
Politique
Le président Félix Tshisekedi était en Angola où il a été question notamment de la situation dans l'est de la RDC où les combats se poursuivent en dépit des accords de paix de Doha et de Washington.
Dans l'est de la République démocratique du Congo, alors que les affrontements se poursuivent entre l'armée nationale, appuyée par les milices wazalendo, et les rebelles de l'AFC-M23, le président Félix Tshisekedi a effectué, lundi, une visite à Luanda, où il s'est entretenu avec son homologue angolais, João Lourenço, président en exercice de l'Union africaine.
Les deux hommes ont discuté de la situation sécuritaire dans l'est de la RDC. Un conflit dont la médiation a déjà été assurée par le Kenya, l'Angola, le Togo, le Qatar et les États-Unis. La RDC et le Rwanda ont signé un accord de paix, le 4 décembre dernier à Washington, mais, sur le terrain, les combats s'intensifient.
Éviter un "vide diplomatique”
C'est la deuxième fois que Félix Tshisekedi effectue une visite en Angola en moins d'un mois. Sa visite, le lundi 5 janvier, intervient après celle du 14 décembre dernier. Yvon Muya, chercheur à l'École d'études sur les conflits de l'université Saint-Paul à Ottawa, au Canada, estime que ces déplacements de Félix Tshisekedi à Luanda maintiennent l'importance d'une médiation africaine.
"Il est logique que Félix Tshisekedi consulte João Lourenço qui a longtemps été le médiateur de l'Union africaine dans ce conflit" estime le chercheur pour qui "il lui aurait d'ailleurs présenté des propositions jugées intéressantes pour relancer le processus de paix".
Yvon Muya insiste par ailleurs sur le fait que "cette visite intervient à un moment où les États-Unis, principaux parrains de l'accord de Washington, sont absorbés par d'autres dossiers internationaux, notamment le Venezuela. L'Angola redevient donc un relais diplomatique important pour maintenir la dynamique de médiation.”
Une façon pour Félix Tshisekedi d'éviter un "vide diplomatique” pour s'assurer que le processus reste actif, estime aussi Yvon Muya.
Une démarche "contreproductive" ?
La RDC et le Rwanda ont signé un accord de paix, le 4 décembre dernier, à Washington. Mais cela n'a pas empêché les rebelles de l'AFC-M23, soutenus par le Rwanda, de conquérir la ville d'Uvira. Il n'y a donc eu aucun changement sur le terrain.
Aujourd'hui, l'Angola semble de nouveau impliquée dans la médiation, mais certains analystes s'interrogent sur sa capacité de réussir, là où Washington a échoué à imposer la paix.
Le politologue Christian Moleka, coordinateur de la dynamique des politologues de la RDC, la Dypol, redoute toutefois que la multiplication des canaux diplomatiques s'avère contreproductive.
"S'agit-il d'un processus interne ? S'agit-il d'accompagner la mise en œuvre des différents protocoles signés à Doha qui devraient être repris par un État africain ? S'agit-il d'une nouvelle médiation ?" s'interroge Christian Moleka pour qui "tout dépend de quel contour on donne aujourd'hui à Luanda".
Il se demande par ailleurs si ce n'est pas "une diplomatie de trop qui vient à nouveau complexifier les approches et qui va, à un moment donné, conduire à une forme d'usure".
Ces nouvelles tentatives ont le mérite de mettre en avant un dialogue africain, même si les espoirs restent minces puisque les États-Unis, qui possèdent un poids stratégique plus important que les médiateurs africains ou le Qatar, ne sont pas parvenus à ramener la paix dans l'est de la RDC.
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Le président angolais Joao Lourenço et son homologue congolais Félix Tshisekedi ont discuté de la situation sécuritaire dans l'est de la RDC.