
Société
À la fin du régime Kabila, ils avaient défié les forces de l’ordre en brandissant le carton rouge à l’ancien président, synonyme de la fin de son régime. Le 13 mai, les laïcs catholiques vont battre le pavé aux côtés de l’opposition. Les deux font désormais bloc pour exiger du pouvoir les gages d’un scrutin crédible, transparent et inclusif.
Déçu de la gouvernance Tshisekedi, le Comité laïc de coordination (CLC), un collectif proche de l’Église catholique et reconnu par le Vatican, décide de revenir au-devant de la scène. Les fidèles catholiques font front commun avec l’opposition pour contraindre le régime à rectifier le tir. Ils chargent le président Tshisekedi de s’être écarté des valeurs pour lesquelles ils ont mené ensemble la longue lutte. “Nous reprenons nos actions de mobilisation nationale et d’envergure”, a annoncé Me Herve Diakiese.
Pas question de laisser le pouvoir reproduire la copie Kabila

L’activiste refuse d’acter les erreurs de l’ex-opposant arrivé au pouvoir, selon Fayulu, par un arrangement à l’africaine comme l’avait dénoncé l’ancien chef de la diplomate française, Jean-Yves Le Drian. Des années Kabila, les laïcs catholiques avaient payé un lourd tribut pour parvenir à pousser son régime à la porte. Le 25 février 2018, une marche violemment réprimée avait causé la mort de quelques manifestants, dont le visage de la lutte anti-glissement, Rossy Mukendi. Ils enragent aujourd’hui de voir les tares du pouvoir passé revenir comme si l’alternance était juste une passe en or offerte à ceux qui devaient, par la suite, piller le pays. “Nous ne pouvons pas accepter que les erreurs du passé, celles pour lesquelles nos martyrs ont été tués, soient reproduites par le régime actuel”.

Figure tutélaire de la contestation, Me Hervé Diakese prévient que “son mouvement est prêt à prendre part à toutes les initiatives qui visent à mobiliser la population”. Voilà pourquoi, dit-il, nous serons présents le 13 mai en bonne place dans le cortège à Kinshasa. Autre inquiétude des laïcs catholiques, la tendance à la discrimination et à l’exclusion des candidats qui renforce, à leurs yeux, le sentiment de l’instauration, progressive, de la dictature au pays. Le terme “Congolité” jugé trop clivant est banni de leur jargon. Pourtant, il est évoqué par le duo Tshiani-Pululu pour mobiliser les Congolais à rejeter leurs compatriotes nés d’un des parents étrangers.
L’épiscopat congolais n’approuve pas la loi Tshiani, œuvre d’un bras séculier du pouvoir. Depuis quelques mois, les laïcs catholiques pressent le régime à renoncer à une initiative qui risque de faire basculer le pays dans la violence. Le texte à connotation raciste a été soumis à l’examen à l’Assemblée nationale. Malgré son caractère anticonstitutionnel et son rejet en première instance par le bureau d’études de la Chambre basse, les durs du régime s’entêtent à le faire passer par la force. Si cette loi passe, elle éliminerait de la course à la présidentielle leur principale cible, Moïse Katumbi, dont l’un des parents est étranger. D’autres Congolais seront aussi discriminés. Ce qui peut provoquer des troubles. Un danger à éviter s’il faut considérer ce qui se passe en ce moment au Soudan, peste un diplomate africain.

À haute voix, l’organisation d’obédience catholique conteste le droit que s’arroge l’Union sacrée pour tamiser les candidats à la présidentielle avec une loi liberticide. Face au déni, opposition et mouvements pro-démocratie s’unissent pour obtenir du pouvoir des gages pour des élections transparentes, crédibles, inclusives et réellement indépendantes. Les diplomates occidentaux avaient déjà averti à plusieurs reprises les dirigeants politiques sur le chemin glissant qu’ils empruntent. Malgré cet imbroglio, ils exigent clairement des élections transparentes, apaisées et inclusives. Difficile de croire que leur appel a été ou sera entendu. Mais pour contrer le passage en force du pouvoir, la rue va gronder jusqu’au mois de décembre, tranche un militant de la Lucha. “Il est question, avertit un ténor de Lamuka, de faire entendre la voix de la raison aux partisans du deuxième mandat de Félix Tshisekedi”.
La décision du CLC de participer à la marche a été prise samedi dernier à l’issue de son assemblée extraordinaire. Les laïcs catholiques étaient à l’origine de plusieurs manifestations pour notamment réclamer la non-représentation de Joseph Kabila à la présidentielle de 2018, arrivé fin mandat en 2016.
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