
Politique
L’affaire a pris une autre tournure. L’interpellation d’Aubin Minaku, vice-président du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) a suscité l’indignation au sein de l’opposition. Piqué au vif, Néhémie Mwilanya, haut cadre du parti, s’est insurgé contre ce qu’il qualifie de volonté manifeste du pouvoir d’imposer une pensée unique sans issue. L’ancien directeur de cabinet de l’ex-président Joseph Kabila affirme qu’aucune initiative de dialogue ne saurait être ni crédible ni acceptée dans ces conditions.
La tempête judiciaire s’abat sur l’élite du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie. Quelques semaines après l’arrestation et la détention d’Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du PPRD, le numéro deux de l’ex-parti au pouvoir a été également interpellé par les forces de sécurité dans la nuit de samedi à dimanche. Dans des courtes vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux, filmées par des personnes visiblement membres de la famille Minaku, l’on voit des jeeps noires quitter le domicile de l’ancien président de l’Assemblée nationale. Puis s’enchaînent les déclarations politiques des pro-Kabila, condamnant un régime qui excelle dans le musèlement de l’opposition. Désormais seul haut cadre de premier plan du parti en liberté, Ferdinand Kambere, secrétaire permanent adjoint, dénonce la stratégie de la terreur et des otages politiques.
Dans un message sur X, Ferdinand Kambere qui, lui aussi a été convoqué et auditionné l’année dernière à l’auditorat militaire, fustige des méthodes rétrogrades d’autre époque et exige la libération immédiate et sans conditions des opposants. « Un mois après la disparition inexpliquée du secrétaire permanent du PPRD dans la nuit du 15 au 16 décembre 2025, c’est le vice-président national Aubin Minaku qui a été enlevé cette nuit du 17 au 18 janvier 2026. Le régime s’est décidément inscrit dans le maintien de la crise et a opté pour la stratégie de la terreur et des otages. Où est la démocratie ? Où est l’État de droit ? Est-ce ça la forme du dialogue au goût du régime ? Halte à ces méthodes rétrogrades d’autre époque. Libérez immédiatement nos camarades Aubin Minaku, Emmanuel Ramazani Shadary, Dunia Kilanga, Parole Kamizelo, Nathanaël, et d’autres qui sont détenus pour leur appartenance à l’opposition et pour leurs opinions politiques », s’est offusqué M. Kambere.
Tout aussi dépité, Patrick Nkanga fait savoir que le PPRD n’est pas le dernier parti à avoir été au pouvoir avant de se retrouver dans l’opposition. Le jeune cadre du parti de Joseph Kabila avertit le pouvoir de ne pas donner l’impression qu’être opposant et vivre à Kinshasa, sont antinomiques. Le rapporteur du bureau politique du PPRD constate avec regret que la spirale d’arrestations à l’encontre des membres de so’ parti affaiblit la vie démocratique déjà fortement éprouvée. « Il est inédit, au cours de notre histoire récente, de voir un secrétaire permanent et un vice-président d’un même parti être arrêtés en l’espace d’un mois, dans des conditions scabreuses, excessives et inopportunes, alors qu’il existe des normes classiques en la matière. Nous appelons à la libération de tous les camarades du PPRD », a exigé M. Nkanga.
L’opposant peine à comprendre qu’au moment où la communauté internationale, africaine et nationale invite la classe politique à un dialogue inclusif et sincère, que soient opérées, au même moment, des arrestations musclées contre celles et ceux avec qui l’échange doit avoir lieu. Nkanga rappelle toutefois que le PPRD est un parti politique qui évolue et agit conformément aux prescrits constitutionnels et légaux. Il dénonce un acharnement injustifié et infructueux pour le pays, que subit le camp Kabila.
Les pro-Kabila dans le filet de la justice
L’an dernier, Aubin Minaku, vice-président du parti, Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent ainsi que son adjoint, Ferdinand Kambere, avaient été longuement auditionnés à l’auditorat militaire. Tous étaient répartis libres. Les trois ne sont pas de simples cadres du PPRD. Ils font partie du premier cercle de Joseph Kabila. Leur mise en cause intervient dans un contexte où Félix Tshisekedi ne cesse de pointer du doigt son prédécesseur comme étant le principal instigateur de l’agression dont est victime son pays. Selon lui, le président de la République honoraire agit dans l’ombre pour affaiblir le pouvoir en place. Aujourd’hui, ces accusations ont pris une toute autre dimension avec les interpellations judiciaires de chapeaux à plumes de la famille politique de Kabila.
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Le vice-président du PPRD, Aubin Minaku, a droite et le Sec permanent Ramazie Shadry à gauche ont été arrêtés à leurs domiciles par les forces de sécurité @Photo Droits tiers.