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Infos congo - Actualités Congo - Mediacongo 08 mars
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Politique

« La RDC est un État sorcier », Émile Bongeli enflamme la toile

2026-02-27
27.02.2026
2026-02-27
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Emile Bongeli, sociologue et professeur à la faculté des Sciences sociales, politiques et administratives à l’université de Kinshasa @Photo Droits tiers.

La République démocratique du Congo serait un « État sorcier ». Devant les juristes, constitutionnalistes et professeurs réunis le 18 février 2026 au Palais du Peuple pour marquer les vingt ans de la Constitution, le professeur Émile Bongeli a lancé une bombe intellectuelle qui, depuis, embrase la toile.

L’enseignant à l’université de Kinshasa a lâché sans trembler : « La RDC est un État sorcier, un État qui, depuis son origine avec Léopold 2, ne fait que nuire à la population. Toutes les mesures que l’on prend, se traduisent toujours par des problèmes pour la population. Par réflexe de survie, elle doit aussi chercher des mesures sorcières pour contrer la sorcellerie de l’État. Chacun de nous commet au moins 5 infractions par jour pour survivre. On doit violer la loi au moins 5 fois pour survivre. On insulte, on corrompt, on vole si on peut le faire… ». Les mots sont durs. Ils ne cherchent ni à séduire ni à rassurer. Ils accusent l’État. Ils accusent la société. Ils accusent chacun de nous. Et la question surgit immédiatement : a-t-il menti ?

 Vingt ans de Constitution… et une accusation 

Le 18 février 2026, la Loi fondamentale a soufflé sur ses vingt bougies. À l’occasion, l’Institut pour la démocratie, la gouvernance, la paix et le développement en Afrique (IDGPA), en collaboration avec la faculté de Droit de l’université de Kinshasa, a organisé un colloque pour dresser le bilan et tracer les perspectives. Parmi les intervenants : le politologue Eugène Banyaku, les constitutionnalistes André Mbata, Evariste Boshab, Jacques Ndjoli… et enfin le sociologue Émile Bongeli. Mais surtout c’est cette dernière voix qui a traversé le pays en quelques heures.

 « Survivance dégénérée », « illégalité», « visions sorcière » 

Retenez, ce n’est pas une sortie isolée. Pour rappel, le 7 décembre 2024 déjà, lors d’une conférence à l’université de Kinshasa organisée par le département des Sciences sociales, politiques et administratives avec la structure Café politique, le sociologue Émile Bongeli développait la même lecture. Il affirmait : « L’État congolais actuel n’est qu’une survivance dégénérée, gangrénée de l’État léopoldien, dont la nature originelle repose sur l’illégalité. L’État congolais est un État sorcier à partir de Léopold II. Les visions de Léopold II étaient des visions sorcières. Le sorcier, c’est celui qui apporte le malheur, qui fait le mal. Notre État est sorcier dès sa naissance », lançait-il.

Pour le tribun, le mal est originel. Structurel. Hérité. « Chacun de nous commet au moins 5 infractions par jour ». Là où la polémique explose, c’est quand le professeur ne s’arrête plus à l’État. Il vise la société. Il affirme que la population, pour survivre, adopte des stratégies « sorcières » pour contrer la « sorcellerie de l’État ». Il parle de corruption ordinaire. D’insultes. Des tricheries. Des violations quotidiennes de la loi. Sommes-nous réellement contraints de frauder pour vivre ? Sommes-nous devenus complices du système que nous dénonçons ?

Embouteillages monstres, salaires de misère, fonctionnaires « vampires » 

Pour illustrer son intervention, il a évoqué ce jour-là, les embouteillages dans la capitale, les salaires modiques qui transforment les postes publics en instruments de prédation. Il parle d’un pays sans repères, sans vision, sans valeurs. Il va jusqu’à dire que chacun a développé « l’intelligence de la poule », cherchant seulement à manger, dormir et satisfaire ses instincts. La formule choque, humilie et interpelle.

Aujourd’hui, toutes les décisions qui se prennent par l’État sont des décisions contre-productives. Chaque fois que l’on prétend arranger quelque chose, on l’aggrave. Prenons le cas des embouteillages : j’ai quitté chez moi à 8 heures, et j’arrive ici à 11 heures. Tout ceci parce que l’on veut arranger les embouteillages, on crée des nouvelles lois qui ne marchent pas.

Et de poursuivre : « D’où, si l’on regarde de près tout ce que l’on fait, le salaire que l’on paye, le salaire de misère, de sorte que chaque fois qu’un fonctionnaire de l’État occupe un poste, il s’en sert, il vampirise son poste : vous voulez voir le chef, il faudrait payer de l’argent au préalable. Chacun de nous travaille pour soi. Comme l’État est sorcier, les citoyens pour survivre, doivent contrer la sorcellerie de l’État, en montant des stratégies toutes aussi sorcières que l’État : chacun de nous doit commettre au moins 5 infractions par jour pour survivre. Soit vous corrompez, vous insultez, vous trichez, etc.[…] chaque fois que l’État prend une mesure, les agents de l’État en profitent pour se servir, et les autres citoyens aussi montent des stratégies sorcières pour faire face à la sorcellerie de l’État ».

Bongeli a recommandé aux étudiants de s’instruire à travers des ouvrages rédigés par des savants et chercheurs congolais en raison de l’adéquation de leur contenu avec la réalité congolaise. « Toutes les théories écrites par les Occidentaux concernant les Congolais sont fausses à 50 % destinées à nous maintenir dans cet état[…] au lieu de lire n’importe quel auteur occidental, lisez vos professeurs parce que ce que nous écrivons, nous le tirons de l’expérience de notre pays », a-t-il soutenu.

 La toile divisée : génie lucide ou insulteur national ? 

Depuis, les réactions fusent. Certains saluent le courage d’un professeur qui ose dire tout haut ce que beaucoup murmurent. D’autres dénoncent une caricature insultante d’un peuple déjà meurtri. Une question revient avec insistance : si la RDC est un État sorcier et si la population adopte des pratiques “sorcières”, alors le professeur lui-même n’est-il pas inclus dans cette société ou sorcellerie ?

La formule se retourne contre son auteur. A-t-il menti ? C’est la vraie question. Quand un citoyen doit “payer” pour voir un chef. Quand une mesure publique produit l’effet inverse de celui recherché. Quand chacun cherche d’abord à se servir avant de servir. Est-ce de la sorcellerie ? Ou simplement l’échec d’un système ? Selon un analyste, Émile Bongeli n’a pas proposé un slogan. Il a lancé un miroir. Et ce miroir dérange. Exorciser l’État ? Le professeur ne s’est pas limité au constat. Il parle d’“exorciser l’État”. Il appelle à recréer une vision qui fasse de l’État un promoteur du bonheur collectif et non un instrument d’exploitation.

Il invite les Congolais à lire les chercheurs de leur propre pays, à penser le pays depuis son expérience propre. Provocation ? Diagnostic lucide ? Exagération dangereuse ? Une chose est certaine : en pleine célébration des vingt ans de la Constitution, la formule “État sorcier” a éclipsé les discours techniques.

Et désormais, la question est posée à toute la nation : Sommes-nous réellement victimes d’un État sorcier ? Ou acteurs d’un système que nous entretenons nous-mêmes ? Chacun peut répondre aisément dans son coin. Mais le débat lui, ne fait que commencer.

Chrioni Kibungu
Ouragan / MCP , via mediacongo.net
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Il y a 6 jours
Si un Congolais doit commettre jusqu'à cinq crimes par jour pour survivre, on peut affirmer sans risque de se tromper que la situation est extrêmement difficile. Même les forces de sécurité et de l'ordre seront débordées.

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Il y a 6 jours
a-t-il menti ? Comment peut-on poser une question pareille. Ce constat est une réalité évidente,. La vraie reflexion qui doit nous bousculer,est de se dire si aujourd'hui quelqu'un de publuc, excedé par la souffrance des congolais, n'a plus sa langue dans sa poche, n'a plus peur de la réaction violente de notre état voyou, ce qu'il y a un tsunami qui se cache derrière l'apparence amorphe des congolais. C'est comme ce silence, ce calme qui précède un cyclone, un tsunami. Un jour cet état voyou, fou, comprendra, et ça sera trop tard, qu'il y a toujours plus fou que soit.

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J'ai arrêté d'écrire parce que l'homme congolese est vide en tout comme le babouin maregheko

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Il y a 7 jours
Nb. En Europe, un pays peut vivre sans gouvernement, sans ministres, des mois et années, parceque l'administration est formée par des professionnels d'états et non des clans. Des nominations et recrutements sans fondements. Ex : l'ex ministre Kazadi avait dénoncé la multiplication des services à la présidence. Aujourd'hui, comme sous Mobutu, le chef, le ministre, le pdg, le député, doit vivre au-dessus des autres, il doit etre le reflet de son titre. Il faut un grand changement de mentalité, il faut des gouvernants exemplaires, une administration exemplaires, et pour cela, il faut des politiciens pretent, disposer à etre impopulaire.

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Il y a 7 jours
Le Professeur a raison. Il a raison parceque le pays n'a pas des repères, n'a pas des exemples à suivre. Dans nos coutumes, le chef dominait par la parole et l'exemple. Depuis le Président Mobutu, il y'a eu une degeneration de la société. Avant 1960, les congolais se voyaient esclaves du travail. Après l'indépendance, on avait ouvert les portes à la vie faciles. Dans ses mémoires Thomas Nkanza écrit. " lors de la formation du 1er gouvernement, nous n'avons pas dormi toute la nuit. On pouvait croire d'etre devenus, des ministres. On imaginait la vie de ministre de demain, voiture, belle maison, l'argent à disposition ". Le pouvoir administratif était tenu à leopolville par les bakongos. Les meilleures écoles étaient dans le Bas-Congo. Avec Mobutu, commence la destruction de l'administration centrale, par des nominations des agents à gauche et à droite. La création de l'ENA, dont Tshisekedi wa Mulumba, devient le premier recteur. Sera inondée des gens sans titres et qualités. Les bourses d'études seront distribuer aux clans eecc. Nb. En Europe, un pays peut vivre sans gouvernement, sans ministres, des mois et années, parceque l'administration est formée par...

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Merci au Professeur pour ça. Ces mots font l'éffet d'un electrochoc pour reveiller la conscience collective. Tout le monde aujourd'hui, d'une manière ou d'une autre, triche, fraude, corromp pour ses propres interêts Tenez par exemple, vous allez dans une banque au lieu de faire la queue selon votre ordre d'arrivé, vous preferez filez un pourboire aux caissiers ou aux agents de sécurité pour passer en premier. les chauffeurs de tout genre (Transporteur, bus,taxi, moto, cortége officiel, bref même les gens qui sont censer servir de modèle du respect des lois), preferent rouler à contre sens, pour aller plus vite, n'hesitant pas à laisser un pot de vin (mbote ya likasu) aux agents commis à la régulation de la circulation Dans les hopitaux, la même chose, il y a toujours quelqu'un qui voudra passer avant tout le monde, au point que cela devient la norme. Même pour des services qui sont gratuit ou la seule regle est l'ordre d'arrivé, les gens preferent payer, user de leur influence ou connaissance pour passer en premier Donc quand on parle de corruption, de fraude, de tricherie les mots ne resonnent pas assez fort pour interpeller tellement c'est devenu la...

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Il y a 7 jours
Comme on ne cessera jamais de le répéter, le véritable problème du Congo, c'est l'homme congolais lui-même. J'ai rencontré des gens, poussés par leur haine de Tshilombo, qui souhaitaient que Naanga et les Rwandais envahissent jusqu'à Kinshasa. Ce sont des Congolais qui, en fait, marchent main dans la main avec nos envahisseurs. Oui, c'est de la sorcellerie, le vieux Bongeli a bien raison.

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