
Politique
Patient Sayiba Tambwe n’a pas mâché ses mots. Suite à la condamnation de l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo par la Cour constitutionnelle dans l’affaire de détournement de fonds publics du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo, l’ancien DG de l’Office de gestion du fret multimodal a, dans une publication acerbe sur X, critiqué vertement la justice congolaise, qu’il accuse d’agir de manière partisane et de protéger certains anciens membres du gouvernement impliqués dans des affaires similaires.
Avec une ironie tranchante, l’ex-mandataire public a raillé la décision judiciaire tout en dénonçant une justice à deux vitesses. « Matata aurait rapidement mené la démarche de changement de nom et devenir par exemple : Matata Kazadi wa Mupompa. Il serait vite reconnu comme père de famille par le « roi soleil » et éviterait, à coup sûr, une condamnation ».
Cette déclaration sarcastique vise clairement l’ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi, dont le nom a été évoqué dans plusieurs controverses financières sans que la justice ne se saisisse officiellement des dossiers le concernant.
Une justice accusée de partialité
Au-delà de la moquerie, Patient Sayiba s’en prend frontalement à la Cour constitutionnelle qu’il qualifie non pas d’institution judiciaire, mais d’un “barza tribal instrumentalisé”. Pour lui, la condamnation de Matata Ponyo ne relève pas du droit, mais d’une machination politique teintée de considérations identitaires et claniques.
“Courage, Cher Frère Mapon, vous n’avez pas été devant la Cour, mais devant un barza tribal instrumentalisé par des primitifs complexés”, a-t-il lancé, faisant allusion à Matata Ponyo Mapon.
Des propos d’une rare virulence qui traduisent un malaise croissant autour de la politisation de la justice en République démocratique du Congo. Sayiba, lui-même ancienne houle du régime Kabila, n’est pas étranger aux joutes judiciaires, car ayant été cité dans des enquêtes lors de son passage à la tête de l’OGEFREM.
Cette sortie médiatique relance le débat sur l’indépendance de la justice congolaise, régulièrement critiquée pour sa propension à cibler certains adversaires politiques tout en épargnant d’autres figures proches du pouvoir. Le timing de cette condamnation de Matata Ponyo, ancien chef du gouvernement (2012-2016) et candidat déclaré à la présidentielle de 2023, n’échappe pas à l’analyse politicienne.
Pour nombre d’observateurs, cette décision s’inscrit dans une stratégie d’élimination politique. Les accusations de détournements notamment dans l’affaire du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo sont devenues un levier judiciaire opportun pour fragiliser des figures de l’opposition ou des voix discordantes.
Par son coup de gueule, Patient Sayiba remet sur la table une exigence de plus en plus pressante au sein de l’opinion publique : celle d’une justice équitable, impartiale, et libérée des influences politiques ou tribales. Son message, bien que provocateur, traduit un malaise réel dans les rouages institutionnels du pays.
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L’ex-Dg de l’OGEFREM, Patient Sayiba Tambwe. @ Photo Droits tiers.