
Société
Recrutés de force, les jeunes du Kivu ont massivement quitté la rébellion. L’ONU rapporte que malgré plus de sept mois de formation et d’endoctrinement politique, la plupart des recrues n’avaient pas la confiance totale du commandement de l’AFC-M23. Elles ont souvent été déployées dans des zones qu’elles ne connaissaient pas, mal équipées et, dans certains cas, non armées ou déployées sous la contrainte en première ligne.
Le rapport mi-parcours du Groupe d’experts de l’ONU met en lumière les failles béantes du mouvement armé soutenu par Kigali. Les enquêteurs s’accordent à dire que les taux élevés de désertion montrent qu’il reste compliqué pour l’AFC-M23 de préserver la loyauté dans ses rangs, situation qui l’oblige à assurer le commandement et le contrôle principalement par des moyens coercitifs.
Cherchant à asseoir son autorité, la rébellion use des méthodes criminelles pour dompter la population. Les tentatives de désertion ou le refus d’obéir aux ordres, en particulier sur les sites d’entraînement tels que Rumangabo et Tchanzu, ont donné lieu à des châtiments inhumains et à des exécutions sommaires. Des éléments qui se sont évadés, ont rapporté aux experts onusiens que les recrues étaient contraintes à endurer la faim, des maladies non soignées, des exactions physiques et des tortures.
Recrutement par force
Le recrutement forcé systématique s’est intensifié dans toutes les zones occupées par l’AFC-M23. Des hommes et des garçons mineurs ont été systématiquement rassemblés, souvent sous le prétexte d’une vérification d’identité ou d’opérations de sécurité et recruté de force. Les campagnes de recrutement lors de rassemblements publics appelant à la conscription volontaire se sont également poursuivies. Les témoignages d’ex-recrues interrogées par le Groupe d’experts, ainsi que des photographies et des séquences vidéo dont l’authenticité a été établie, attestent de la poursuite de cette pratique partout dans le Nord et Sud-Kivu.
Le rapport de l’ONU précise qu’à partir du début du mois de juillet, des renforcements et des redéploiements de troupes, notamment de nouvelles recrues, ont eu lieu à grande échelle dans les zones contrôlées par les rebelles. Un premier groupe de recrues diplômées a été déployé en juillet. Le 14 septembre, l’AFC-M23 a rendu publique la sortie de 7 437 “commandos”, lesquels avaient terminé leur formation à Rumangabo. Au mois d’octobre dernier, elle a annoncé la fin de la formation de 9 350 “commandos” supplémentaires au centre de formation de Tchanzu. Ces chiffres n’ont pas été corroborés par le Groupe d’experts de manière indépendante.
L’AFC-M23 a continué également à recruter et à former ses forces de “défense locale”, chargées de maintenir la sécurité dans les villes et villages qu’elle contrôle, mais ces forces ont souvent été impliquées dans des affrontements avec les combattants des FDLR, les Wazalendo et dans des violations des droits humains.
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Les éléments de l’AFC-M23 dans l’est de la RDC @Photo Droits tiers.