
Politique
L’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, représentant permanent de la République démocratique du Congo (RDC) auprès de l’ONU, a étalé mardi 30 septembre lors de la session du Conseil, sa fermeté sur les dérives rwandaises. Il a ouvertement exigé un dialogue interwandais et dénoncé l’inaction de la communauté internationale devant la tragédie qui endeuille plusieurs familles congolaises, tout en appelant à une réponse claire.
La communauté internationale doit cesser de fermer les yeux et de boucher ses oreilles. Son inaction n’est pas acceptable. La communauté internationale doit intervenir. Il faut cesser de ne pas agir. Le peuple congolais meurt chaque jour dans la partie-est du pays. Une commission d’enquête internationale sur les massacres dans l’est de la RDC est nécessaire, ainsi que l’application stricte de la résolution 2773 (février 2025), a-t-il déclaré.
Le chevronné diplomate a surtout plaidé pour le « respect de l’accord RDC-Rwanda du 27 juin 2025 » et le « renforcement des sanctions contre les responsables du M23 et leurs soutiens ». Pour Kinshasa, la paix durable repose sur « la justice, la vérité et la responsabilité ». Au cours de son intervention, il a déploré la politique de deux poids, deux mesures. « Le monde réclame justice ailleurs. Les voix des victimes congolaises doivent aussi être entendues. Qui occupe l’est du Congo maintenant ? C’est le Rwanda et le M23 ». Mukongo a fustigé le discours erroné de Kigali qui, selon lui, masque les véritables causes du conflit.
Le diplomate congolais a rappelé que son pays avait pourtant accepté de coopérer au démantèlement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), dans le cadre de l’accord de Washington. « Tout simplement parce que nous voulons la paix. Mais qu’on ne vienne pas nous débiter ici des choses du genre comme si, à la base de toute cette insécurité, ce sont les FDLR. C’est faux. Archifaux », a-t-il insisté.
Pour lui, la guerre dans l’est de la RDC est alimentée avant tout par l’exploitation illégale des ressources naturelles. « C’est l’exploitation des minéraux du Congo. On ne va pas s’en départir. Nous l’avons dit plusieurs fois », a-t-il martelé devant les membres du Conseil.
Le Rwanda, un véritable agresseur
L’ambassadeur Mukongo Ngay a pointé directement le Rwanda comme le principal responsable de graves violations des droits humains dans l’est du Congo-Kinshasa. « Nous considérons que les graves violations des droits de l’homme qui se commettent dans l’est de la République démocratique du Congo sont le fait du Rwanda, un pays agresseur », a-t-il tonné, ajoutant que celui-ci devrait être traité conformément à la Charte des Nations unies.
Le diplomate s’est dit étonné que, malgré les preuves accumulées, le Conseil continue de dialoguer avec un État qu’il accuse d’envahir le territoire congolais. « Nous sommes étonnés de constater que nous essayons toujours avec un agresseur qui vient avec des arguments … Il fait même écouter des arguments qui n’ont pas de valeur devant vous », a-t-il dénoncé.
L’ambassadeur de la RDC a balayé les justifications avancées par Kigali, qui accuse régulièrement Kinshasa de tolérer les FDLR et de propager des discours de haine. « Combien de fois parlera-t-on des FDLR ? Combien de fois parlera-t-on des discours de haine ? Et qui le dit ? Un pays qui a envahi le territoire d’un autre. Est-il digne de le dire ? » a-t-il désapprouvé. Xénon a, par ailleurs, rappelé les conséquences dramatiques de cette guerre : « l’occupation de Goma et de Bukavu en début d’année par le M23/AFC, et une crise humanitaire qui a déplacé près de 7 millions de personnes à l’intérieur du pays ».
L’heure n’est plus à l’indifférence.
Ton grave, le diplomate a rappelé que cette guerre dépasse les frontières congolaises. « Cette guerre, alimentée par la soif des minerais et l’impunité, n’est pas uniquement une crise congolaise, mais bien une faille dans la conscience de l’humanité ».
Le représentant permanent de la RDC auprès de l’ONU a mis en garde contre la passivité du Conseil de sécurité. « Tant que les décisions du Conseil ne seront pas exécutées, le sang des innocents continuera de couler », a-t-il averti. Selon lui, la patience du peuple congolais a atteint ses limites. « L’heure n’est plus à l’indifférence. La RDC demande des actes, pas des promesses », a-t-il martelé, appelant les Nations unies à assumer pleinement leurs responsabilités.
À ses yeux, il est urgent de passer de la rhétorique aux mesures concrètes afin de mettre fin aussi bien à l’occupation qu’à l’exploitation des richesses congolaises. « Justice, vérité et responsabilité sont les seules bases d’une paix durable ».
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Zénon Mukongo Ngay, ambassadeur et représentant permanent de la RDC lors de son intervention au Conseil de sécurité des Nations unies @Photo Droits tiers.