
Politique
En dépit des sales temps vécus avec le régime Tshisekedi, les opposants congolais confirment leur meeting populaire de ce samedi 17 juin 2023 au terrain Sainte-Thérèse de N’djili. Un rendez-vous qui n’enchante pas les tenants du pouvoir qui menaceraient de barricader le site au motif d’y effectuer des travaux de réfection du terrain. Au cours d’un entretien matinal jeudi sur Télé 50, l’opposant Prince Epenge a averti que l’opposition exercera son droit constitutionnel et tiendra bel et bien son activité.
Un meeting de révélations et de vérité est confirmé par les 4 généraux de l’opposition congolaise pour ce samedi 17 juin 2023 à Kinshasa. Martin Fayulu Madidi, Moïse Katumbi Chapwe, Matata Ponyo et Sesanga Hipungu n’entendent pas lâcher d’une semelle la lutte acharnée pour des élections crédibles et inclusives en République démocratique du Congo. “D’après le radical Prince Epenge, président du parti politique ADD-Congo et membre de la coalition Lamuka, la marche est un acquis constitutionnel : « Nous allons marcher, c’est notre droit constitutionnel”, a-t-il rasséréné. Une action qui intervient après le sit-in empêché devant le siège central de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) le 25 mai et la marche réprimée le 20 mai dernier. Les quatre leaders ont également subi plusieurs pressions, intimidations et harcèlements sous diverses formes. La preuve, Salomon Idi Kalonda, conseiller spécial et politique de Moïse Katumbi, a été arrêté le mardi 30 mai à l’aéroport de N’djili après l’interdiction faite à Katumbi d’entrer au Kongo central, le mardi 23 mai, sur ordre du gouverneur de cette province. Le 27 mai, alors qu’il était arrivé tôt le matin à 9 h 30, pour animer sa conférence avec les étudiants à Kenge au Kwango, l’opposant Augustin Matata Ponyo fut interdit d’accéder à la salle. Il s’en est suivi une terrible traque contre les mêmes opposants et certains membres de leurs familles. Toute cette série d’importunités n’a pas fait fléchir l’opposition qui est restée droit dans ses bottes.
Meeting de révélations et de vérité

« C’est un meeting de vérité. Nous allons donner une direction claire à la population. Que ça soit le président élu Martin Fayulu, que ça soit Moïse Katumbi, que ça soit Matata Ponyo ou Delly Sesanga, Epenge comme le professeur Kalele, actuel coordonnateur de Lamuka, tous porteront un seul et même message pour réclamer des élections inclusives et éviter le chaos » a fixé le téméraire bras droit de Fayulu. Les ténors de Kamuka, d’Ensemble pour la République, de LGD et d’Envol promettent de donner une véritable orientation politique au peuple congolais, lui tracer une ligne de conduite et fixer le cap pour les échéances électorales en République démocratique du Congo.
Après le meeting, une gigantesque marche le 21

Prince Epenge confirme également une nouvelle démonstration populaire des 4 leaders le 21 juin prochain à Kinshasa. Cette marche partira de la place Pascal à la Tshangu jusqu’à la première rue Limete. « Aucune disposition constitutionnelle n’accorde le droit à Gentilly Ngobila de décréter une partie de la ville comme une zone neutre », prévient Epenge. L’opposant a mis en garde la mairie contre toute tentative de contrecarrer cette marche. Les deux actions, dit-il, visent aussi à dénoncer l’insécurité qui se stabilise durablement dans plusieurs coins de la République. Occasion pour Epenge de s’insurger contre Félix Tshisekedi. Alors que le premier anniversaire de l’occupation du territoire congolais par le Rwanda intervenait le 14 juin, Félix Tshisekedi fêtait son anniversaire de 60 ans d’âge. « Les Congolais ont pleuré une année d’occupation de Bunagana qui est dirigé par Museveni. La cité est dirigée par Museveni. Pour preuve, ce matin, lorsque les services font rapport de la situation du pays à Félix Tshisekedi, la situation de Bunagana est présentée à Museveni. Même sous Kabila, on n’a jamais connu ça. Une partie du Congo est dirigée par Félix Tshisekedi et une autre partie du Congo dirigée par Museveni », a tempêté Epenge.
Quelle mobilisation pour l’opposition d’aujourd’hui ?

Le président de l’ADD-Congo a prévenu le pouvoir sur le caractère imprévisible du peuple congolais. “Le président Macky Sall du Sénégal devient tout petit. Mais il y a trois semaines, il s’entêtait de vouloir briguer un troisième mandat. Aujourd’hui, il est rentré dans ses petits souliers”, a-t-il interpellé. Répondant aux critiques selon lesquelles l’opposition sans l’UDPS ne représenterait pas une véritable force de pression sur le pouvoir, Epenge répond que les Congolais sont capables de grandes choses. « Souvenez-vous des évènements du 4 janvier 1959. Souvenez-vous de la marche des chrétiens du 16 février 1992 pour exiger l’ouverture de la Conférence nationale souveraine fermée le 19 janvier 1992 par l’ancien Premier ministre, Nguz-a-Karl-I-Bond et qui fut réprimée dans le sang », rappelle-t-il. L’histoire, c’est la boussole du peuple, explique-t-il. Ceux qui avaient manifesté en 1959, tout comme ceux de 1992, ont tous versé le sang. Et de rappeler que « sous Joseph Kabila, nous avions protesté le 19 janvier 2015 pour dire non à l’ONIP et au recensement précoce de la population, nous avions marché sans l’UDPS et avions paralysé le pays. En ce moment-là, l’UDPS négociait avec Kabila, cherchant à pistonner Félix Tshisekedi comme son Premier ministre. Félix Tshisekedi est un traître de longue date. À l’époque, c’est Bruno Mavungu qui fut secrétaire général et Kapika, leur porte-parole. Nous étions allés les voir pour les conscientiser à nous joindre dans la marche, il nous avait répondu qu’ils étaient en processus avec Kabila », a-t-il détaillé sur Télé 50. « Nous organisâmes cette marche pendant quatre jours, tout était paralysé. Quand nous avions organisé la marche de carton jaune, nous avions tout fait stopper », a-t-il encore rebondi.
L’opposition battra l’UDPS

Le meeting de samedi se veut être un rassemblement de révélations. Les dessous des cartes de la non-organisation des élections par le régime de Félix Tshisekedi. « Félix ne prépare pas les élections, il prépare le chaos », tonne Prince Epenge considérant que celui qui prépare la fraude fait le lit du chaos. Ce ténor de Lamuka place la barre très haut, estimant que rien qu’à Kinshasa, l’Union sacrée et l’UDPS ne peuvent pas faire le poids face à l’opposition. « À Kinshasa, connaissez-vous un seul membre de l’UDPS qui, si les élections sont organisées de façon transparente, peut me battre, moi, Prince Epenge ? Aucun. Parce que mes adversaires, c’est l’UDPS, l’adversaire de Fayulu, c’est Félix Tshisekedi. Qu’elle est cette personne que Félix Tshisekedi peut désigner comme candidate ici à Kinshasa et qui peut me battre, il n’y en a pas. Même Augustin Kabuya sera candidat à Ngandajika. Pourquoi a-t-il choisi d’aller se recroqueviller sur un suffrage ethnico-tribal, c’est parce qu’il a peur de Kinshasa. Personnellement, si je décide de descendre à Lodja aujourd’hui, je suis transporté en tipoy. Car au Sankuru, après Lumumba, la deuxième personne que le peuple transportera en tipoy, c’est moi, Prince Epenge. Les autres personnalités, comme Lambert Mende et autres, se le font faire pour l’argent », a-t-il vitupéré.
CENI consensuelle, fichier électoral crédible et Cour constitutionnelle crédible

Les revendications des opposants d’hier et d’aujourd’hui sont restées intactes. Seul le régime issu de l’opposition a tout oublié en cherchant à reprocher aux opposants leurs récriminations actuelles. « À l’époque de Kabila, lors d’une conférence aux États-Unis d’Amérique, aux côtés de Martin Fayulu et Félix Tshisekedi, le professeur André Mbata de l’UDPS avait déclaré que la Constitution de la République démocratique du Congo est la meilleure des Constitutions du monde. Dans le sens que la Constitution du Congo donne droit au peuple de se rebeller, de renverser même un régime », fin de citation. Et d’ajouter que quand le régime de Joseph Kabila avait bloqué la CENI, la Cour constitutionnelle et le fichier électoral, Mbata avait dit : je cite « nous ne pouvons pas aller aux élections avec ce fichier ». Aujourd’hui, stigmatisera-t-il, quand Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Matata Ponyo et Delly Sesanga diront que ce fichier est frauduleux, que cette CENI est irrégulière et que cette Cour constitutionnelle n’est pas consensuelle, « les mêmes revendications d’hier quand nous les répétons aujourd’hui, on nous traite de fous », s’est étonné Prince Epenge. Pour cet opposant radical, le président Tshisekedi a pris la décision d’un passage en force. « Nous ferons notre meeting ce samedi à partir de 9 h. Que les habitants de la Tshangu, de Mont-Amba, de la Funa et Lukunga fassent le pied pour rejoindre le terrain de Sainte-Thérèse » a-t-il mobilisé.
Face aux informations faisant état d’une intention des autorités de Kinshasa de chercher à perturber le meeting, Prince Epenge est resté extrêmement sévère : « Nous apprenons que l’on veut clôturer le terrain de Sainte-Thérèse en y plaçant des tôles soi-disant pour réhabiliter le stade. Nous avertissons l’opinion, quiconque avancera cette idée, poussera le peuple à se prendre en charge », a-t-il prévenu.
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Ils nous font confiance
Les quatre leaders de l’opposition bloqués sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa par une barrière métallique de la police le jour du sit-in. Ils entendaient protester contre la fraude électorale que prépare, selon eux, le leadership de la CENI @Photo Dro