
Insolite
L’application “Si le me” (“T’es mort?”) trône en tête des téléchargements en Chine. Son concept: imposer aux 125 millions de Chinois vivant seuls de signaler leur présence toutes les 48 heures. En cas d’absence, une alerte est envoyée aux proches. Un succès qui reflète l’angoisse croissante de mourir dans l’indifférence au sein d’une société chinoise de plus en plus atomisée.
“T’es mort?”: cette nouvelle application au nom provocateur, qui permet d’envoyer des alertes si son utilisateur ne se signale pas régulièrement, cartonne en Chine, où les personnes vivant en solo sont de plus en plus nombreuses.
“Un outil de sécurité”
Les Chinois se mariaient autrefois en moyenne au début de la vingtaine, et les personnes âgées vivaient souvent jusqu’à leur décès avec leurs enfants, même quand ces derniers avaient convolé. Mais le mariage est en nette perte de vitesse et beaucoup d’adultes jugent désormais inenvisageable d’habiter avec leurs parents. Des mutations sociales qui ont conduit à un isolement croissant, notamment dans les grandes villes.
Un terreau idéal pour “Si le me” (“T’es mort?” ou “Vous êtes mort?”), une application conçue par Moonscape Technologies, qui la présente comme “un outil de sécurité conçu pour les personnes vivant seules” et voulant se rassurer. Avec son icône en forme de fantôme, elle invite l’utilisateur à renseigner son nom et l’adresse e-mail d’une personne à contacter en cas d’urgence. “Si vous ne vous êtes pas signalé pendant deux jours, le système enverra le jour suivant un courriel en votre nom” à ce contact, explique l’application.
“Glauque”
“T’es mort?” s’est hissée dimanche en tête du classement des applications payantes sur la boutique App Store d’Apple en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao). Certains jeunes, pourtant cœur de cible du produit, doutent toutefois de son utilité. Âgée de 27 ans, Yaya Song, qui travaille dans l’informatique et vit seule à Pékin, dit à l’AFP avoir été intriguée. Mais elle juge le prix excessif pour le service rendu. “Si c’était gratuit, je la téléchargerais pour essayer. Même à un yuan (0,12 euro), ce serait acceptable, juste pour tester! Mais huit yuans (0,98 euro), ça fait un peu cher”, estime-t-elle.
De toute façon, les employeurs, bien avant la famille ou les amis, sont souvent les premiers à remarquer un éventuel problème, par exemple si leur salarié ne vient pas au bureau, souligne Yaya Song. Elle trouve aussi que le nom de l’application est “un peu trop violent”.
Un avis partagé par Huang Zixuan, une étudiante de 20 ans. “Si je voulais que mes grands-parents téléchargent cette appli (pour leur sécurité), je n’oserais pas leur dire son nom” car ce dernier est trop “glauque” et perçu comme de mauvais augure en Chine, confie-t-elle.
Autre nom?
D’autres estiment que l’application peut être utile. “J’imagine que, quand on approche la quarantaine, on commence tous à s’inquiéter un peu de ce qui se passera après notre mort”, affirme à l’AFP Sasa Wang, une employée de bureau de 36 ans. En 2024, les personnes vivant seules représentaient un cinquième des foyers chinois, contre 15% dix ans plus tôt, selon des statistiques officielles.
Samedi, Hu Xijin, ex-rédacteur en chef du journal officiel Global Times et figure médiatique, a salué sur le réseau social Weibo le potentiel de cette application en matière d’aide aux personnes isolées. “En même temps, je suggère de la rebaptiser “Huozheme” (“T’es en vie?”), ce qui serait un peu plus réconfortant pour les seniors qui l’utilisent”, souligne-t-il.
Fondée par trois jeunes entrepreneurs, l’entreprise a répondu sur Weibo qu’elle allait “examiner et envisager sérieusement” un changement de nom. Mais plusieurs internautes ont exhorté les développeurs à le conserver. “C’est bien d’affronter la question de la mort”, affirme le commentaire ayant recueilli le plus de mentions “J’aime”.
Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.
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