
Provinces
À Kinshasa, Jacques Kyabula, le gouverneur du Haut-Katanga, se retrouve dans une situation délicate depuis son arrivée dans la capitale le 28 juillet. Plus d’un mois s’est écoulé sans qu’il ne retourne à son poste, suscitant de nombreuses interrogations quant à son avenir. Va-t-il revenir à Lubumbashi ? Retrouvera-t-il son poste dont s’occupe actuellement le vice-gouverneur Martin Kazembe à titre intérimaire ? Les interrogations fusent et les rumeurs vont bon train.
Mardi 02 septembre, à la faveur d’un briefing de presse co-animé avec son collègue de la Communication Patrick Muyaya, le VPM Jacquemain Shabani a fait savoir qu’il ignore encore la date du retour du gouverneur Kyabula à Lubumbashi, précisant que les instructions se poursuivent encore et qu’il attend différents rapports sur son dossier avant de décider.
« Concernant le gouverneur, je ne peux pas vous dire quand il rentrera à Lubumbashi. C’est un dossier qui est en cours d’instruction, et il faut laisser les services concernés poursuivre et finaliser cette enquête. Pour ma part, j’attends encore plusieurs rapports et les décisions seront alors prises. Il n’y a pas lieu de s’alarmer, il n’y a pas de danger imminent. La responsabilité incombe à la fois au gouverneur et à la gestion de la sécurité des territoires. Des événements se sont produits, et les services enquêtent afin de garantir la sécurité de nos concitoyens qui nous font confiance et à qui nous confions la gestion…», a déclaré le vice-premier ministre en charge de l’Intérieur.
D’après des informations recueillies dans les couloirs du ministère de l’Intérieur et Sécurité, le gouverneur aurait récemment été interrogé par des représentants de la communauté de renseignement, un organisme englobant tous les services de sécurité du pays. L’objet de cette rencontre? « Des affaires de trahison et de duplicité », selon des sources bien informées.
«Jacques Kyabula vit la même situation que Richard Muyej, l’ancien gouverneur de la province voisine du Lualaba, qui avait été bloqué pendant plusieurs mois à Kinshasa, laissant son vice-gouverneur à la tête de la province. Comme Muyej durant son épreuve politique, Kyabula se retrouve actuellement dans une prison à ciel ouvert », déclare un membre de la société civile du Haut-Katanga.
Ces remarques ne sont pas exagérées : bien qu’il soit à Kinshasa, Kyabula n’a pas eu la permission de participer aux récentes activités de l’Union sacrée, dont il fait partie du présidium. De plus, il n’a pas été invité au mariage de la fille du président de la République, alors que certains de ses collègues présents à Kinshasa étaient conviés. Pratiquement exclu sur le plan politique, il a fait une rare apparition publique en recevant une délégation du club de football Lupopo, dont il est le président et le sponsor, juste avant son départ pour la Tunisie, où il se prépare pour la prochaine saison sportive.
Mercredi, le Caucus des élus du Haut-Katanga a rencontré le vice-premier ministre en charge de l’Intérieur et Sécurité, Jacquemain Shabani, afin d’aborder des questions relatives au gouvernorat de la province et à la mairie de Lubumbashi.
Sa venue à Kinshasa intervient après qu’il a été convoqué au ministère de l’Intérieur le 10 juillet 2025, suite à un discours controversé prononcé lors d’une manifestation publique à Lubumbashi. Le 1ᵉʳ juillet, lors d’une marche de soutien à l’Accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, Jacques Kyabula avait fait des déclarations qui avaient rapidement provoqué la controverse parmi le public et les acteurs politiques.
Sa hiérarchie lui avait alors adressé une convocation pour qu’il s’explique, mais le gouverneur avait tardé à répondre, invoquant des problèmes de santé. Après plus de dix jours d’absence, son invisibilité avait alimenté les rumeurs sur son état et sa situation, certaines sources parlant même d’une fuite à l’étranger.
Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.
Les plus commentés
Politique Seth Kikuni pose six conditions non négociables avant tout dialogue politique
26.02.2026, 14 commentairesPolitique Les crimes commis par le M23-AFC ne sont pas imputables aux Banyamulenge (Ministre Muyaya)
26.02.2026, 10 commentairesPolitique « La RDC est un État sorcier », Émile Bongeli enflamme la toile
27.02.2026, 8 commentairesOnt commenté cet article
Ils nous font confiance