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Société

Cardinal Fridolin Ambongo : « Le pape vient visiter un pays en grande souffrance »

2023-02-01
01.02.2023
Religion
2023-02-01
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L’archevêque de Kinshasa revient sur la portée de la visite du pape en RD-Congo du 31 janvier au 3 février, dans un contexte de crise économique et politique. Le cardinal Fridolin Ambongo voit dans ce déplacement une opportunité de susciter l’espérance dans un pays en proie à des violences armées.
 

La Croix : Quel est l’état d’esprit des Congolais à la veille de l’arrivée du pape ?

Cardinal Fridolin Ambongo : La satisfaction générale domine. Enfin, le pape vient nous visiter au Congo ! Jean-Paul II était venu deux fois, Benoît XVI jamais ; ce qui n’a pas bien été vécu par l’Église du Congo, la plus grande Église catholique d’Afrique. Il a fallu attendre encore dix ans pour que le pape François entame ce voyage. C’est pourquoi le peuple est aux anges : enfin le successeur de Pierre vient le voir.

Qu’attendez-vous de ce voyage ?

Card. A. : Au-delà de la curiosité de voir le Saint-Père, nos attentes sont liées au contexte actuel. François vient visiter un pays en crise économique, sociale, politique, sécuritaire et sanitaire. Beaucoup de nos compatriotes dans l’est de la RDC vivent une souffrance et une violence que l’on ne peut plus décrire. Cette souffrance s’élargit vers l’ouest comme dans le territoire de Kwamouth, aux portes de Kinshasa. Et l’insécurité se répand partout, surtout dans les grandes villes. Un peuple qui vit dans une telle situation reçoit la visite du pape comme un réconfort.

Ce voyage peut-il changer quelque chose aux réalités que vous décrivez ?

Card. A. : Je le crois. Pas sur-le-champ, ni dans deux mois, ni dans un an. Le pape n’est pas un magicien qui a le pouvoir de transformer les choses immédiatement. Mais sa visite peut constituer une graine d’Espérance qu’il vient planter chez nous, une graine qui pourrait se développer et changer l’avenir du peuple.

Le Congo est l’un des pays dont le sous-sol est le plus riche au monde, et pourtant les habitants sont parmi les plus pauvres de la terre. La parole du pape, nous l’espérons, pourrait toucher la conscience des uns et des autres, surtout de ceux qui exercent le pouvoir afin que ce scandale ne se perpétue plus.

Depuis l’indépendance, l’Église catholique au Congo n’a-t-elle pas échoué à toucher la conscience de ses dirigeants ?

Card. A. : Quand on voit la réalité, effectivement, on peut conclure que l’Église a échoué. Depuis l’indépendance, on a l’impression que la situation se dégrade malgré l’implication de l’Église, bien qu’une bonne partie de ceux qui ont exercé le pouvoir aient été formés par elle.

Cependant, je pense que l’on ne peut pas mesurer son action sur une période aussi courte pendant laquelle nous avons été fortement combattus par le pouvoir politique : le cardinal Malula par le maréchal Mobutu, le cardinal Monsengwo par Mobutu et par les Kabila père et fils.

Comme pasteurs, notre priorité est de changer en profondeur la personne du Congolais. Nous pensons que les maux de notre pays viennent du tréfonds du Congolais : il a perdu le sens des valeurs, de sa responsabilité. Notre priorité est de l’évangéliser, le reste viendra ensuite.

Mais l’élite politico-économique n’est-elle pas la première responsable de ce chaos ?

Card. A. : C’est leur faire beaucoup d’honneur que de les appeler « élite ». Ceux qui nous dirigent voient à court terme. Ils endossent en effet une responsabilité majeure dans l’état catastrophique dans lequel se trouve notre pays. Cependant, comment expliquer que le peuple accepte de vivre dans tant de misère et d’injustice ? Il ne réagit pas, il accepte tout.

Lorsque les Congolais ont manifesté, on leur a tiré dessus, leurs leaders ont été arrêtés. Face à ce pouvoir, que faire ?

Card. A. : La liberté, la dignité ont un prix. Vous ne pouvez pas prétendre vivre dignement sans en payer le prix. J’ai plus de considération pour un peuple qui se soulève que pour un peuple qui croise les bras pour ne pas se faire tuer.

N’avez-vous pas vous-même fini par « croiser les bras » face au président Félix Tshisekedi dont vous aviez dénoncé l’élection frauduleuse, il y a quatre ans ?

Card. A. : Nous savons que son élection a été une tromperie, nous l’avons dit. Or, la communauté internationale a reconnu cette élection. Comme archevêque de Kinshasa, je n’ai pas le pouvoir de faire bande à part. Le bon sens a voulu que nous composions avec lui et que nous l’accompagnions dans son travail pour le bien du pays.

Le pape va recevoir des victimes du Kivu. Que va-t-il pouvoir leur dire ?

Card. A. : Connaissant son mode de fonctionnement, je crois qu’il va leur montrer toute sa sollicitude pour les accompagner sur la voie de la guérison. En venant ici, François s’engage en quelque sorte à accompagner ces victimes afin que la cause de leur souffrance cesse.

Quelle est la cause de leur souffrance ?

Card. A. : Je crois que ceux qui s’en prennent au Rwanda ont raison. Ce pays est derrière la rébellion du M23 et il pille nos richesses pour son seul profit. Ceux qui s’en prennent à nos hommes politiques ont aussi raison. Certains sont des entrepreneurs de guerre qui profitent du chaos pour exploiter les mines. Ceux qui s’en prennent aux multinationales et aux puissances étrangères ont également raison : ces dernières ont besoin de nos minéraux pour leurs industries, elles ne sont pas étrangères à la catastrophe humaine qui s’y déroule.

Recueilli par Laurent Larcher (à Kinshasa)


Africa.la-croix / MCP, via mediacongo.net
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