
Société
La Mission de l’ONU en République démocratique du Congo (Monusco, ex-Monuc), qui commence à quitter le Sud-Kivu (est), accompagne tant bien que mal depuis près de 25 ans l’histoire agitée du vaste pays d’Afrique centrale, toujours en proie à des violences armées.
Guerre régionale
La Monuc est créée par la résolution 1279 du Conseil de sécurité du 30 novembre 1999, pour observer un cessez-le-feu entre les belligérants de la “2ᵉ guerre du Congo”, d’une partie la RDC soutenue par l’Angola, la Namibie et le Zimbabwe, et d’autre part l’Ouganda et le Rwanda.

Le Conseil de sécurité exige le retrait des forces étrangères du sol congolais et exhorte les États impliqués dans le conflit à ne plus intervenir dans les affaires intérieures de la RDC.
Missions
Par la suite, le Conseil de sécurité ajoute des missions à la Monuc : aider à l’acheminement de l’aide humanitaire, à la démobilisation des groupes armés, à la reconstruction, à l’organisation des élections, créer des stations de radio et , surtout, protéger les civils, mission au cœur de son mandat actuel.
Plus de 20 000 hommes
Au départ, la force était cantonnée à Goma (Nord-Kivu), Kisangani (Tshopo), Kalemie (Tanganyika) en zone “rebelle”, ainsi qu’à Kananga (Kasaï-central), Mbandaka (Equateur) et Kinshasa en zone gouvernementale .
Au plus fort de ses effectifs, elle a compté plus de 20 000 hommes et son budget annuel était de plus d’un milliard de dollars, ce qui en a fait un temps la plus grande force de maintien de la paix au monde. Progressivement, elle a quitté les régions « pacifiées » et n’est plus présente que dans trois provinces de l’Est : Sud-Kivu, Nord-Kivu, Ituri.
La Monusco compte actuellement quelque 13 500 militaires et 2 000 policiers. Depuis 1999, plus de 400 membres de la mission, civils et militaires, ont été tués dans l’exercice de leur mandat (161 sous la bannière Monuc, environ 260 depuis).
Mal aimée
En 2009-2010, sous la présidence de Joseph Kabila, le gouvernement exige le retrait de la Monuc avant fin 2011, affirmant que le pays est capable de se passer d’une présence militaire onusienne. En 2010, le Conseil de sécurité n’accède que partiellement à cette requête, en particulier de 10% des effectifs de la mission qu’il rebaptise Monusco (Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC).

En 2012 éclate une rébellion menée par le M23 (Mouvement du 23 mars) et soutenue par le Rwanda. En 2013, le Conseil de sécurité crée une « brigade d’intervention » qui, en fin d’année, aide l’armée congolaise à vaincre le M23. Mais celui-ci reprend les armes huit ans plus tard, fin 2021.
En 2022, la Monusco se voit reproché de ne pas combattre les rebelles et, d’une manière générale, d’avoir échoué à protéger les civils face aux groupes armés qui écument l’Est congolais depuis le génocide de 1994 au Rwanda.
De violentes manifestations réclament son départ. Son porte-parole est expulsé de RDC.
Désengagement
Depuis 2018, le Conseil de sécurité envisage un retrait « échelonné » de la Monusco. Mais en 2023, année électorale, le gouvernement du président Félix Tshisekedi, au pouvoir depuis 2019, exige son retrait « accéléré ».
Le 19 décembre, le Conseil de sécurité engage un retrait “progressif” qui doit débuter au Sud-Kivu, avec un départ complet des Casques bleus de cette province d’ici fin avril. Une évaluation de cette première phase décidera ensuite des phases suivantes, qui concerneront le Nord-Kivu et l’Ituri. L’ONU n’a pas fixé de date limite pour le retrait complet, que le gouvernement dit vouloir pour fin 2024.
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Ils nous font confiance
Un casque bleu pakistanais de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (MONUSCO) est vu dans sa base à Kamanyola, dans l’est de la République démocratique du Congo, le 28 février 2024 @Photo de Glody MURHABAZI / AFP.