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Politique

Silence et complicité : l’hypocrisie de la communauté internationale face à l’invasion rwandaise en RDC (Tribune)

2025-01-19
19.01.2025
Afrique
2025-01-19
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Depuis des décennies, la République démocratique du Congo (RDC) subit des crises humanitaires, politiques et sécuritaires d’une ampleur alarmante. Ces crises, alimentées par des agressions répétées de pays voisins, comme le Rwanda, souvent soutenus par des puissances étrangères avides de ses ressources naturelles, dévoilent une hypocrisie criante de la communauté internationale.

Alors que cette dernière déploie une énergie considérable et des moyens colossaux pour d’autres crises mondiales, comme en Ukraine ou au Moyen-Orient, elle adopte une posture de passivité face au drame congolais. Ce contraste est d’autant plus choquant que la RDC, avec ses innombrables richesses minières et forestières, contribue de manière significative à l’économie mondiale, notamment dans la production de technologies de pointe.

Ce silence assourdissant est une forme de complaisance qui permet à des groupes armés et des régimes complices de perpétrer des exactions sur le sol congolais en toute impunité. Pendant que des millions de Congolais subissent les conséquences d’une instabilité chronique – déplacements forcés, violences sexuelles, massacres et pauvreté écrasante – les grandes puissances préfèrent fermer les yeux, préoccupées par leurs propres intérêts stratégiques et économiques.

Il est également crucial de noter que cette attitude n’est pas seulement le reflet d’un manque de volonté politique, mais aussi d’une stratégie délibérée visant à maintenir la RDC dans un état de fragilité. En maintenant une instabilité récurrente, les puissances étrangères et leurs partenaires locaux accèdent plus facilement aux ressources stratégiques du pays, notamment le coltan, le cobalt et d’autres minerais indispensables aux industries technologiques. Cette exploitation, couplée à une indifférence généralisée, constitue un affront non seulement au peuple congolais, mais à l’idée même de justice et de solidarité internationales.

Face à cette situation, il est impératif d’adopter une réflexion critique et de promouvoir une mobilisation ferme, tant au niveau national qu’international. La RDC ne peut plus attendre que des solutions viennent de l’extérieur. Elle doit puiser dans la résilience et la détermination de son peuple pour revendiquer sa place légitime sur la scène internationale et exiger que justice soit faite. Cette lutte pour la dignité et la souveraineté n’est pas seulement une priorité congolaise, mais un impératif moral pour le monde entier.

Les récentes crises internationales ont illustré à quel point la communauté internationale peut agir rapidement pour protéger la souveraineté et les droits humains. Pourtant, lorsque la RDC, riche en ressources mais meurtrie par des conflits, appelle à l’aide, les réponses sont lentes et superficielles. Cette indifférence contraste fortement avec les interventions résolues observées ailleurs.

Comment expliquer qu’un pays comme le Rwanda, pointé du doigt pour son soutien à des groupes armés responsables de massacres en RDC, continue de recevoir un appui financier et diplomatique de puissances mondiales ? Cette contradiction illustre une stratégie géopolitique motivée par l’accès aux richesses naturelles congolaises plutôt que par une préoccupation pour le bien-être de son peuple.

Comme le disait Thomas Sankara : « L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Seule la lutte libère. » Cette citation nous interpelle directement. Nous ne pouvons plus attendre que des acteurs extérieurs éclairent notre chemin. C’est à nous, Congolais, de briser cette logique d’exploitation et de dépendance.

La trahison interne : Un obstacle à la souveraineté et à la paix

L’hypocrisie internationale face à la crise en République démocratique du Congo (RDC) ne saurait prospérer sans la complicité de certains acteurs au sein des institutions nationales. Motivés par des intérêts personnels ou le désir de préserver des privilèges, ces derniers collaborent avec des puissances étrangères, fragilisant la souveraineté nationale et perpétuant un statu quo destructeur. Comme l’a souligné Reno (1998), « les élites politiques dans les États fragiles exploitent leurs liens avec des intérêts étrangers pour consolider leur pouvoir personnel, au détriment des institutions étatiques. »

Cette trahison se traduit par des accords secrets avec des multinationales, l’exportation illégale de ressources naturelles, et des alliances avec des groupes armés soutenus de l’extérieur. Dans l’est de la RDC, ces complicités aggravent les cycles de violence, comme l’a noté Harper (2019), qui souligne que « les alliances locales et internationales en RDC rendent la paix presque impossible à atteindre. »

Un des piliers de cette dynamique est l’impunité généralisée. Selon Chege (2002), « l’impunité institutionnalisée empêche le progrès en Afrique, car elle protège les dirigeants corrompus et accentue la souffrance des populations. » En RDC, cette impunité mine la confiance des citoyens dans leurs institutions et bloque tout effort de réforme.

Pour inverser cette tendance, un sursaut national est nécessaire. Lors de son discours aux Nations Unies en 2022, le Président Félix Tshisekedi a déclaré : « La RDC n’est pas une nation à brader. » Ce message doit s’accompagner de réformes concrètes pour responsabiliser les leaders, instaurer une justice indépendante et restaurer la souveraineté nationale. Comme l’a affirmé Nelson Mandela (1994), « la liberté ne peut être atteinte que par un engagement collectif et une volonté inébranlable de lutter contre l’injustice. »

En dénonçant ces complicités et en exigeant des comptes, la RDC peut amorcer un véritable changement et poser les bases d’une nation stable et prospère.

Les efforts du gouvernement actuel : Une lueur d’espoir

Malgré les nombreux défis auxquels la République démocratique du Congo (RDC) est confrontée, les efforts du gouvernement actuel, sous la direction du Président Félix Tshisekedi, représentent une étape cruciale dans la lutte contre la corruption et la restauration de la souveraineté nationale. Lors de son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies en 2022, le Président Tshisekedi a affirmé : « La RDC n’est pas une nation à brader. Nous réclamons la justice et la solidarité internationales pour mettre fin à cette hécatombe » (Tshisekedi, 2022). Ces propos traduisent un engagement ferme à renforcer les institutions de l’État et à protéger les intérêts du pays.

Parmi les réformes notables figure la création de l’Agence de Prévention et de Lutte contre la Corruption (APLC), une initiative essentielle pour combattre la corruption endémique. En outre, des réformes judiciaires visant à garantir l’indépendance du système judiciaire ont été mises en œuvre, bien que leur impact reste limité sans un soutien institutionnel plus large. Mandela (1994) rappelait à juste titre que « la liberté n’est pas un événement, mais un processus continu. » Ces réformes doivent donc être soutenues et consolidées par un engagement constant et des actions concrètes.

Par ailleurs, des mécanismes de transparence sont introduits progressivement pour mieux encadrer la gestion des ressources naturelles et des finances publiques, réduisant ainsi les opportunités de détournements. Selon Transparency International (2023), une gouvernance fondée sur la transparence contribue significativement à restaurer la confiance des citoyens envers les institutions publiques.

Pour renforcer ces efforts, il est essentiel de mobiliser la population congolaise à travers une éducation civique active et une sensibilisation accrue sur leurs droits et responsabilités. Enfin, des alliances stratégiques régionales pourraient permettre de contrer les ingérences étrangères et de promouvoir une coopération basée sur des valeurs communes, comme le soulignait Sankara (1987) : « L’unité africaine est une condition sine qua non de notre survie face aux puissances impérialistes. »

Ces initiatives, bien qu’encourageantes, nécessitent un soutien accru de toutes les parties prenantes, y compris les citoyens, les institutions locales et les partenaires internationaux. Le chemin vers une gouvernance juste et souveraine est encore long, mais ces premiers pas témoignent d’une volonté politique réelle de transformer durablement la RDC.

Assumer notre responsabilité collective

Le destin de la République démocratique du Congo (RDC) ne peut pas reposer uniquement sur les décisions ou les interventions de la communauté internationale. Si cette dernière a souvent montré des contradictions flagrantes en soutenant des acteurs responsables de l’instabilité et en adoptant un silence complice face à nos souffrances, il est essentiel de reconnaître que la responsabilité première de la transformation de notre nation nous revient. Comme Nelson Mandela l’a si bien dit : « Cela semble toujours impossible jusqu’à ce que ce soit fait. » Cette citation, empreinte de sagesse, nous rappelle que les obstacles, bien qu’immenses, ne sont pas insurmontables.

Il est urgent que nous, Congolais, réorientions notre regard vers l’intérieur. Notre responsabilité collective implique de transcender les divisions ethniques, politiques et sociales qui continuent de nous affaiblir. Nous devons cultiver un patriotisme sincère, où les intérêts du peuple priment sur les ambitions personnelles.

Cela commence par une mobilisation populaire pour réclamer une gouvernance juste, transparente et fondée sur des valeurs morales. Chaque citoyen, qu’il soit leader ou simple acteur de la société civile, a un rôle crucial à jouer.

La jeunesse, qui constitue la majorité de la population congolaise, doit être le moteur de cette renaissance. Éduquée et informée, elle a la capacité de défier les pratiques rétrogrades et de porter un message de changement. Des initiatives locales, telles que des campagnes de sensibilisation et des projets communautaires, peuvent devenir des modèles de résilience et d’unité.

Il est également indispensable que les leaders politiques, religieux et culturels adoptent une posture responsable et exemplaire. Comme l’a souligné Kofi Annan (1999), ancien Secrétaire général des Nations Unies : « Aucun pays ne peut progresser s’il n’investit pas dans l’unité et la justice pour tous. » En cessant d’être des instruments des puissances étrangères, ces leaders peuvent catalyser un changement véritable.

Enfin, pour contrer l’hypocrisie internationale et mettre fin aux agressions extérieures, il est impératif de construire une société solide de l’intérieur. Une nation forte, unie et résolue est la meilleure réponse à ceux qui cherchent à profiter de nos faiblesses.

La RDC a tout le potentiel pour devenir un symbole de la renaissance africaine : des ressources abondantes, une population jeune et dynamique, et une histoire de résilience face aux épreuves. Mais ce potentiel ne peut se réaliser que si chaque Congolais accepte de prendre sa part de responsabilité dans la construction d’un avenir meilleur.

Le moment est venu de transformer notre indignation en action et nos divisions en solidarité. Ensemble, nous pouvons non seulement relever les défis présents, mais aussi montrer au monde que la RDC est capable de se relever et de tracer son propre chemin vers la prospérité et la souveraineté.

Références
• Lumumba, P. (1960). Discours à l’indépendance de la RDC.
• Mandela, N. (1994). Long Walk to Freedom.
• Sankara, T. (1987). Discours et idées politiques.
• Tshisekedi, F. (2022). Discours à la 77ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies.
• Nations Unies (2022). Rapport sur la situation humanitaire en RDC.
• Harper, M. (2019). African Conflicts: A Closer Look at Prolonged Violence in Fragile States. Cambridge University Press.
• Lumumba, P. (1960). Discours à l’indépendance de la RDC.
• Transparency International. (2023). Global Corruption Perception Index: Democratic Republic of Congo.
• Annan, K. (2005). In Larger Freedom: Towards Development, Security and Human Rights for All. United Nations.
• Mandela, N. (1994). Long Walk to Freedom. Little, Brown and Company.

Par Jean Aimé Mbiya Bondo Shabanza

Expert en Administration Publique Vice-Président fédéral et Représentant Adjoint en charge de la politique et de la diplomatie dans la fédération de l’UDPS/Tshisekedi aux États-Unis d’Amérique.


Infos27 / MCP , via mediacongo.net
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Il y a 399 jours
Vous parlez trop ici avec des analyses bidons MINOVA vient d'etre tomber sous les mains du M23 Notre cher president est allé consommer notre 2 500 000 USD pour rien au lieu d'aider les soldats sur les fronts. Quel pays de merde!

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Il y a 399 jours
Mais tu veux quoi cher MAMPUYA ? Chacun est libre d'exprimer son opinion même si cela ne te plaît pas. Tu as droit de ne pas aimer son Excellence Félix TSHISEKEDI, Président de tous les Congolais y compris toi, mais sache qu'il est encore là jusqu'en janvier 2029. Tes préférés (Hippolyte Kanambe Kazemberembe alias Joseph Kabila et Martin Pêcheur FAYULU) doivent encore attendre. Votre temps arrivera. Un peu de patience, cher compatriote. Je sais que ça fait mal. Je me mets à ta place et compatis avec toi.

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Il y a 399 jours
( Suite). 6) coups des massues aux FARDC, accusée d'être un nid des infiltrés. 7) début des hostilités M23 Eecc aujourd'hui c'est le changement de la constitution, une constitution jamais appliquée ou respectée, dans le renforcement de l'UNITE du pays. Eecc devant un désastre, de comportement politique interne, des politiciens et intellectuels. La communauté internationale, quelle sa part de responsabilité ? Immaginons pour une fois, la coalition Fcc-cach à gouverner, allons nous avoir cette souffrance et désastre ? À notre avis, parceque les institutions démocratique, allaient empêcher, et se connaître plus pourquoi la présence de Kagame et M23 à Kinshasa, voir la politique d'ouverture vers Kigali et Ouganda. Tshilombo sur top Congo. Dit avoir regretter la fin de la coalition Fcc-cach. Mais il n'a jamais dit, peut-être il n'allait pas commettre tant des bêtises ou erreurs. Plutôt parceque il ne pouvait réaliser son programme ou ses idées. Exactement là où se trouve le pays, c'est à du bon côté de l'histoire. Ainsi laissons pour une fois la communauté internationale de côté, mais à Tshilombo d'assumer ses responsabilités dans cette situation....

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Il y a 399 jours
Nous sommes absolument contre ces genres d'analyses à garder dans le tiroir. En politique le linge sale se lave au parlement. Tenez, pourquoi les intellectuels congolais, l'intelligentsia congolaise est incapable de faire l'autocritique, de regarder sans complaisance sa contribution dans la misère du peuple et le désastre du pays. En place de produire des analyses préfabriquées ? Alternance demo démocratique saluer par tout le monde. Malheureusement suivi des egos, de l'intelligentsia et intellectuels incapables d'anticiper les événements. 1) nomination du Premier ministre, il a fallut une bataille féroce, bien que la constitution était claire 2) Tshilombo va à Washington. Son programme ? Effacer et déboulonner la Kabilie. 3) un discours de moins de 5 minutes. Kabila me bloque, fin de coalition Fcc-cach. Donc un coup de de pied à la constitution. 3) on ne retourne pas aux élections, entre autres parceque la CENI est la même 4) naissance de l'USN. Un second coup de pioche à la constitution. 5) Nous découvrons officiellement la présence du M23 à Kinshasa. Le parlement ne dit mot. 6) coups des massues aux FARDC, accusée d'être un nid des infiltrés. 7)...

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Article suivant Conférence sur l’Est de la RDC : Patrick Muyaya et Samuel Mbemba exposeront, le 25 février à Ottawa, la position officielle du Gouvernement congolais sur trois décennies de conflit
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Article précédent Conférence de Munich : Thérèse Kayikwamba plaide pour une sécurité érigée en socle du développement en Afrique

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