
Economie
Le prix de la tomate connaît une hausse spectaculaire sur les marchés de plusieurs villes du sud du pays. Cette région importe chaque mois plus de 20 000 tonnes de tomates de la Zambie voisine, soit environ 270 000 tonnes par an. En deux mois, le prix d’une caisse de tomates a doublé.
Au marché de la commune de Kenya, dans la ville de Lubumbashi (province du Haut-Katanga), appelé couramment marché Zone, plusieurs camions chargés de tomates sont stationnés. Certains commerçants sont arrivés il y a deux jours. La vente est difficile, car le prix de la caisse de 30 kg est passé de 45 000 FC (15 USD) à 90 000 FC (30 USD).
Madame Lydie, vendeuse de tomates depuis dix ans, déplore cette hausse : « Avant, j’achetais une caisse à 25 000 FC. Aujourd’hui, elle coûte 90 000 FC ! Il est devenu très compliqué de réaliser un bénéfice. » Sa voisine, qui vient aussi d’acheter une caisse, craint de ne pas tout vendre, les clients se faisant plus rares, se plaignant des variations de prix. « Nous achetons cher, donc nous sommes obligés de vendre cher. Les clients n’achètent plus comme avant », regrette-t-elle.
Les causes de la hausse
Cette flambée des prix s’explique par plusieurs facteurs. Le premier est la baisse de la production en Zambie, liée aux conditions climatiques défavorables. Jean Marie Mwamb, inspecteur de l’agriculture dans la commune de Kenya, explique : « La saison sèche n’est pas favorable à la culture de la tomate, qui ne supporte pas le froid. Cette année, il fait plus froid en Zambie qu’auparavant. »
Le second facteur concerne la tension sur le taux de change entre le franc congolais (FC) et le kwacha zambien. « Avant, 100 kwacha valaient 11 000 FC, aujourd’hui, ils valent 14 000 FC. Cela impacte le prix. Une caisse de tomates coûte en Zambie 500 kwacha, ce qui revient à 60 000-65 000 FC à Lubumbashi », précise Patrick Ngoy, importateur. À cela s’ajoutent des frais de douane élevés et les coûts de transport.
Quid de la production locale ?
Face à cette situation, importateurs et services agricoles appellent à relancer la production locale. Des ONG et experts agricoles recommandent d’investir dans la chaîne de valeur locale pour réduire la dépendance aux importations. Alexis Mbumb, président de l’association des Agriculteurs sans frontières, souligne : « Les coopératives ont besoin d’un appui financier, notamment pour l’achat de serres, qui coûtent environ 5 000 $. Les agriculteurs doivent aussi bénéficier d’une formation accélérée. »
David Mpombo, autre importateur, déplore : « Nous avons des terres fertiles, de l’eau et du soleil, mais nous dépendons encore de la tomate étrangère. »
Selon le service de l’agriculture, un retour à la normale est attendu pendant la saison chaude. En attendant, la flambée des prix se fait sentir jusque chez les détaillants.
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