
Politique
Un faisceau de faits probants démontre que les pourparlers de paix de Doha constituent un piège pour la dignité et la souveraineté de la République démocratique du Congo (RDC). Loin d’être un processus impartial, cette médiation sert avant tout les intérêts économiques, financiers et militaires du Qatar, bien plus que le sort du peuple congolais.
Historiquement, les processus de paix en Afrique centrale ont été facilités par des États n’ayant pas d’intérêts économiques et militaires dans le conflit. Or, Doha est l’un des investisseurs massifs au Rwanda, avec un portefeuille couvrant l’aviation, l’hôtellerie de luxe, les infrastructures stratégiques et désormais la coopération militaire. Cela revient à demander à un partenaire économique majeur d’une partie au conflit d’arbitrer un différend dans lequel il a tout intérêt à préserver le statu quo.
Des intérêts économiques colossaux
Le Qatar a investi plus de 8 milliards de dollars américains au Rwanda. Il finance et construit le nouvel aéroport international de Kigali, détient des participations dans de luxueux hôtels et complexes touristiques, et entretient un partenariat stratégique entre Qatar Airways et la compagnie nationale Rwand’Air. Un affaiblissement du régime rwandais mettrait en péril ces investissements et compromettrait la plateforme stratégique que représente Kigali pour Doha. Dans ce contexte, un changement politique majeur au Rwanda pourrait signifier pour l’émirat la perte d’un allié stable dans la région.
Une alliance militaire préoccupante

Au-delà des investissements économiques, le Qatar entretient une coopération militaire étroite avec Kigali. Des équipements militaires modernes sont livrés au Rwanda et des instructeurs qataris forment actuellement des unités rwandaises, y compris les forces spéciales, dans le cadre d’un programme intensif de six semaines. Ces formations pourraient servir à préparer des opérations coordonnées sur le territoire congolais, notamment dans les Kivu. Il est dès lors paradoxal qu’un pays impliqué militairement avec une partie belligérante se présente comme médiateur.
Un arbitre trop partial
Les décisions prises dans le cadre de la médiation de Doha semblent s’aligner sur les revendications du Rwanda et de ses alliés rebelles M23/AFC, allant jusqu’à évoquer un contrôle prolongé du Kivu pendant huit ans — proposition rejetée par Kinshasa, qui invoque la Résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU et l’accord de Washington garantissant l’intégrité territoriale de la RDC. Les pourparlers piétinent, adoptant une tactique d’endormissement qui sert les intérêts de Kigali.
Un blocage stratégique
Contrairement aux discussions menées à Washington, qui ont abouti rapidement à un accord, les négociations à Doha stagnent. Plusieurs observateurs estiment que ce ralentissement résulte de la volonté du Qatar d’imposer des conditions favorables au Rwanda. Cette position compromet gravement l’objectif initial de rétablir une paix durable.
Une urgence diplomatique pour Kinshasa
Face à cette situation, la seule planche de salut pour la RDC est de dénoncer la médiation qatarie et de demander le transfert des négociations vers un cadre véritablement impartial, comme Washington ou toute autre capitale africaine ou occidentale. Les autorités congolaises devraient également présenter, preuves à l’appui, le conflit d’intérêts résultant du soutien économique et militaire du Qatar au Rwanda.
Laisser Doha arbitrer ces pourparlers revient à confier les clés de la paix à un acteur directement impliqué dans l’exploitation illégale des ressources congolaises et dans le renforcement militaire de l’ennemi. La paix en RDC ne pourra pas se construire sur un terrain miné par des intérêts étrangers contraires à sa souveraineté.
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