
Monde
La Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNDH) reconnaît, dans un rapport publié mercredi, une amélioration de la tolérance envers les minorités en France en 2024. Elle pointe notamment le sentiment anti-immigré comme "corrélé aux autres formes de haine".
Malgré un contexte politique "sous tension", la tolérance envers les minorités s'améliore en France, indique la CNDH dans son rapport 2024 sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, publié mercredi 18 juin 2025.
L'indice longitudinal de tolérance, outil utilisé par la commission pour mesurer l'évolution chaque année en France, enregistre en 2024 son troisième meilleur score depuis 1990. Après un recul de trois points en 2023, il remonte d'un point en 2024 pour s'établir à 63/100 (ex aequo à 2009) et ce "malgré la diffusion de discours de défiance et de haine par certaines sphères politiques et médiatiques", observe la CNCDH.
Cet indice est calculé chaque année par le chercheur Vincent Tiberj à partir d'enquêtes en ligne et en face-à-face réalisées par la CNCDH, 100 étant l'indice maximal de tolérance.
"Le sentiment anti-immigré est le plus corrélé aux autres formes de haine", relève le rapport de la CNCDH. "Plus on rejette les immigrés, plus on rejette les personnes perçues comme juives, musulmanes, asiatiques, roms, noires, et plus on s'oppose à l'égalité entre femmes et hommes et aux droits des personnes LGBTI", écrit l'instance consultative, chargée de conseiller les pouvoirs publics sur les questions liées aux droits fondamentaux.
"Contrairement aux idées reçues, s'agissant du sentiment antimusulman, les personnes qui sont hostiles aux musulmans sont aussi les moins attachées à la laïcité, à l'égalité entre les hommes et les femmes, et les plus critiques envers l'homosexualité", note-t-elle.
Un racisme "autour des différences culturelles et identitaires"
Son baromètre, établi depuis 1990, révèle que certains préjugés restent largement partagés chez les personnes interrogées : 60 % pensent que "de nombreux immigrés viennent en France uniquement pour profiter de la protection sociale". Ils sont 23 % à penser que "les enfants d'immigrés nés en France ne sont pas vraiment Français" et 46 % que "l'immigration est la principale cause de l'insécurité".
L'étude pointe un passage du "racisme biologique" à un racisme s'exprimant davantage autour des "différences culturelles et identitaires".
Les jeunes générations adhèrent moins aux "vieux" clichés racistes, selon la CNCDH qui observe une "forte polarisation générationnelle" : les cohortes récentes voient leurs niveaux de tolérance, déjà hauts, progresser, tandis que ceux des cohortes les plus anciennes stagnent ou reculent sur ces questions.
La génération la plus récente, née entre 1977 et 1986, est la seule dont l'indice a systématiquement progressé depuis 2019 et atteint un record historique en 2024 (69/100).
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