durable (ODD) et 169 cibles visant à éradiquer la pauvreté, à lutter contre les inégalités et à promouvoir la prospérité tout en protégeant l’environnement d’ici à 2030. Approuvé par consensus, l’avant-projet de document final « Transformer notre monde : programme de développement durable d’ici 2030 », fut adopté par les chefs d’État lors du Sommet des Nations Unies en vue de l’adoption du programme de développement de l’après-2015 à New York le 25 septembre 2015.
Afin d’obtenir rapidement des engagements concrets et de placer l’égalité des sexes, les droits et l’autonomisation des femmes au cœur du nouveau programme international, ONU Femmes et la République populaire de Chine ont organisé conjointement une « Réunion des cheffes et chefs d’État sur les questions d’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes : un engagement à l’action », le 27 septembre 2015, au siège social des Nations Unies à New York.
Le nouveau programme de développement durable s’appuie sur les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), un programme élaboré en 2000 qui visait à réduire la pauvreté, la faim, les maladies, l’inégalité entre les sexes, et à assurer l’accès à l’eau et à l’assainissement d’ici à 2015. Les nouveaux objectifs de développement durable et le programme élargi dédié à la durabilité ont pour but d’achever ce que les OMD n’ont pas réussi à réaliser, et étendent leur portée plus loin en s’attaquant aux causes premières de la pauvreté et de l’inégalité ainsi qu’au besoin universel de développement répondant aux aspirations de l’ensemble des populations.
Le nouveau programme constitue un plan d’action pour les populations, la planète, le maintien de la paix et les partenariats. Il encouragera l’avènement de sociétés pacifiques, justes et inclusives et exigera la participation de l’ensemble des pays, des parties prenantes et des populations. Ce programme ambitieux vise à éradiquer la pauvreté d’ici à 2030 et à promouvoir le partage de la prospérité économique, du développement social et de la protection environnementale au bénéfice de tous les pays. Le nouveau programme s’articule autour de 17 objectifs, dont un objectif autonome dédié à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes et des filles (ODD 5) ainsi que d’autres objectifs ciblant les questions de genre.
Ce programme de développement est le premier à avoir été négocié par l’ensemble des États membres et à leur être applicable pour les 15 années à venir. Le document final insiste sur l’importance de la responsabilité et du leadership nationaux pour la mise en œuvre du programme.
Et après ?
Pour développer des indicateurs permettant de suivre l’évolution à l’échelle mondiale de ces nouveaux objectifs, un groupe d’expertes et experts inter-agences pour les indicateurs ODD a été établi.
Définition de l'intégration de la dimension de genre
________________________________________
Le concept d'intégration de la dimension de genre dans toute action fut clairement désigné comme stratégie universelle pour promouvoir l'égalité des genres dans la Plate-forme d'Action adoptée lors de la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes à Beijing en 1995. Cette notion soulignait la nécessité de s'assurer que l'égalité des genres était une priorité dans tous les domaines de développement social et économique.

En juillet 1997, le Conseil Economique et Social des Nations Unies (ECOSOC) définissait le concept de l'intégration du genre comme suit:
________________________________________
"L'intégration des questions de genre consiste à évaluer les implications des femmes et des hommes dans toute action planifiée comprenant la législation, les procédures ou les programmes dans tous les domaines et à tous les niveaux. Cette stratégie permet d'intégrer les préoccupations et les expériences des femmes et des hommes à la conception, à la mise en oeuvre, au contrôle et à l'évaluation des procédures et des programmes dans toutes les sphères politiques, économiques et sociétales pour qu'ils en bénéficient de manière égale et que l'inégalité actuelle ne soit pas perpétuée".
________________________________________

L'intégration vise donc principalement à obtenir l'égalité des genres. Elle n'exclut pas les activités spécifiques au genre et les actions positives, lorsque les femmes et les hommes se trouvent dans une position particulièrement désavantageuse. Les interventions spécifiques au genre peuvent viser exclusivement les femmes, les hommes ou les deux pour leur permettre de participer aux efforts de développement et d'en bénéficier de manière égale. Ces mesures temporaires sont nécessaires pour lutter contre les conséquences directes et indirectes actuelles de la discrimination.




Transformation par l'intégration
L'intégration ne saurait signifier l'ajout "d'une composante féminine" ou même "d'une composante concernant l'égalité des genres" dans une activité existante. Elle va au-delà de l'accroissement de la participation des femmes. Elle signifie que l'expérience, la connaissance et les intérêts des femmes et des hommes ont un effet sur le programme de développement. C'est ainsi que le processus d'intégration peut impliquer l'identification des besoins de changement dans ce programme. Il peut nécessiter également des changements dans les objectifs, les stratégies et les actions afin que les femmes et les hommes puissent influencer les processus de développement, y participer et en bénéficier.

Le but de l'intégration de l'égalité des genres est donc de transformer des structures sociales et institutionnelles discriminatives en structures égales et justes pour les hommes et les femmes.


Principes de base de l'intégration
La responsabilité de la mise en oeuvre de la stratégie d'intégration est globale, comme l'a souligné madame Carolyn Hannan, Directrice de la Division des Nations Unies pour la promotion de la femme, et réside au plus haut niveau des agences onusiennes. Elle repose sur les principes suivants :
• Des mécanismes de comptabilisation adéquats doivent être établis pour contrôler les progrès accomplis;
• La définition initiale des préoccupations et problèmes dans tous les domaines d'activités doit révéler les différences et les disparités liées au genre;
• Les problèmes auxquels sont confrontés les hommes et les femmes doivent être analysés en rapport avec les rôles et statuts respectifs que leur ont assignés les différentes sociétés. Une analyse des questions de genre doit donc toujours être effectuée;
• Une volonté politique très claire et l'attribution de ressources appropriées pour l'intégration de la dimension de genre, notamment des ressources financières et humaines supplémentaires, sont primordiales pour la concrétisation de ce projet;
• Des efforts doivent être déployés pour assurer une participation équitable de la femme à tous les niveaux de prise de décisions;
• L'intégration ne remplace nullement le besoin de procédures et de programmes ciblés spécifiques aux femmes, de législations positives, ni le besoin d'unités ou de délégué(e)s chargé(e)s des questions de genre.

La Charte des Nations Unies de 1945 et la Déclaration universelle des droits de l’homme de
1948 prévoient que les droits et les libertés ne seront pas limités par le sexe d’une personne
[…], et indiquent que « tous les êtres humains naissent libres et égaux dans la dignité et les droits ».
Le développement étant un défi majeur pour la plupart des pays africains, il n’est pas possible de réussir ce pari en ignorant une grande partie de la main d’oeuvre que constituent les femmes. La prise en compte de la question du genre dans le processus de développement fait à ce jour l’unanimité des chercheurs et des acteurs de développement.
En effet, l’intégration de la femme dans le développement est l’une des conditions primordiales pour le décollage des économies des pays pauvres étant donné que les femmes+ y représentent plus de 50% de la population.

La République Démocratique du Congo, à l’instar d’autres pays, a décidé de ne pas négliger une portion importante de ses ressources humaines composées de femmes en âge de travailler. Cependant, la question de genre ne peut prendre tout son sens que lorsqu’il est reconnu aux femmes la capacité d’exercer certains de leurs droits, notamment le droit de travailler, d’étudier, de décider, etc.
L’amélioration des conditions de la femme, notamment celle de son instruction et son accès à un emploi rémunéré, sont des préalables pour la croissance économique. A cet effet, il faut un changement fondamental dans la perception du rôle social de la femme, afin de réduire les obstacles à son intégration effective dans le processus de développement.
L’intégration de la femme dans ce processus de développement en tant qu’actrice de celui-ci passe par son autonomisation ; et cela n’est possible qu’à travers l’amélioration d’un certain nombre d’indicateurs qui sont le plus souvent en défaveur de la femme. Il s’agit, par exemple, du taux élevé d’analphabétisme parmi les femmes, du taux élevé de chômage chez les femmes comparativement aux hommes, de l’accès limité des femmes aux crédits, etc., tel que le renseignent les enquêtes d'envergure nationales, réalisées en République
Démocratique du Congo, en l’occurrence les trois enquêtes MICS, l’enquête 1-2-3 et l’enquête EDS, qui regorgent de plusieurs variables relatives à la question du genre et pouvant fournir des informations détaillées sur cette question.
Rôle et implication du Programme des Nations Unies pour le Développement PNUD
Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) se définit comme un réseau mondial de développement : il est présent dans 166 pays.
Lors du Sommet du Millénaire des Nations Unies en 2000, les dirigeants du monde entier ont placé le développement au cœur même de l'ordre du jour mondial en adoptant les Objectifs de développement pour le Millénaire (ODM), cibles clairement définies qu'ils se sont engagés à atteindre d'ici 2015 pour réduire la pauvreté, la maladie, l'analphabétisme, la dégradation de l'environnement et la discrimination à l'égard des femmes. Sur le terrain dans pratiquement tous les pays en développement, le PNUD fait usage de son réseau mondial pour aider ses partenaires du système des Nations Unies à faire œuvre de sensibilisation à ces questions, à suivre les progrès accomplis et à identifier les moyens d'atteindre les objectifs, tout en mettant les pays en rapport avec les connaissances et les ressources dont ils ont besoin. Ce réseau réunit des compétences spécialisées dans les domaines suivants : Gouvernance démocratique ; Réduction de la pauvreté ; Prévention des crises et relèvement ; Énergie et environnement ; VIH/sida.
L’objectif du PNUD est l’amélioration des conditions de vie et la baisse de la pauvreté des populations vivant dans les pays en voie de développement. Il s'est fixé la diminution de moitié de la pauvreté dans le monde d’ici 2015.
Le PNUD s’est fixé 8 Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à atteindre en 2015. Ces OMD se divisent en cibles quantifiables et en indicateurs :
• Objectif 1 : Éliminer l'extrême pauvreté et la faim
• Objectif 2 : Assurer l'éducation primaire pour tous
• Objectif 3 : Promouvoir l'égalité et l'autonomisation des femmes
• Objectif 4 : Réduire la mortalité infantile
• Objectif 5 : Améliorer la santé maternelle
• Objectif 6 : Combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies
• Objectif 7 : Assurer un environnement durable
• Objectif 8 : Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
Le Programme des Nations Unies pour le Développement est un acteur international et partenaire clé des Gouvernement dans la mise en œuvre des mécanismes pour le développement durable.
Les indicateurs du développement durable
Il s’agit en matière de développement durable selon des indicateurs phares sélectionnés
Ces indicateurs sont d'ordre scientifique, politique ou sociétal, et permettent de mesurer, d'évaluer, d'identifier les priorités et les actions à mettre en œuvre en matière d'environnement, d'équité sociale et d'efficacité économique.
Ils sont sélectionnés selon les engagements pris dans le cadre des directives et règlements européen. Les 11 indicateurs sélectionnés sont les suivants :
• Taux de croissance du PIB par habitant
• Émissions totales de gaz à effet de serre
• Part des énergies renouvelables dans la consommation d'énergie primaire
• Consommation d'énergie des transports et PIB
• Productivité des ressources
• Indice d'abondance des populations d'oiseaux communs
• Part des captures en fonction de l'état des stocks halieutiques
• Espérance de vie et espérance de vie en bonne santé à la naissance
• Taux de risque de pauvreté après transferts sociaux
• Taux d'emploi des personnes âgées de 55 à 64 ans
• Aide publique au développement.
Indicateur de Développement Humain (IDH)
• L'Indicateur de Développement Humain (IDH), crée par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), mesure le niveau de développement des pays du monde, en terme de "qualité de vie".
• Cet indice a pour objectif de pallier aux insuffisances du PIB (Produit Intérieur Brut), qui calcule la santé économique d'un pays sans aucune donnée sociale.
• Le calcul de l'indice de développement humain prend en compte la capacité :
• de mener une vie longue et en bonne santé (longévité, qui est mesurée par l'espérance de vie à la naissance)
• d'acquérir des connaissances
• de communiquer et de participer à la vie de la communauté (niveau d'éducation, mesuré par une combinaison du taux d'alphabétisation des adultes et du taux de scolarisation)
• de mener une vie saine
• de garantir la mobilité géographique ou sociale (accès aux ressources nécessaires pour un niveau de vie convenable, mesuré par le revenu.

L'Indicateur de Participation Féminine à la vie économique et politique (IPF), crée par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), mesure la représentation relative des femmes dans les sphères du pouvoir économique et politique.
Il prend en compte les écarts entre les hommes et les femmes au niveau :
• du nombre de sièges parlementaires
• de fonctions administratives et d'encadrement
• aux postes professionnels et de gestion dans la sphère économique
• dans le niveau de revenu
L'indicateur IPH met en exergue les discriminations dont peuvent être victimes les femmes. Les valeurs de l'indicateur s'échelonnent de 0 à 1, le niveau le plus élevé traduisant une égalité parfaite entre les hommes et les femmes. Plus l'écart hommes - femmes est important, plus l'IPF est faible.
Égalité homme-femme et développement durable


Les objectifs de développement humain et de développement durable ne peuvent pas être envisagés avec les inégalités entre les hommes et les femmes qui subsistent encore aujourd'hui.
Partout dans le monde, les femmes subissent de nombreuses formes de discriminations sociales, humaines, professionnelles, et bien pire encore : violence, esclavage, rejet, pauvreté, prostitution, abus sexuels...

La lutte contre toutes les formes de violences et de discriminations à l'égard des femmes est indissociable du développement au sens large du terme.
La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme reconnaît l'égalité homme-femme : "Considérant que dans la Charte, les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, et qu'ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande."

Les Nations Unies œuvrent pour la prise de conscience des inégalités homme-femme, pour la lutte contre ces inégalités, pour les droits de la femme au niveau international.
La convention de 1979 sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes (CEDEF), constitue l’accord international le plus complet sur les droits fondamentaux des femmes.
La convention stipule de prendre "toutes les mesures appropriées, y compris des mesures législatives, pour assurer le plein épanouissement et le progrès des femmes en vue de leur garantir l'exercice et la jouissance des droits de l'homme et des libertés fondamentales sur la base de l'égalité avec les hommes".
La parité ne s'effectue pas seulement à un niveau social, mais également d'un point de vue économique : l'ONU et la commission des Nations Unies pour l'Europe met en avant le fait que la parité homme-femme fait partie intégrante d’une stratégie moderne de croissance.
En France, le service des droits des femmes et de l’égalité dépend du ministère du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité. Il est rattaché au Secrétariat d’Etat à la Solidarité, met en œuvre la politique de l’égalité entre les hommes et les femmes et promeut les droits des femmes.
Les critères du développement humain et developpent durable
C’est le reflet de la qualité de vie des hommes au sein de la société dans laquelle ils évoluent : il inclut la notion de « bien-être », en s’appuyant sur certains articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.
Le bien-être des humains ne se résume pas au niveau de revenus et à l'économie : il prend en compte des facteurs sociaux, culturels, éducatifs et de santé.
Le développement humain intègre notamment les critères suivants :
• qualité de vie
• espérance de vie
• qualification de la main d’œuvre
• alphabétisation
• culture
• urbanisation
• chômage
• pauvreté
• alimentation


A l’échelle internationale, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) agit pour accentuer le développement humain, particulièrement dans les pays en voie de développement. Le développement humain est mesuré dans la plupart des pays du monde par l’Indice de Développement Humain (IDH)
Dès 1945, la Charte des Nations Unies s’engageait à "favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus ample".
En 2000, la Déclaration du Millénaire des Nations Unies veut une meilleure équité, une plus grande justice sociale et le respect universel des droits de l’homme : les objectifs de cette déclaration visent à la réduction de la pauvreté extrême et à l’avancée des droits universels d’ici à 2015.
La démographie galopante dans les pays en voie de développement contribue à accroître la pauvreté et pénalise le développement humain.
Le réchauffement climatique a également des conséquences sur le développement humain.
Le dernier rapport mondial sur le développement humain du PNUD, sorti en 2007, donne l’alerte concernant l’incidence des changements climatiques sur le développement humain : augmentation de la pauvreté, crise alimentaire, de santé, d’éducation...
Le développement humain est l’enjeu social primordial de développement durable à l’échelle planétaire. La perspective d’un développement durable repose avant tout sur l’éradication de la pauvreté, qui empêche toutes formes de développement.
Santé et développement durable
La promotion sanitaire fait de l’Équité sociale .
La santé est "un bien-être physique, mental et social total, et pas simplement une absence de maladie ou d’infirmité", selon Madame Gro Harlem Brundtland.
La déclaration de Rio sur l'Environnement et le Développement affirmait en 1992 : "les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature".
Le programme d'actions Agenda 21 qui a suivi la conférence de Rio s’est fixé cinq objectifs prioritaires en matière de santé publique :
• la satisfaction des besoins en matière de soins de santé primaires et actuellement on parle de la Couverture Sanitaire Universelle.
• la lutte contre les maladies transmissibles surtout VIH-SADA, PALU,TBC ET AUTRES tropicales négligées.
• la protection des groupes vulnérables(les mères les enfants et les déplacés ou réfugiés)
• la santé des populations urbaines
• la réduction des risques pour la santé occasionnés par la pollution et les menaces écologiques.
Dans le cadre du développement durable, la santé est un objectif, mais également un préalable indispensable.
Il s’agit de procurer aux populations un bien-être physique et moral satisfaisant, ainsi que de leur garantir des conditions sanitaires qui leur permettent de contribuer aux activités productives et au développement de leur société.
Lutte contre les discriminations

La discrimination fait partie intégrante de la promotion de l’équité, elle est le fait d’isoler une ou un groupe de personnes en raison de son sexe, ses origines, sa couleur de peau, son apparence physique, son orientation sexuelle, son appartenance ou non-appartenance à un groupe ethnique, son handicap… et de lui appliquer un traitement différent ou spécifique ainsi que de restreindre ses droits.
La discrimination peut être liée à des sentiments de haine ou de rejet extrêmes, comme le racisme, la xénophobie, l’homophobie, la misogynie…
Les discriminations peuvent se faire ressentir dans différentes étapes de la vie, et au quotidien : pour trouver un logement, à l’embauche, dans le cadre du travail, dans desdémarches administratives, ou par le refus d’un droit légitime…
Les discriminations sont nombreuses et quotidiennes : elles reposent sur des préjugés infondés, des peurs stériles, de l’incompréhension ou de la méconnaissance. Les personnes qui subissent des discriminations sont stigmatisées.
Les personnes séropositives par exemple, subissent des discriminations à cause des nombreux préjugés qui entourent le SIDA. En France, les personnes qui subissent des discriminations peuvent saisir la HALDE, Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité.


Discrimination à l’embauche
Lorsqu’une entreprise recrute un employé, elle est libre de choisir le candidat dont les compétences correspondront le mieux au poste à pourvoir.
• Selon le code du travail, un candidat ne peut être écarté du processus de recrutement en raison de :
• son origine,
• son sexe,
• ses mœurs,
• son orientation sexuelle,
• son âge,
• sa situation de famille,
• ses caractéristiques génétiques,
• son appartenance ou non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race,
• ses opinions politiques,
• ses activités syndicales ou mutualistes,
• ses convictions religieuses,
• son apparence physique,
• son patronyme,
• son état de santé ou de son handicap, sauf inaptitude constatée par le médecin du travail.
Il existe encore de nombreuses discriminations à l’embauche au monde et en RDC.
Une grande agence d’intérim a été récemment dénoncée pour des discriminations raciales et d’âge à l’embauche, par le biais de codage du couleur de la peau des candidats intérimaires sur leur profil dans la base de données informatique.
Cet exemple n’est pas isolé. Les personnes qui sont victimes de discriminations ont un recours pénal, devant l’Inspection du travail ou ONEM afin de faire annuler la décision sur le motif discriminatoire, et de demander réparation du préjudice.
L’employeur sanctionné peut encourir des amendes et peines d’emprisonnement.
Il y a aussi la discrimination à l’endroit des femmes en matière de gestion foncière est liée plus à des pesanteurs socioculturelles qui font que dans la plupart des communautés, la femme ne peut hériter de la terre. Elle n’a généralement qu’un accès précaire à des terres le plus souvent marginales. Aussi, malgré une égalité de principe inscrite dans les textes législatifs et règlementaires, des entorses comme la reconnaissance des droits coutumiers et les conditions d’applications des textes, constituent des obstacles importants à un accès équitable des femmes à la terre et aux ressources naturelles. De plus, compte tenu du caractère très sensible de la question, les politiques tardent à traduire conséquemment leur discours en faveur de la promotion de la femme dans les politiques foncières.

mediacongo
mediacongo
AVIS AUX UTILISATEURS Les "petites annonces" sont publiées librement et gratuitement par leurs auteurs qui en sont respectivement responsables. mediacongo.net s’efforce de supprimer tout contenu abusif. Veuillez néanmoins faire attention, en particulier lors d’une éventuelle transaction.
right
Annnonce Suivante : Promotion Cartes d'étudiants et d'élèves
left
Annonce Précédente : JESUS ET LES EVANGILES