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Politique

Kamerhe, la fin d’un mythe

2025-09-16
16.09.2025
2025-09-16
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Vital Kamerhe lors de la rentrée parlementaire ce lundi 15 septembre 2025 @Photo Droits tiers.

Une page se tourne à l’Assemblée nationale. Après 16 mois de règne, c’est la fin du deuxième épisode Kamerhe au perchoir. Le président de l’Assemblée nationale a demandé pardon à ses collègues pour calmer la tempête mais l’acte n’a pas suffi à dissuader les pétitionnaires qui ont même recouru à un huissier de justice pour déposer la pétition. Près de 300 signataires s’engagent à faire chuter le speaker accusé de détournement.

La rentrée parlementaire de septembre 2025, traditionnellement consacrée à l’examen du budget de l’État, s’est muée en un théâtre d’ombres où se joue l’avenir d’un homme : Vital Kamerhe. L’actuel président de l’Assemblée nationale, figure de proue de l’Union sacrée, est désormais dans l’œil du cyclone. La pétition, déposée ce même lundi par des élus déterminés à l’évincer, a recueilli environ 300 signatures, bien au-delà du seuil requis. L’équation ne souffre plus d’ambiguïté. La déchéance de Kamerhe ne relève plus d’une hypothèse, mais d’un compte à rebours.

 Une fronde implacable : les carottes sont cuites 

À en croire Samuel Yumba, l’un des initiateurs de la fronde, deux membres seulement du bureau échappent à la vague. Il s’agit de Christophe Mboso, deuxième vice-président et Jean-Claude Tshilumbayi, premier vice-président. Tous les autres, à commencer par Kamerhe lui-même, sont dans la ligne de mire. L’air de défiance qui souffle sur le Palais du peuple est sans appel, les pétitionnaires veulent la tête du président de l’Assemblée nationale et ne se cacheront plus derrière les formules prudentes. Dimanche, ils se sont activés à l’hôtel Béatrice (leur nouveau Q.G) où nombreux sont passés signer la pétition. Dans cette moule, Caroline Bemba, la sœur de Jean-Pierre Bemba, le leader du MLC, est en première ligne dans cette bataille. Elle s’apprête à régler des comptes à Jacques Djoli, le rapporteur, qui l’avait mis au placard aux élections passées du bureau.

Dans la nuit de dimanche à lundi, les réunions se sont multipliées dans les salons feutrés de Kinshasa. Les conciliabules se sont prolongés jusque tard la nuit. Les alliances s’esquissent, les promesses s’arrachent, les signatures s’échangent comme des munitions. Rien ne dissuade les anti-Kamerhe. Tout concourt à une seule finalité : « sceller le sort de celui qui, hier encore, trônait au sommet de l’appareil parlementaire ». Dans les couloirs de l’hémicycle, un mot revient avec insistance – « évincer ».

 Tshisekedi, un silence consentant 

Le président de la République, Félix Tshisekedi, se garde bien d’intervenir dans ce brasier. Loin de voler au secours de son allié de circonstance, il laisse les députés exercer leur droit constitutionnel de destituer leur président. Ce silence calculé vaut message : le chef de l’État se tient à distance, acceptant que la mécanique institutionnelle se déroule sans filet protecteur pour son bras droit, Kamerhe. Pour les personnes bien renseignées, le président, recevant son allié dimanche soir, n’a trouvé aucun compromis avec lui. Tshisekedi et Kamerhe se sont dit de vérité. En clair, il l’a lâché. Le plus puissant, c’est le chef de l’État, souffle un proche de VK. « Il n’a pas à se battre avec lui ». Fatshi semblerait mal vivre les contradictions, les prises de position de VK qui prouvent sa déloyauté.

 Un discours solennel, un parfum de crépuscule 

Face à cette tempête, Kamerhe a choisi, lors de l’ouverture de la session, de livrer un discours séducteur. Avec emphase, le président de Chambre basse, Vital Kamerhe a abordé un certain nombre de points, notamment la pétition initiée contre lui, ainsi que la condamnation de l’agression rwandaise en République démocratique du Congo. Tout en reconnaissant le caractère légitime de cette initiative, Vital Kamerhe estime qu’elle doit être reconsidérée. « Je voudrais vous rassurer qu’il s’agit d’un exercice parlementaire légitime. Mais l’initiative devrait être reconsidérée », a-t-il dit en substance. À l’occasion, Kamerhe s’est adressé directement aux députés frondeurs. À huis clos, il a tenté de jouer la carte de l’apaisement, confessant ses « regrets » et implorant leur pardon s’ils avaient pu se sentir offensés. Il a même revendiqué sa loyauté à la nation, rappelant que le conflit avec le Rwanda lui avait déjà coûté un perchoir par le passé. « S’il y’en a parmi vous qui se sont sentis froissés, heurtés ou dérangés de quelque manière que ce soit par ma conduite ou mes propos, qu’ils daignent accepter l’expression de mes regrets les plus sincères et j’implore leur pardon », a t-il fait savoir. Tel un homme acculé, il a conclu en proclamant vouloir rester « pacificateur jusqu’au bout ».

 Les concessions financières : un baroud d’honneur 

À la veille de cette rentrée, le bureau de l’Assemblée avait déjà tenté de calmer la rébellion par des concessions spectaculaires. Les rémunérations des députés, gonflées à près de 20 000 dollars par mois, la nomination officielle des assistants parlementaires, la restauration des droits sociaux et des pensions intégrales pour les honoraires affiliés au SESOPA… autant de mesures interprétées par les contestataires comme une manœuvre d’« achat de paix sociale ». Mais loin d’apaiser la grogne, ces largesses ont renforcé l’impression d’un marchandage politique au goût amer. A la fin de la plénière malgré son mea culpa, les pétitionnaires persistent et signent : « Kamerhe doit partir ». Ils considèrent son pardon comme un aveu. « La justice doit faire son travail. Nous avons déposé la pétition aujourd’hui, lui Kamerhe disait qu’il était fort, son pardon signifie qu’il a détourné les fonds de l’Assemblée nationale, la justice est là et fera son travail », a prévenu Crispin Mbindule, le chef des frondeurs.

La pétition a été déposée au bureau du premier vice-président de l’Assemblée nationale, Jean-Claude Tshilumbayi en présence d’un huissier de justice. « Nous déposons notre pétition aujourd’hui (15 septembre 2025), c’est la justice qui le fait. Nous avons constaté que le bureau des courriers est fermé », a précisé Crispin Mbindule.

 Kabuya, en Ponce Pilate 

Dans cette tempête, Augustin Kabuya, le secrétaire général de l’UDPS, a pris soin de s’ériger en Ponce Pilate. « L’UDPS ne compte que 152 députés », a-t-il éclairé, insinuant que son parti n’est pas l’artisan de la fronde. Une manière subtile de laver les mains de son parti et de laisser Kamerhe affronter seul son destin. Mais derrière ce tumulte institutionnel, une fracture abyssale se creuse. Alors que la population de l’est survit dans l’horreur quotidienne des massacres, alors que les fonctionnaires vivent avec des salaires dérisoires, les députés s’arrachent des rémunérations colossales et des privilèges insolents. Loin des réalités du peuple, la classe politique se dispute ses émoluments dans un théâtre où l’intérêt général se dissout dans les ambitions personnelles.

 Le glas politique 

Dans les salons kinois, le diagnostic est unanime : Kamerhe n’a plus de salut. Ses manœuvres d’apaisement, son discours solennel, ses concessions financières… tout cela ressemble à une fin d’un cycle, un dernier acte avant la chute. Les carottes sont bel et bien cuites. Son sort est déjà scellé.

La session budgétaire 2025, au lieu d’être un exercice de projection financière, restera dans l’histoire comme la session de la déchéance. Celle où Vital Kamerhe, vieux routier des arcanes politiques, aura vu son étoile vaciller et s’éteindre sous la pression implacable de ses pairs.

Chrioni Kibungu
Ouragan / MCP , via mediacongo.net
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Il y a 158 jours
En réalité rien de neuf,lorsque nous parlons de détournements. Durant son procès des 100jours, Kamerehe disait d'avoir amélioré les conditions des ses employés. Mais surtout d'avoir une caisse noire des fonds , les invisibles pour les nécessités urgentes des députés. Allons revoir les déclarations durant le procès des 100jours. Bref, il y'a des mauvaises pratiques connues qui retournent utiles à Tshilombo. Kamerehe n'a jamais été un grand politicien. Les congolais ont l'habitude de fabriquer des grands politiciens sans considérer leurs propres misères. Nous sommes en présence d'une fausse révolution qui mange ses propres enfants. Après tout l'est est entre les mains du M23, à quoi sert Kamerehe ou autre politicien de l'est. À rien, à moins d'être fidèle à la cour de Tshilombo. Alors membre du PPRD, Kamerehe était très dur envers Tshisekedi wa Mulumba. Le clan de Tshisekedi wa Mulumba, à toujours considérer un péché mortel s'en prendre à leur patriarche. Mais nous sommes devant un politicien éclectique. De toute façon, son bilan politique est nul. Parceque le pays n'a rien gagné de son activisme.

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Il sera certainement destitué. Mais, connaissant son habileté, attendez-vous à un salto arrière (Chute ya sima).

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Il y a 158 jours
Vitalo Amère, Vrai Kameleon, un soi-disant pacificateur qui ne condamne pas ouvertement les agresseurs du peuple au nom duquel il prétend parler; mais qui joue un jeune de cache-cache. Il s'est même rendu en Afrique du Sud en catimini pour rencontrer Thano Mbeki avant leur conférence sur la paix en Afrique qui a accouché d'une souris. Il est temps que les députés Congolais cessent de consommer ce Vitalo Amère.

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Il y a 158 jours
Mon petit frère Kamerhe,Je t’informe que, lors du dossier des « 100 jours », Matama 15 % chance eloko pamba et ses communicateurs auraient convaincu les Congolais que c’était le FCC qui était derrière ton arrestation. De la même manière, ils disent aujourd’hui que c’est l’AFC qui est derrière la crise d’Uvira, que c’est l’AFC qui aurait instrumentalisé l’arrestation de notre petit Inconstant Mutamba. Je suis convaincu, qu’il y a encore des Congolais qui ont la tête sur les épaules et qui réfléchissent vraiment. Quand on accepte une responsabilité aussi haute que celle de président de la République, il faut savoir assumer, tu es le premier responsable. C’est seulement en RDC qu’on va dire : soit c’est l’entourage, soit c’est sa famille, soit ce sont les pays étrangers Mes très chers compatriotes, c’est infantiliser le president. Cela montre qu’il n’est responsable de rien et qu’il ne connaît rien de ce qui se passe dans son propre pays. La patrie ou la mort, le peuple gagne toujours

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Il y a 158 jours
Dans tout ça, quel est l'intérêt du peuple ?

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