
Politique
Les récentes sanctions du Département du Trésor américain contre M. Joseph Kabila, ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), ont été considérées comme le « reflet d’une vérité longtemps étouffée par le cynisme diplomatique », par le ministre du Commerce extérieur, dans un document consulté dimanche par l’ACP.
« Les récentes sanctions du Département du Trésor américain contre l’entourage et les intérêts de Joseph Kabila ne sont pas de simples mesures administratives ; elles sont le reflet d’une vérité longtemps étouffée par le cynisme diplomatique. (…) Aujourd’hui, la jonction avérée entre Joseph Kabila et le M23 n’est plus une théorie du complot, mais une réalité géopolitique que les sanctions américaines viennent valider », a écrit Julien Paluku sur son compte x, soutenant que « l’histoire récente de la RDC ressemble à un théâtre d’ombres où le sang du peuple a servi d’encre aux accords secrets ».
« Ces sanctions ne sont pas prises en une semaine, elles reposent sur des preuves documentées et solides : blanchiment de capitaux, circuits de financement, corruption systémique, affaiblissement de l’armée, déstabilisation sécuritaire », a relevé cet ancien gouverneur de la province du Nord-Kivu, dont le chef-lieu, Goma, est actuellement sous occupation rwandaise.
Cette personnalité politique a distingué trois principaux épisodes, pour comprendre la profondeur du « jeu de dupes » qui a paralysé l’Est du pays, lesquels épisodes étaient présentés jadis comme des « faits divers militaires ».
Pour M. Paluku, le 1er épisode est l’exfiltration de Laurent Nkunda en 2009. « En janvier 2009, alors que Laurent Nkunda opérait entre Bunagana et Masisi, nous apprenions avec surprise son arrestation… au Rwanda. Le prix de cette +livraison+ ? Le lancement de l’opération Umoja Wetu, autorisant l’entrée de l’armée rwandaise sur notre sol sous prétexte de traquer les FDLR. Une opération éclair d’un mois (25-01 au 25-02-2009) qui, rétrospectivement, ressemble davantage à une consolidation d’influence étrangère qu’à une mission de sécurisation », a-t-il écrit.
Le deuxième épisode renvoie au « Miracle de Bosco Ntaganda » en 2013, a renchéri Julien Paluku. « Comment un seigneur de guerre traqué à Rutshuru a-t-il pu traverser tout le territoire rwandais pour se retrouver le 18 mars 2013 à l’Ambassade des États-Unis à Kigali sans être intercepté par l’un des services de renseignement supposés les plus stricts de la région ? La réponse est simple : la complicité entre Joseph Kabila et Paul Kagame », a-t-il expliqué.
M. Paluku a renchéri avec le troisième épisode qui, pour lui, concerne « le sabotage » de la victoire sur le M23 (2013-2014).
« Alors que les FARDC écrasaient militairement le M23 le 5 novembre 2013, Joseph Kabila a imposé une décision incompréhensible : obliger l’armée à signer en 2014 une « déclaration de fin de guerre » avec un ennemi déchu et réfugié au Rwanda et en Ouganda. On aurait cru que les troupes au front étaient allées plus vite que ne le souhaitait le Commandant Suprême. Et au lieu de célébrer la victoire à Goma, Joseph Kabila a préféré une étrange procession routière depuis Kisangani, tel un marathonien cherchant à gagner du temps. Il est arrivé à Goma un mois après (décembre 2013) », a également expliqué cet ancien élu du Nord-Kivu.
« Aujourd’hui, cette mise en scène apparaît clairement comme une stratégie visant à camoufler l’éclatante victoire des FARDC pour ne pas froisser les parrains de la rébellion. Pendant que nous pleurions nos morts par millions, des accords de coulisse entre Joseph Kabila et Paul Kagame sacrifiaient notre souveraineté sur l’autel d’intérêts privés », a-t-il déploré.
Il aura fallu, a-t-il soutenu, l’avènement de Félix Tshisekedi pour que ce verrou saute et que les masques tombent.
Par ailleurs, Julien Paluku, en a profité pour réveiller la conscience nationale, face à cette réalité historique devant laquelle l’avenir de toute la Nation est mis en épreuve.
« Dieu ne dort pas, et l’histoire est un juge implacable. À ceux qui, par calcul ou par naïveté, participent encore à cette machine infernale visant à « sauver » les intérêts de l’agresseur : ravisez-vous. Souvenez-vous du destin de Jonas Savimbi ; une fois qu’un pion ne sert plus les intérêts de ses maîtres, il est impitoyablement sacrifié », a-t-il conclu.
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