
Politique
''C'est encore clair, c'est blanc comme neige, la Force régionale a un mandat offensif. Je demande à quiconque de me produire un document contraire qui, dans son écriture et dans son esprit, ne dit pas cela", explique Christophe Lutundula, alors que, pratiquement 3 mois après son déploiement progressif dans l'Est de la RDC, cette Force est accusée de passivité par les habitants de Goma au Nord-Kivu qui ont d'ailleurs organisé des manifestations pendant 4 jours consécutifs pour lui exiger d'entrer en offensive contre le M23 ou carrément de quitter le sol Congolais.
Lors d'un briefing presse co-animé avec le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya, le vice-Premier ministre chargé des Affaires étrangères reconnaît que ''la Force régionale n'a pas encore satisfait à nos attentes. Elle n'a pas encore rempli sa mission comme convenu et il faut qu'elle la remplisse, sinon elle ne servira à rien, sinon ça sera l'institution qui va se décrédibiliser".
Malgré cela et pendant qu'un nouveau plan de déploiement a été rendu public après une rencontre des chefs d'état-major de la région, il estime que ''nous ne sommes pas dans la perspective de la fin du SOFA (Accord des statuts des forces signé avec l'EAC pour la force régionale), quoique dans l'analyse, on peut être pessimiste mais dans l'action, nous voulons être optimistes. S'il s'avère que ça n'a servi à rien, il faudra qu'on se comprenne bien avec nos partenaires, on ne va pas se créer des problèmes".
Possible partenariat avec un autre pays
Christophe Lutundula n'exclut pas non plus un partenariat bilatéral avec un autre pays de l'EAC, très probablement le Kenya.
''Il n'est jamais dit quelque part qu'on exclut la coopération bilatérale avec le Kenya ou tout autre pays qui peut apporter une contribution positive. Aujourd'hui, s'il s'avère que la bilatérale avec le Kenya est plus efficace, dites-moi pour quelle raison on refuserait ? Il y n'en a pas. Donc tout est ouvert", tranche-t-il.
''Nous avons besoin de solutions rapides, de travailler pour le développement de notre pays, d'avoir de bonnes élections, nous avons besoin d'avoir la paix dans notre pays. Mais tout ce qui ne contribue pas à la paix, ça ne sert à rien de le garder".
Les seuls à respecter le processus politique
''Nous sommes les seuls à avoir appliqué le processus politique. Le président de la République lui-même s'est déplacé à Nairobi la première fois pour parler à tous les groupes armés, la deuxième fois, sous la supervision du président Kenyatta. Avant cela, il y a eu la descente à l'intérieur du pays et on a parlé avec au moins 54 groupes armés", explique le chef de la diplomatie Congolaise.
"J'aimerais qu'on nous dise un seul instant si de l'autre côté du Rwanda il y a eu ne serait-ce qu'une seconde de dialogue politique entre le président Kagame et les opposants qu'on nous flanque à la figure comme si nous étions une industrie pour produire des FDLR".
Marathon diplomatique à Addis-Abeba
"Nous avons la semaine prochaine une série de rencontres à Addis-Abeba. Il y aura le vendredi 17 novembre une rencontre du genre mini-sommet de Luanda avec les présidents Lourenço, Ndayishimiye, j'espère que le président Kagame sera là, Uhuru Kenyatta et le président Ruto pour voir un peu ce qui se passe et ce que nous devons faire", annonce-t-il.
"Pour nous la RDC, il n'y a pas de secret, il n'y a pas deux voies et c'est clairement dit dans le communiqué que j'ai signé, il n'y a pas autre voie que d'appliquer avec rigueur, à la lettre virgule après virgule, point après point, la feuille de route conjointe Nairobi-Luanda qui a été acceptée par les Chefs d'États concernés le 23 novembre et soutenu par la communauté internationale", insiste Christophe Lutundula, rappelant que "notre ligne est celle-là et on ne doit pas la modifier".
Dribblé par le secrétaire général de l'EAC
''Il y a deux communiqués finaux. Celui de Sharm El Sheik. Nous avons fait des remarques et il nous a été rassuré que la version qui va sortir sera corrigée. Mais qu'elle n'a pas été notre surprise très désagréable de voir que le secrétaire général de l'EAC en a fait à sa tête", déplore le vice-Premier ministre.
''Je suis ministre des Affaires étrangères, je parle, on va lui rapporter, il va lire, qu'il cesse de faire ça", ordonne-t-il sur un ton de déception. C'est le deuxième coup qu'on nous fait", rappelle-t-il
Il faut un cessez-le-feu
''Nous n'avons pas changé d'un iota notre compréhension du terme cesse-le-feu. C'est le cessez-le-feu qui doit s'entendre de ce que le M23 et le Rwanda doivent déposer les armes, ils doivent cesser d'attaquer les FARDC et la Monusco", explique Christophe Lutundula.
"C'est clair pour nous, c'est blanc comme neige. On ne peut pas vouloir par l'expression cessez-le-feu, dire que les FARDC, armée régulière, force de la République, ayant des prérogatives, des obligations qui touchent aux compétences régaliennes de l'État, notamment la défense du territoire national, on ne peut pas dire que les FARDC croisent les bras et regarde faire, regarde détruire la République et la nation".
Cependant, souligne-t-il, ''nous ne sommes pas de va-t-en-guerre. Si le M23 et l'armée rwandaise cessent d'attaquer, se retirent, on ne donnera pas raison de faire de la provocation mais nous assumerons notre devoir de défendre la République et les citoyens. Il faut que cela soit clair pour tout le monde. Nous ne sommes pas naïfs et nous ne sommes pas non plus faibles", prévient Christophe Lutundula.
"Pour nous, nous sommes ouverts au dialogue interne et externe, mais il y a un environnement qu'il faut créer. Un environnement qui permet l'accalmie, la sérénité et le retour de la confiance. Ça ne sert à rien de donner l'impression de faire une pièce de théâtre", précise-t-il.
''Vous ne pouvez construire une perspective de paix que s'il y a confiance mutuelle et un engagement ferme. Et pour nous, le climat de confiance, c'est la cessation des hostilités, retour des compatriotes à leur domicile et le PDDR-CS", rappelle Christophe Lutundula
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