
Politique
Depuis quelques mois, la diplomatie rwandaise connaît une profonde panne sèche. Face au Béton congolais, Kigali respire difficilement. La question du M23 que Paul Kagame a résolu de porter sur la tête n’est plus une marchandise commercialisable. Uhuru Kenyatta qui tente de recoller les morceaux à partir de Goma, à toujours du mal à convaincre les deux frères ennemis. Les deux se boudent, s’évitent et restent à couteaux tirés.
C’est très difficile de discuter avec le Rwanda puisqu’il renie son véritable rôle. Qui plus est, il veut nous ridiculiser en nous envoyant un groupuscule d’individus qui ne sont que des faire-valoir supplétifs, cherchant à ce que nous allions dans des discussions avec eux pour retomber dans les travers du passé, c’est-à-dire, après les discussions, un groupe va essayer de rentrer dans les institutions, principalement l’armée, l’autre groupe va faire dissidence, pour rester en réserve et se préparer à d’autres agressions, avait déclaré, de manière musclée, Félix Tshisekedi le 6 juillet 2023, à Kinshasa, à l’occasion de la visite de son homologue sud-africain, Cyril Ramaphosa.
Le chef de l’État congolais ne se laissera pas faire dans un dossier qu’il a eu le temps de maîtriser dans ses moindres détails. Par contre, Paul Kagame n’a plus rien à espérer dans le sens de la pérennisation de son entreprise d’exploitation des ressources naturelles en République démocratique du Congo. Depuis peu, Tshisekedi déploie partout ses envoyés, les vice-premiers ministres, Christophe Lutundula et Jean-Pierre Bemba ainsi que le min’État Antipas Mbusa Nyamwisi. La réunion consacrée à la crise sécuritaire qui sévit dans l’est de la RDC ouverte mercredi 12 juillet, à Goma (Nord-Kivu), en présence d’Uhuru Kenyatta, facilitateur désigné par l’EAC a connu la participation de plusieurs parties prenantes dont la cheffe de la Monusco, les représentants des USA, de la France, de la Belgique et de la Suisse en qualité d’observateurs.
À l’ouverture, l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta a indiqué que la réunion visait à trouver une résolution pacifique pour le peuple congolais et la RDC. « Nous sommes dans la suite du processus de Nairobi et nous espérons que les Congolais seront en mesure de dialoguer entre eux », a-t-il indiqué dans son mot d’ouverture.
Mais, dialoguer avec qui ?

Plusieurs acteurs régionaux et internationaux ont déjà recommandé le dialogue comme solution à la crise dans l’est du pays. Lors d’une visite la semaine dernière à Kinshasa, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a clairement fait savoir que la résolution de la crise dans l’est de la RDC passe par la négociation. De même, l’Union européenne a indiqué vendredi dernier que “le dialogue politique doit être préféré à la confrontation militaire, car les options militaires ne feront que prolonger le conflit et augmenter les souffrances des populations”.
La réunion de Goma a notamment touché l’épineuse question du pré-cantonnement et cantonnement des combattants du M23. Sur cette question, le gouvernement se montre optimiste. Le vice-Premier ministre de la Défense, Jean-Pierre Bemba, qui participait aux travaux par visioconférence depuis Kinshasa, a émis le vœu de succès de cette réunion afin « d’avancer sur la question de pré-cantonnement ». Pendant ce temps, le M23 continue d’affirmer qu’il n’est pas concerné par le processus de cantonnement au moment où le gouvernement congolais refuse le dialogue. Kinshasa dit avoir déjà disponibilisé « un terrain viable » à Rumangabo, l’une des principales bases militaires de l’est du pays conquise en novembre 2022 par les forces rwandaises du M23 puis remise à la force régionale de l’EAC en janvier de cette année avec instruction de ne pas y voir les Forces armées de la RDC.
Dans cette impasse, Uhuru Kenyatta presse les parties au conflit à permettre le retour des déplacés pour qu’ils prennent part aux élections attendues en République démocratique du Congo. « Nous voulons aussi voir comment travailler ensemble et faciliter le retour de tous les déplacés internes, leur donner la possibilité de rentrer chez eux. Aussi, s’assurer que la RDC travaille pour organiser les élections et un processus électoral inclusif et pacifique pour la population congolaise », a-t-il confié.
Tshisekedi méfiant vis-à-vis de Kagame
“La réalité, c’est que le Rwanda vit de ces agressions à répétition. Cette instabilité entretenue de la RDC profite énormément et économiquement au Rwanda, voilà pourquoi le Rwanda ne voudra jamais discuter et voilà pourquoi la République démocratique du Congo refuse de discuter avec ces pantins qu’on nous présente. Nous, nous disons : il y a désormais un schéma que nous avons tous avalisé qui passait par le cessez-le-feu, le retrait, le cantonnement de ces forces terroristes, et ensuite le programme désarmement, démobilisation et réinsertion. C’est ça que nous demandons et que nous attendons.”, a martelé le président Félix Tshisekedi devant son homologue Cyril Ramaphosa. Pour le président sud-africain, c’est un « conflit d’agression de la sous-région pour lequel toutes les organisations régionales doivent s’impliquer pour trouver une solution ». « Nous serons toujours prêts à soutenir la RDC ». « Nous envisageons même d’avoir un accord bilatéral, mais on en saura plus dans les jours et les semaines à venir », a renchéri le chef de l’État congolais.
Dans les semaines à venir, on en saura plus aussi sur le projet de déploiement des troupes de la SADC, la communauté d’Afrique australe dont font partie les deux pays. Un sommet de la troïka de l’organisation sous-régionale est prévu sur la question mi-août. “Pour l’instant, cette force reste en attente”, a affirmé Félix Tshisekedi, le temps de voir l’évolution de la force est-africaine tel qu’elle se comporte sur le terrain. “Mais le jour où nous nous déciderons, nous adresserons notre quitus à la SADC qui pourra intervenir à tout moment”, a-t-il tranché. Pour Kinshasa, pas de négociation avec le M23, ne cesse de rappeler Félix Tshisekedi. Devant son homologue sud-africain, le président congolais a réitéré son refus de négocier avec le M23.
Les tensions entre Kinshasa et Kigali sont toujours vives suite à l’activisme de la rébellion du M23 qui bénéficie du soutien du Rwanda, comme le confirment les rapports de l’ONU, des ONG, et même des chancelleries occidentales.
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Le président congolais, Félix Tshisekedi, l’ancien chef de l’État kényan et facilitateur du dialogue de Nairobi, Uhuru Kenyatta et le président rwandais, Paul Kagame.