
Société
Face à la détresse du peuple congolais, une question s’impose, simple, mais percutante : ils servent à quoi ? Cette interrogation, loin d’être une provocation, exprime la profonde lassitude d’un peuple qui ne comprend plus le sens du mot service public. Car comment expliquer que, dans un pays si riche en ressources naturelles, la pauvreté soit devenue une norme et la misère, un destin ?
À quoi sert le Directeur général de la SNEL, s’il n’y a pas d’électricité dans les foyers, même chez ceux qui paient régulièrement le prépayé ? Dans plusieurs quartiers de Kinshasa, la lumière est devenue un luxe. Des ménages passent des jours entiers dans le noir pendant que les autorités multiplient les promesses.
Et la Régie des Eaux, à quoi sert-elle si des pans entiers de la capitale et des provinces n’ont toujours pas accès à l’eau potable ? Comment comprendre que des familles, épuisées, doivent acheter de l’eau à des prix exorbitants tout en recevant des factures salées pour un service inexistant ?
Et la Police nationale congolaise, à quoi sert-elle si l’insécurité s’installe comme une seconde nature ? Chaque jour, des citoyens sont agressés, volés, parfois tués, pendant que les institutions censées protéger se contentent d’observer. L’insécurité a cessé d’être un phénomène ; elle est devenue un système.
Pendant ce temps, le pouvoir d’achat s’effondre. Le taux du dollar fluctue, mais jamais au profit du citoyen. Les prix des denrées alimentaires s’envolent, les salaires stagnent. Des fonctionnaires de l’État passent des mois sans salaire, mais continuent d’accomplir leur devoir avec résignation. À quoi sert donc l’administration publique, si ceux qui la font vivre sont traités avec indifférence ?
Et que dire des églises, présentes à chaque coin de rue, mais impuissantes à guérir le mal profond de la société ? L’Évangile s’est transformé en spectacle et la foi, en commerce. Où est passée la puissance de l’amour chrétien — celui qui pousse à aimer, à aider, à partager ? La spiritualité a déserté le quotidien, remplacée par une religiosité de façade qui ne change ni les cœurs ni les comportements.
Nos parlementaires, quant à eux, semblent vivre dans un autre monde. Les grands débats nationaux tournent autour des ambitions personnelles, des alliances politiques, des calculs électoraux. Pendant ce temps, les vrais problèmes — chômage, faim, santé, éducation — sont relégués au second plan. Le peuple, lui, continue de souffrir en silence, trahi par ceux qu’il a élus pour le représenter.
Mais la responsabilité ne revient pas seulement aux dirigeants. Et nous, peuple congolais ? À quoi servons-nous, si nous restons spectateurs de notre propre malheur ? Notre silence face à l’injustice est devenu une complicité. Nous crions notre douleur, mais refusons d’agir. Nous dénonçons la corruption, mais la reproduisons à petite échelle dans nos gestes quotidiens. Nous attendons un sauveur, au lieu de devenir le changement que nous espérons.
Le Congo ne se relèvera pas par miracle. Il se relèvera par la conscience, le courage et la responsabilité de ses fils et filles. Les dirigeants doivent se souvenir qu’ils sont les serviteurs du peuple, non ses maîtres. Et le peuple doit comprendre qu’un pays ne change que lorsque ses citoyens cessent d’accepter l’inacceptable.
Alors, la question demeure, brûlante et urgente : Ils servent à quoi ?
Mais surtout : nous servons à quoi, si nous continuons à nous taire ?
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