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Société

Kinshasa : des armes en cortège, des questions en rafale

2025-06-05
05.06.2025
2025-06-05
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Photo d'illustration

Il n’est plus rare de croiser dans les rues de Kinshasa des cortèges d’autorités accompagnés de véhicules en suite transportant des policiers ou militaires en uniforme lourdement armés, souvent exhibant fièrement des fusils d’assaut, parfois même des mitrailleuses. La capitale congolaise, déjà sous tension en raison de la situation sécuritaire nationale, semble aujourd’hui traversée par une autre forme de violence : celle symbolique et quotidienne des armes de guerre visibles en pleine ville.

Cette militarisation des cortèges officiels pose plusieurs questions de fond, à la fois sur le rapport au pouvoir, sur la gestion de la sécurité urbaine, et sur le message envoyé à la population.

L’État protecteur ou l’État menaçant ?

L’arme, dans une société civile apaisée, doit rester un outil de protection légitime et encadré, non un instrument de démonstration de force ostentatoire. Or, que signifie pour un citoyen lambda de voir circuler dans sa ville, de manière régulière, des convois armés de fusils de guerre ? Le message implicite est clair : l’autorité se protège, non pas dans la discrétion, mais dans l’exhibition. Ce n’est plus une logique de sécurité, mais de puissance. Et dans un contexte de fragilité institutionnelle, cette puissance devient intimidante.

Cela soulève une question fondamentale : la sécurité des hautes autorités nécessite-t-elle vraiment cette démonstration permanente de force ? Les forces de sécurité n’ont-elles pas été formées pour intervenir avec mesure, notamment dans un espace urbain densément peuplé et vulnérable comme Kinshasa ?

Une insécurité qui ne dit pas son nom

Le port visible et agressif d’armes de guerre dans les cortèges ne reflète-t-il pas une peur implicite, une tension diffuse que l’État ne nomme pas, mais qu’il trahit par sa posture ? Si la capitale Kinshasa est en paix — comme le répètent les discours officiels — pourquoi faut-il exhiber des mitrailleuses au centre-ville ? Si la population est en confiance, pourquoi lui rappeler chaque jour que le pouvoir vit sous la menace ?

Cette posture alimente l’idée d’une insécurité rampante, d’un risque permanent d’attaque ou de trouble, que le citoyen perçoit, mais que l’État ne reconnaît pas officiellement. Et cela crée un climat de psychose latente, qui sape les efforts de reconstruction de la confiance civique.

Quelles armes pour quelles missions ?

La question juridique et opérationnelle se pose également. Quelles sont les armes que les services de sécurité sont autorisés à porter dans les zones urbaines en temps de paix ? Les normes internationales recommandent un usage strictement encadré de l’armement en ville, avec une préférence pour les armes de poing, les équipements non létaux, et les dispositifs dissuasifs. Les fusils d’assaut comme les AK-47 ou les mitrailleuses lourdes sont conçus pour des zones de guerre, pas pour les rues commerçantes d'une capitale.

Alors, pourquoi les voit-on encore dans les cortèges officiels ?

Protéger sans intimider

Le rôle des forces de sécurité est de protéger les citoyens comme les autorités, sans transformer la ville en zone militaire. On peut assurer la sécurité d’un cortège sans exhiber d’armes, comme c’est le cas dans la plupart des grandes capitales du monde. La discrétion, l’efficacité, l’anticipation sont souvent plus utiles que la démonstration.

En outre, le comportement des forces de l’ordre en cortège interroge : pourquoi les armes doivent-elles être visibles, pointées vers les passants, ou dirigées ostensiblement hors des véhicules ? Il est temps que la question soit posée publiquement. Pas pour affaiblir la sécurité, mais pour la repenser dans une logique de confiance, de légitimité et de responsabilité.

Une culture à revoir

Ce débat dépasse la technique policière : il touche à la culture de gouvernance. Une gouvernance qui choisit la peur comme méthode n’aura que la méfiance comme réponse. Une gouvernance qui choisit la confiance comme base, adoptera des symboles de proximité, pas d’intimidation.

L’État doit être fort, certes. Mais sa force ne se mesure pas à la taille des fusils dans ses cortèges, mais à la stabilité qu’il inspire et à la paix qu’il garantit.

 

JTI
congo-press.com (MCP) / mediacongo.net
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Certe, le pays est agressé. La capitale et le chef de l'État doivent avoir

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Il y a 345 jours
cette hyper militarisation des autorités, la quelle autrefois était réservée au roi du zaïre, est synonyme d'un manque hiérarchie, d'un vrai chef au sommet. C'est aussi la conséquence des autorités qui ont décidé d'appauvrir, détruire la population, par le détournement. Puisqu'ils ne peuvent changer et pour bien museler le museler, ces politiques verrouillent toutes les issues imaginables par où l'éventuelle fureur de la population peut se frayer un chemin. Ainsi la misère sociale va continuer le la leur d'exister sur le plan international se poursuivra. C'est pourquoi un maigrichon de Rwanda (13M d'hab) fera toujours valser, comme bon lui semble, un mastodonte de plus de 100M d'habitant. A la fin de fin, nous sommes tous pauvres et le pays n'est pas une vraie nation.

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