
Provinces
C’est un peu à l’écart de Minova, dans une grande salle, près de la paroisse catholique que va se dérouler la suite du procès.
Pendant cinq jours, plus de deux cents victimes présumées, prêtes à témoigner, sont attendues à la barre. Les avocats de la partie civile espèrent que chaque jour, au moins trente d’entre elles - des victimes présumées de viol d’abord et de pillage ensuite - pourront livrer leur récit.
Toutes auront le visage dissimulé derrière un pagne et pourront choisir de témoigner à huis clos. Ce sera un moment crucial mais aussi particulièrement délicat car, pour la première fois, les victimes vont être confrontées à leurs assaillants présumés.
Ce sont des femmes qui, pour la plupart, n’ont pas réussi à donner de nom ou d’identité pendant la période d’instruction. La grande majorité des viols se sont déroulés la nuit, sous la menace des armes et souvent en réunion.
Ce seront aussi des témoignages cruciaux pour établir s’il y a bien eu des centaines de pillages et plus de 190 cas de viol.
A ce jour, certains des trente neuf prévenus ont confirmé avoir entendu des tirs de soldats de l’armée congolaise et parfois constaté des pillages. Mais aucun ne reconnaît y avoir participé.
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