Recherche
  Home Actualités Petites annonces Offres d’emploi Appels d’offres Publireportages C'est vous qui le dites Medias & tendances Immobilier Recherche Contact



Infos congo - Actualités Congo - Ecobank_30012026
mediacongo
Retour

Politique

RD Congo - Rwanda : quelles sont les raisons du blocage diplomatique ?

2025-02-07
07.02.2025
Provinces / Afrique
2025-02-07
Ajouter aux favoris
http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2025_actu/02-fevrier/03-09/rdcongo_rwanda_quelles_sont_les_raisons_du_blocage_diplomatique_.jpg -

Le président rwandais Paul Kagame, à gauche, au Forum économique mondial à Riyad le 28 avril 2024, et le président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi, à droite, à Paris, le 29 avril 2024. © Fayez Nureldine, Ludovic Marin, AFP

Alors que les rebelles du M23 et des forces rwandaises contrôlent désormais la majeure partie de la ville de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, le président Tshisekedi a décliné l’invitation à la réunion organisée mercredi par le Kenya avec son homologue rwandais. France 24 revient sur les raisons du blocage diplomatique.

Des négociations dans l'impasse. La rencontre prévue par le Kenya entre les présidents congolais et rwandais pour aborder l'escalade de la crise sécuritaire dans l'est de la République démocratique du Congo n'a finalement pas eu lieu. Félix Tshisekedi a fait savoir qu'il "ne participera pas au sommet virtuel des chefs d'États de la Communauté des États d'Afrique de l'Est", mercredi 29 janvier, officiellement "pour des raisons d'agenda", selon l'Agence congolaise de presse (ACP).

Sur le terrain, les rebelles du M23 et les forces rwandaises, parvenues à entrer dimanche dans la ville de Goma, en contrôlent désormais les principaux points stratégiques. Cette spectaculaire offensive dans l'est de la République démocratique du Congo s'est intensifiée fin décembre après l'échec de la médiation angolaise, qui a tenté en vain d'organiser des négociations directes entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame.

Mercredi, le président angolais João Lourenço a réitéré son appel à un sommet tripartite d'urgence à Luanda, et appelé au "retrait immédiat du M23 des territoires illégalement occupés" et "des Forces de défense rwandaises du territoire congolais".

Les négociations directes avec le M23, une ligne rouge

Désigné en 2022 par la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) et l'Union africaine (UA) pour piloter ces négociations difficiles, João Lourenço a multiplié les rencontres avec les deux parties afin d'obtenir l'arrêt des combats dans l'est de la République démocratique du Congo en vue de la négociation d'un accord de paix durable. Après la négociation d'une trêve humanitaire puis d'un cessez-le-feu à l'été 2024 – bien que peu respecté –, les dirigeants congolais et rwandais devaient finalement se rencontrer le 15 décembre à Luanda. Mais Paul Kagame n'a finalement pas fait le déplacement.

Selon la partie congolaise, c'est une exigence de dernière minute du Rwanda qui a provoqué l'échec des négociations, Paul Kagame ayant réclamé que Kinshasa ouvre des négociations directes avec le M23. Une ligne rouge pour les autorités congolaises, qui considèrent le groupe rebelle comme des terroristes. "Exiger un dialogue direct avec un groupe terroriste revient à légitimer des agissements qui violent nos lois et principes fondamentaux", déclarait le président congolais le 18 janvier.

De telles négociations seraient par ailleurs contraires à la posture politique de Kinshasa, qui dépeint le M23 comme une "affaire rwandaise", équipée et financée par Kigali pour perpétuer le pillage des ressources naturelles dans l'est de la République démocratique du Congo. Le gouvernement congolais insiste donc pour que cette question soit négociée directement avec le Rwanda, dont il exige le retrait total des troupes présentes dans l'est de son territoire.

La "menace" FDLR

La République démocratique du Congo, mais également l'ONU, la France ou encore les États-Unis accusent le Rwanda de soutenir la rébellion, mais Kigali n'a jamais reconnu officiellement de lien avec le M23. Pour le pouvoir rwandais, son implication militaire dans l'est de la République démocratique du Congo est une question de "sécurité nationale". Il dénonce la collaboration entre les FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) et des milices congolaises, notamment les FDLR (Forces démocratiques de la libération du Rwanda), un groupe d'exilés hutus, comprenant d'anciens génocidaires, opposés au régime de Kigali.

"Les FDLR génocidaires, qui posent une menace directe pour le Rwanda, sont devenues des alliées stratégiques de Kinshasa", a fustigé dimanche le représentant rwandais auprès des Nations unies, Ernest Rwamucyo, lors de la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU.

"Cette crise aurait pu être évitée si le gouvernement congolais s'était véritablement engagé en faveur de la paix" a-t-il affirmé.

Au cours des négociations, la République démocratique du Congo s'était pourtant engagée à "neutraliser" ce groupe rebelle actif dans l'est du pays depuis plus de 25 ans. Un processus en quatre phases avait même été adopté en décembre afin d'aboutir à la démobilisation de ces rebelles.

De son côté, Kinshasa reproche au Rwanda d'utiliser les FDLR comme prétexte pour maintenir ses troupes dans l'est de la République démocratique du Congo.

Frilosité internationale

Enfin, les autorités congolaises estiment les pressions internationales insuffisantes face à Kigali. "Le Rwanda ne peut pas continuer à agir en toute impunité", a alerté dimanche la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, au Conseil de sécurité de l'ONU.

Paris, Washington ou bien encore Bruxelles ont récemment durci le ton, accusant nommément le Rwanda de soutenir le M23 et exigeant le retrait immédiat de ses forces de la République démocratique du Congo.

Mardi, Berlin a annoncé la suspension des discussions sur l'aide au développement pour le Rwanda en signe de protestation. La République démocratique du Congo aimerait que ses partenaires aillent plus loin en imposant à Kigali un embargo total sur les minerais étiquetés comme rwandais. En décembre, elle a déposé des plaintes pénales contre des filiales d'Apple en France et en Belgique, accusant le groupe américain d'acheter des minerais extraits clandestinement sur le territoire congolais. Pour l'heure, aucun des partenaires de Kinshasa ne s'est engagé sur la voie de telles sanctions.

Sur le continent africain, le soutien diplomatique pour la République démocratique du Congo est pour le moins timide. Dans son communiqué du 25 janvier, l'Union africaine a appelé à la reprise du processus de Luanda, sans allusion aucune à la présence des troupes rwandaises dans l'est de la République démocratique du Congo et a qualifié le M23 d'"opposition politico-militaire", suscitant de vives réactions parmi les Congolais.

Pour Bob Kabamba, politologue expert de la République démocratique du Congo, cette frilosité s'explique par la position influente du Rwanda sur le continent mais également des divergences stratégiques entre la République démocratique du Congo et les puissances régionales. "Le Rwanda jouit d'une très grande crédibilité sur le plan africain", souligne-t-il, citant en exemple son rôle fondateur dans la création de la zone de libre-échange sur le continent, ainsi que la puissance de son armée.

Le politologue évoque par ailleurs des frictions entre la République démocratique du Congo et ses partenaires régionaux. "Les organisations régionales avaient demandé à Kinshasa de privilégier la solution politique, ce que Kinshasa a refusé, préférant l'approche sécuritaire", poursuit-il.

Qualifiant l'offensive vers Goma de "déclaration de guerre du Rwanda", le gouvernement congolais a rompu le 26 janvier ses relations diplomatiques avec Kigali et rappelé ses diplomates.

"Nous sommes dans un enlisement diplomatique. Dans cet enlisement, le M23 va continuer à gagner du terrain", déplore Bob Kabamba. "Kinshasa se retrouve aujourd'hui en position de grande faiblesse", conclut-il.


France 24 / MCP, via mediacongo.net
C’est vous qui le dites : 2 commentaires
2874 suivent la conversation

Faites connaissance avec votre « Code MediaCongo »

Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.

Envie de réagir ou de participer ?

Pas de compte ? Pas de problème ! Vous pouvez quand même réagir à un commentaire en cliquant sur un émoji. Pour aller plus loin — commenter, répondre ou contacter un autre utilisateur — connectez-vous à votre compte MediaCongo.

Merci et excellente expérience sur mediacongo.net, première plateforme congolaise.

MediaCongo – Support Utilisateurs


Il y a 435 jours
La raison du blocage ? Il ne veut pas s'endosser la responsabilité du M23 à Kinshasa. Le M23 à Kinshasa était venu pour les diverses fêtes de la famille de Kakonde, Mbata et Kabuya. Il veut que Kagame assume les responsabilités de la guerre à l'est. Un président à responsabilités limitées, mieux sans responsabilité.

Réagir

28
16
2
1
Répondre
Il y a 435 jours
Votre Président n'est plus crédible. Il ne peut continuer à se moquer des ses paires. Du moins il a adouci la honte nationale. En vérité la chute de Goma à apporté, des documents compromettant, en faveur du Rwanda, en dehors des armes pour atteindre le lit de Kagame. Des secrets de défense, non pour combattre les M23 mais Kigali. Pour mémoire, chez Lusakweno il avait dit " j'ai dit aux Américains, que Kagame est en train de se moquer de nous, s'il faut quelqu'un pour l'arrêter, je suis cette personne " Après avoir promis aux Américains de déboulonner la Kabilie. Donc 2 promesses faites aux Américains. Au lieu de s'occuper du quotidien des congolais. Chaque pays a ses fous, mais en RDC ces fous sont à partir du sommet d'Etat.

Réagir

51
17
3
Répondre
right
Article suivant Tshopo : le gouverneur Lendongolia remanie son gouvernement provincial
left
Article précédent Le Sénat en plénière lundi sur l’état de siège et le recensement

Les plus commentés

Politique Patrick Muyaya clarifie ses propos : « Notre priorité demeure la fin de l’occupation »

16.04.2026, 7 commentaires

Diaspora Immigration: La Belgique envisage de refouler un premier groupe de Congolais demandeurs d’asile à partir de la semaine prochaine

17.04.2026, 4 commentaires

Insolite Tension extrême à l’Assemblée provinciale de l’Équateur après la découverte de deux chats morts dans l’hémicycle

16.04.2026, 3 commentaires

Politique Signature d'un accord avec le M23: l’ONU réclame une trêve vérifiable

17.04.2026, 3 commentaires

Ont commenté cet article



Ils nous font confiance

Infos congo - Actualités Congo - confiance