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Politique

AFC: la plateforme politico-militaire qui offre une vitrine politique au M23 !

2024-03-01
01.03.2024
2024-03-01
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La plateforme Alliance fleuve Congo (AFC) de Corneille Nangaa continue de recruter. Un ancien porte-parole du MLC vient de rejoindre le mouvement, lié à la rébellion du M23, dans l’attente de possibles négociations avec le gouvernement congolais.

Préparer le jour d’après. Le jour où (peut-être) le gouvernement congolais se retrouvera autour de la table des négociations avec la rébellion du M23. C’est en tout cas la stratégie de la plateforme politico-militaire Alliance fleuve Congo (AFC), lancée par Corneille Nangaa. Autour de l’ex-président de la Commission électorale (CENI), on retrouve d’obscurs partis politiques, des mouvements citoyens dont les noms ne sont pas dévoilés, des groupes armés comme le FRPI, les Twirwaneho de Michel Rukunda ou le groupe Zaïre, mais c’est surtout la présence du M23 qui retient l’attention.

Le M23 est actuellement le groupe armé le plus puissant qui sévit dans l’Est congolais et qui contrôle de nombreuses localités des territoires du Masisi, du Rutshuru et du Nyiragongo. Aujourd’hui, la rébellion soutenue par le Rwanda, selon les Nations unies, reste en position de force et bloque les principaux axes d’approvisionnement de la ville de Goma, la capitale du Nord-Kivu.

Cibler Tshisekedi

Lancée quelques jours avant la présidentielle du 20 décembre 2023, l’Alliance du fleuve Congo est d’abord une question de timing qui ne doit rien au hasard. Depuis plusieurs mois, Corneille Nangaa faisait le forcing pour revenir sur la scène politique congolaise, avec pour principale cible le président Félix Tshisekedi dont il avait pourtant proclamé la victoire contestée à la présidentielle de 2018. L’ex-chef de la centrale électorale était d’ailleurs revenu sur les conditions frauduleuses de l’élection de l’actuel chef de l’Etat. Corneille Nangaa avait révélé qu’un accord politique « existait bel et bien » entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi. « Il a précédé la publication des résultats définitifs. J’en suis l’un des co-rédacteurs », a même précisé Nangaa, validant ainsi le tour de passe-passe de la « nomination » de Félix Tshisekedi.

Mauvais calcul

Mais derrière la création d’Alliance fleuve Congo, c’est bien la rébellion du M23 qui est à la manoeuvre. Lors de son lancement à Nairobi en décembre dernier, le chef politique du M23, Bertrand Bisimwa, se trouvait en bonne place aux côtés de Corneille Nangaa sur la photo de famille de la nouvelle plateforme. A l’époque, Nangaa et Bisimwa pensaient surfer sur un rejet de Félix Tshisekedi par les électeurs du scrutin de décembre. Malgré un bien maigre bilan et un échec complet sur le plan sécuritaire avec le retour des rebelles M23 à l’Est, le président sortant a obtenu, officiellement, le score écrasant de 73%, sans aucune contestation populaire. Même si les résultats du scrutin apparaissent des plus douteux, l’Alliance fleuve Congo n’a pas pu s’engouffrer dans un quelconque mouvement de protestation post-élection. Sur ce plan, le calcul politique est raté.

Une nouvelle recrue politique

Mais en s’alliant avec Corneille Nangaa, la rébellion a une tout autre stratégie en tête : préparer une possible phase de négociation avec le gouvernement congolais. Avec Corneille Nangaa, la rébellion peut présenter une vitrine politique avec à sa tête une personnalité reconnue de l’échiquier politique congolais. La plateforme s’est récemment dotée d’un nouveau membre avec l’adhésion de Jean-Jacques Mamba. Comme Nangaa, c’est un fin connaisseur de la politique congolaise qui rejoint le mouvement. Ancien proche du patron du MLC et ministre de la Défense, Jean-Pierre Bemba, Jean-Jacques Mamba a été porte-parole du parti avant d’en démissionner en janvier 2024 pour rejoindre l’Alliance fleuve Congo. Kasaïen, comme le chef de l’Etat, la nouvelle recrue de l’AFC renforce la composante politique du M23. Et c’est le principal objectif du M23 : envoyer des politiques négocier et non des miliaires.

« Se conformer à l’article 64 »

Derrière l’initiative de Corneille Nangaa, certains voient également la main de Joseph Kabila. L’ancien président, dont le parti a boycotté les élections de décembre, ne s’est pas exprimé depuis la réélection de Félix Tshisekedi. Affaiblir celui qui a rompu le pacte de partage du pouvoir de 2018 ne déplairait pas au Raïs, dont beaucoup affirment qu’il n’a pas décidé de raccrocher les gants.

Signe qui ne trompe pas, un ancien cadre du PPRD, le parti kabiliste, a lui aussi rejoint l’Alliance fleuve Congo. Adam Chalwe, directeur de Malaïka TV, une télévision privée émettant depuis Lubumbashi, a été photographié récemment aux côtés de Corneille Nangaa, avant d’être licencié par sa chaîne. Depuis, il a affirmé sur les réseaux sociaux vouloir « se conformer à l’article 64 de la Constitution » congolaise « aujourd’hui bafouée par un conglomérat de malfaisants qui a perdu toute légitimité ». Les objectifs de l’AFC sont clairs : faire tomber le pouvoir de Kinshasa.

Une répétition de l’Histoire

Dans sa conférence de presse, Jean-Jacques Mamba s’en est pris violemment au président Félix Tshisekedi, dénonçant « le tribalisme, le népotisme, la corruption » et « la parodie » des élections du 20 décembre qui se sont prolongée pendant 7 jours. Ironie du sort, c’est Joseph Kabila, avec la complicité de Corneille Nangaa, qui a porté Félix Tshisekedi au pouvoir en tripatouillant les résultats du scrutin.

Celui-là même que l’Alliance fleuve Congo veulent destituer. Pour être clair, aucun observateur averti ne voit l’AFC et le M23 venir renverser le pouvoir à Kinshasa. Le mouvement rebelle est largement impopulaire dans le pays et semble cristalliser tous les maux du Congo. Un rejet largement alimenté durant la campagne électorale par le candidat-président Tshisekedi. Il faut dire que les Congolais voient dans l’aventure de l’AFC de Nangaa comme une répétition de l’Histoire avec l’AFDL de Laurent-Désiré Kabila, qui a plongé le pays dans presque deux décennies de chaos.

Des négociations incertaines

Le pari est donc des plus risqués pour les membres de l’Alliance fleuve Congo. Tout repose sur une possible, mais encore très hypothétique, négociation entre le M23 et les autorités de Kinshasa. Pour l’heure, Félix Tshisekedi a fermé la porte avec toute négociation avec la rébellion. Il exige le retrait du M23 de ses positions et le départ des soldats rwandais du sol congolais pour éventuellement ouvrir des discussions avec son turbulent voisin. Le parlement avait lui aussi fermé la porte à toute réintégration des rebelles au sein de l’armée congolaise.

Les députés souhaitaient mettre fin à « la prime aux rebelles » et au cycle sans fin « démobilisation-réintégration-rébellion ». Mais pour l’instant, Kinshasa n’est pas en position de force sur le terrain militaire. La force régionale de la SADC et les casques bleus verrouillent l’accès des rebelles à Goma, mais le M23 campe toujours sur ses positions. Washington et Luanda poussent Kinshasa et Kigali à se parler, mais rien ne dit qu’en cas de négociations, l’Alliance fleuve Congo soit le principal interlocuteur des autorités congolaises. Dans le camp présidentiel, certains en font même une question d’honneur.


Afrikarabia / MCP, via mediacongo.net
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Il y a 721 jours
MAMPUYA, MAMPUYA, MAMPUYA . Ton dieu Kabila est le premier coupable parce que c'etait bien lui le maître du jeu aux elections de 2018 . Nangaa a seulement executé les ordres. Les 2 complices ont volé la victoire de Fayulu pour l'attribuer à Tshilombo. Soit honnête pour une fois dans ta vie. Ne condamne pas seulement Nangaa mais aussi ton dieu Kabila.

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Il y a 721 jours
(Suite). Mais à travers ses alliés il y'a négociations. Il doit négocier pour ces citoyens en hotage. Tshilombo doit négocier et va négocier, tout simplement parceque il y'a un territoire occupé. Le président de l'Angola est là pour cela. Déjà le fait de demander de faire pression sur le Rwanda à gauche et à droite est une demande de négociation indirecte . Logiquement aucun pays ne va prendre des sanctions économiques contre le Rwanda sans connaître la version des faits de Kagame. Les congolais doivent bien étudier les accords de Luanda et Nairobi.

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Il y a 721 jours
Nanga a plus de responsabilité de quiconque de la situation du pays. Nanga nous a donné 2 clés de lecture de l'histoire et aventure du Tshilombo à la tête du pays. Reprenions ses paroles 1) Tshilombo me connaît bien, il sait d'où il vient, nous venons. 2) j'avais reçu beaucoup des pressions pour accepter la candidature de Tshilombo ( tout le monde connaît que Tshilombo avait présenté un faux papier). La question principale à laquelle nous n'avons pas de réponse, à laquelle nous devons réfléchir. Qui sont les gens qui avaient mis pressions à Nanga, pour accepter la candidature de Tshilombo ? Ne sont ils pas les mêmes qui ont poussé Nanga à entrer dans la rébellion ? Beaucoup avaient refusé de croire à Willy Ngoma qu'ils étaient à Kinshasa pendant 14 mois. Maintenant c'est Tshilombo lui-même qui confirme la nouvelle. Ainsi Nanga a fait ou fait le sale job, en allant plus loin des revendications du M23, c'est à dire le départ de Tshilombo. Nb: le M23 parlait du respect des accords. Tshilombo va négocier et il est en train de négocier. Israël de Netanyahu ne va négocier avec Hamas. Mais à travers ses alliés il y'a négociations. Il doit négocier...

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Il y a 721 jours
Mauvais calcul du M23. Nangaa n’a pas reconnu l’élection de Tshilombo comme président de la RDC . Comment peut-il négocier avec quelqu’un dont il ne reconnaît pas la légitimité ?

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Tshilombo est cuit. Sa 3e femme Nyakeru, d’origine rwandaise a mêlé soutenu que le Rwanda peut prendre les territoires qu’il veut mais nos kokololo donc dans les années 2070 ou 2080 vont récupérer nos terres! Complicité au sommet et Tshilombo a déjà vendu le pays, preuve notre ambassade est ouverte à Kigali et Denise Nyakeru parle chaque jour avec la femme de Kagame

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