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Twitter : Trump débouté de sa plainte pour « censure illégale et inconstitutionnelle »

Twitter : Trump débouté de sa plainte pour « censure illégale et inconstitutionnelle » 2022-05-10
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Après avoir été suspendu temporairement de Twitter au lendemain de l'attaque contre le Capitole en janvier 2021, puis banni définitivement, l'ex-président américain avait déposé plainte contre la plateforme de microblogging. « Les plaignants ne sont pas en position de force » a considéré le juge californien le 6 mai. La décision intervient alors qu'Elon Musk place la « liberté d'expression » au centre de son rachat du réseau social.

C'était il y a seize mois. Au lendemain de l'attaque contre le Capitole, les réseaux sociaux décidaient de bloquer, d'abord temporairement, Donald Trump en masquant ses messages les plus problématiques jetant de l'huile sur le feu. Le 7 janvier 2021, Facebook et Twitter bannissaient, pour respectivement, 24 et 12 heures, le président américain sortant.

Une suspension d'abord temporaire

Jusqu'alors, Twitter publiait seulement un message d'avertissement sur la véracité du contenu, mais estimait que les propos de Donald Trump, même faux, relevaient de l'intérêt général de par sa fonction de président des Etats-Unis. Mais face à l'escalade de la violence et à la multiplication des critiques, depuis des mois, sur leur réaction jugée trop minimale aux provocations du président américain, les deux plateformes avaient décidé de réagir en ne rendant rendre visibles les messages les plus problématiques.

« Nous avons déterminé deux infractions à nos règles sur la page du président Donald Trump qui débouchent sur une suspension de 24 heures, ce qui signifie qu'il perd la capacité de poster sur la plateforme pendant cette période », expliquait Facebook dans un communiqué.

De son côté, Twitter a justifié ces mesures par « la situation de violence sans précédent en cours » dans la capitale américaine, et a indiqué que Donald Trump avait commis des « violations graves et répétées » de ses règlements.

Un bannissement permanent

Fait inédit : la plateforme de microblogging avait également menacé le président américain de suspension permanente de son compte s'il ne supprimait pas de lui-même les trois tweets jugés les plus problématiques et actuellement bloqués. Des paroles aux actes, elle avait suspendu son compte de façon permanente deux jours plus tard, le 9 janvier 2021.

« Après examen approfondi des tweets récents de @realDonaldTrump et du contexte actuel - notamment comment ils sont interprétés (...) - nous avons suspendu le compte indéfiniment à cause du risque de nouvelles incitations à la violence » de la part de Donald Trump, a expliqué Twitter dans un communiqué, suivi par Facebook, Snapchat et Twitch.

« Nous ne serons pas réduits au silence », a néanmoins protesté l'intéressé via le compte officiel POTUS (Président des Etats-Unis), à l'attention des « 75 millions de patriotes » qui ont voté pour lui, évoquant des représailles contre le réseau qui « interdit la liberté d'expression ».

« Utiliser un autre compte pour éviter la suspension est contre nos règles », a rétorqué un porte-parole de la société, qui va aussi prendre des mesures « pour l'imiter l'utilisation » des comptes gouvernementaux comme @POTUS et @WhiteHouse.

Une plainte pour « censure illégale et inconstitutionnelle »

Six mois plus tard, l'ex-président américain annonçait qu'il déposait plainte contre les plateformes, en les accusant d'être responsables d'une « censure illégale, inconstitutionnelle ».

« Aujourd'hui, aux côtés de l'America First Policy Institute, une organisation qui promeut les politiques défendant "l'Amérique d'abord" de Donald Trump, je dépose, en tant que principal représentant, une action collective majeure en justice contre les géants de la tech comprenant Facebook, Google et Twitter, ainsi que leurs patrons Mark Zuckerberg, Sundar Pichai et Jack Dorsey », avait annoncé Donald Trump son club de golf de Bedminster, dans le New Jersey.


« Nous demandons au tribunal fédéral du district sud de la Floride d'ordonner l'arrêt immédiat de la censure illégale et honteuse de la part des groupes de réseaux sociaux visant les Américains », avait-il ajouté.

« Les plaignants ne sont pas en position de force » (juge)

Une plainte dont le milliardaire républicain a été débouté le 6 mai. « Les plaignants ne sont pas en position de force », a affirmé le juge californien James Donato, car « Twitter est une entreprise privée », et « le Premier amendement (sur la liberté d'expression, Ndlr) ne s'applique qu'aux restrictions à la parole imposées par le gouvernement ».

Le règlement de la plateforme « donne la permission contractuelle à Twitter d'agir comme il le souhaite pour n'importe quel compte ou contenu, quelle que soit la raison, et même sans raison », a poursuivi le juge.

Avant d'être évincé de Twitter, Donald Trump y comptait quelque 89 millions d'abonnés. Il demandait aussi au tribunal de déclarer inconstitutionnelle la Section 230, une loi de 1996 qui protège les hébergeurs sur internet de poursuites liées aux contenus publiés par des tiers. Mais le magistrat a répondu que cela ne tenait pas à moins que les plaignants ne prouvent qu'ils ont subi des dommages.

Musk place la « liberté d'expression » au centre de son rachat de Twitter

La décision intervient alors qu'Elon Musk a passé un accord avec le conseil d'administration de Twitter pour racheter l'entreprise californienne pour 44 milliards de dollars. Le patron de Tesla place la « liberté d'expression » au centre de ses justifications sur le rachat. Porteur d'une vision libertarienne de cet idéal, il considère que l'ex-président américain n'aurait pas dû être banni de Twitter, bien que ses messages de contestation de l'élection aient mené à l'invasion du Capitole.

« J'espère que mes pires critiques vont rester sur Twitter, parce que c'est ce que signifie la liberté d'expression », écrivait Elon Musk le 25 avril sur son compte. Une semaine plus tôt, il déclarait : « la politique d'un réseau social est bonne si les 10% les plus à l'extrême gauche et les 10% les plus à l'extrême droite sont autant mécontents l'un que l'autre ». L'homme d'affaires a déjà annoncé qu'il y aurait bien une modération sur les propos tenus sur la plateforme, mais elle devrait être plus permissive que l'actuelle.

L'ex-président américain a néanmoins déclaré récemment à des médias qu'il n'avait pas l'intention de revenir sur la plateforme même si Elon Musk l'y réinvitait. Il a lancé son propre réseau social en février, baptisé « Truth Social ».


La Tribune / MCP, via mediacongo.net
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