
Politique
L’ancien ministre belge De Schriver avait déclaré au moment de l’indépendance de notre pays que pendant des longues années le Congo aura besoin des Belges. « Pour nous, politologues, nous nous posons la question de savoir s’il s’agissait d’une malédiction ou des résultats de la mauvaise colonisation auxquels notre pays devait s’attendre», se demande le Professeur Remy Musungayi Bampale.
À l’heure actuelle, dit-il, « nous pouvons dire que tout est accompli. Parce que rien et rien du tout n’augure le changement de qualité de la vie meilleure auquel le Congolais aspire. Tout est à proprement parler et sans crainte d’être contredit à refaire» .
Premièrement, souligne le Professeur de bonnes manières, « l’espace politique congolais est invivable. Dans les institutions publiques vous avez des acteurs politiques apparemment improvisés c’est-à dire des parvenus qui assument des rôles auxquels ils n’ont pas été préparés, c’est-à-dire la seule préoccupation c’est l’enrichissement pour mener une vie exubérante. »
Que dire des députés et sénateurs issus des dernières élections législatives et sénatoriales entachées des fraudes et corruption massives. Le commun des mortels à ce sujet vient courageusement de dire que l’honorabilité qui entoure ce titre n’a pas sa place aussi bien à l’Assemblée nationale qu’au Sénat.
« L’accès à certaines responsabilités est subordonné non pas aux critères de compétence (expertise, expérience et honorabilité) mais plutôt à l’appartenance au regroupement politique, à l’appartenance tribale ou même clanique, à la corruption, bref aux antivaleurs».
Il suffit d’être politicien pour construire même des maisons à étages sur les caniveaux en pleine avenue au mépris des règles et plans d’urbanisation. Par ailleurs, l’incivisme routier fait parler l’impossibilité de vie dans la capitale Kinshasa où les déchets en matières plastiques jonchent les rues et ruisseaux dans certaines communes de la capitale.
Et lorsqu’il nous arrive d’effectuer un déplacement dans d’autres pays nous Congolais sommes gênés de la politique d’assainissement mis en place, fait-il observer.
Dans un sens comme dans l’autre, l’assainissement de l’espace politique s’impose absolument. À ce sujet, il faut des nouvelles lois issues du Parlement congolais pour verrouiller l’accès aux postes de responsabilité et qui doivent être réservés uniquement à des personnes cultivées et expérimentées, et jouissant d’une bonne moralité au lieu de vivre l’incurie et incompétence dont certains députés et sénateurs font montre au sein des chambres législatives. Et cela dans tous les domaines de responsabilité.
Deuxièmement, souligne le Professeur Remy Musungayi Bampale, « il s’agit de faire régner la culture politique parmi les acteurs et responsables dans tous les secteurs de la vie nationale. Pour cela, grâce au respect des lois, et les règles d’éthique et de déontologie professionnelle« .
Il est impérieux que la mentalité permette de déceler le souci de mieux faire pour le triomphe de l’intérêt général plutôt que l’intérêt personnel.
Nous en voulons pour preuve la rivalité entre politicien et mandataire de l’État dans pratiquement tous les secteurs publics. Même le cumul des fonctions relevant des secteurs indépendants – le ministre de la Justice et le Procureur général de la République où l’empiètement des compétences- a provoqué ce qu’on a appelle aujourd’hui scandale judiciaire congolais.
Les exemples sont légion au point où l’illustration peut nécessiter un développement volumineux. Une thérapeutique indispensable pour endiguer tous les maux que le Professeur Musungayi Bampale ne cesse de décrier consiste en l’amélioration des conditions de travail et l’amélioration sensible des rétributions y attachées car avec un salaire de misère et sans couverture sanitaire et autres avantages nécessités par l’amélioration du travail, de dévouement devient hypothétique et même une perte de temps et d’énergie.
« L’indépendance de la magistrature rend la plupart des magistrats plus véreux et profiteurs au point où certains déplacent le camp de la raison simplement pour s’enrichir, allant jusqu’à, déposséder les paisibles citoyens de leurs patrimoines immobiliers » , dit Rémy Musungayi dégoûté.
C’est à ce sujet que le Chef de l’État, Félix Tshisekedi Tshilombo, n’a pas caché sa déception au point qu’il a donné des sérieux avertissements à ceux qui ont transformé l’administration de la justice en activité lucrative.
En un mot comme en cent, pour le Professeur Rémy Musungayi Bampale, « l‘espace politique nécessite un assainissement avant toute chose» , car ‘ «tous les dégâts dans presque tous les secteurs de la vie sont en grande partie imputables aux acteurs politiques» , analyse-t-il.
À titre illustratif, « au jour d’aujourd’hui, la République Démocratique du Congo vit à l’heure de la dépravation des mœurs en politique où la biologie politique s’observe dans la distribution et l’occupation des postes de responsabilité« , note le Professeur Rémy Musungayi Bampale.
Tenez, « le père est Sénateur, la maman une députée nationale, le cousin ministre, le fils mandataire dans une grande entreprise publique, le petit-fils député provincial… », dénonce ce fin connaisseur et observateur de la société Rd congolaise. « C’est le népotisme à outrance autrement appelé le Darwinisme social », lâche le Professeur Musungayi Bampale.
Vivement le « Cursus honorum » comme dans la Rome antique lorsqu’il s’agissait d’accéder aux postes de responsabilité.
Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.
Les plus commentés
Politique Augustin Kabuya : « Si le peuple congolais décide que Félix Tshisekedi doit continuer avec un troisième mandat, qui suis-je pour m’y opposer ? »
08.04.2026, 11 commentairesPolitique Guerre de camps au sein de l’AFC/M23 : Les torchons brûlent au sein de la rébellion
08.04.2026, 6 commentairesPolitique « Pays à l’arrêt », Olenghankoy accuse les anti-dialogue de blocage
10.04.2026, 6 commentairesOnt commenté cet article
Ils nous font confiance