
Santé
À Kinshasa, l’alerte est venue du principal hôpital pédiatrique public, Kalembe-Lembe. Le communiqué de l’hôpital relayé par le ministère de la Santé publique fait état de la recrudescence récente de cas de diabète chez les enfants. Donc la tranche d’âge de zéro à 15 ans.
Parmi les causes identifiées de cette explosion de l’hyperglycémie, la pédiatrie de Kalembe-Lembe note la consommation excessive de sucre contenu dans les jus en plastique, biscuits, chocolats vendus par des commerçants d’origine indienne, libanaise, pakistanaise et chinoise en République démocratique du Congo.
« Nous vous recommandons donc d’être vigilants quant à la consommation de ces produits et d’encourager des habitudes alimentaires saines pour vos enfants. Ainsi, partant du principe « mieux vaut prévenir que guérir », nous vous prions vivement de faire dépister vos enfants afin de prendre les précautions nécessaires », poursuit le communiqué du ministère de la Santé. Qui ajoute, « en prenant des mesures préventives, nous pouvons contribuer à réduire les risques de diabète chez les jeunes ».
L’OMS donne de la voix
En RDC, le taux d’imposition du jus et limonades produits localement est de 10%. Un droit d’accise insignifiant pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui convie les États membres à faire du Trump, non pas en quittant ce système des Nations unies mais en surtaxant ces produits sucrés (autant que les bières et autres produits alcoolisés) pour freiner leur consommation et sauver des vies face à la montée des maladies liées à la consommation croissante de boissons sucrées et alcoolisées, particulièrement parmi les enfants et les jeunes adultes.
Dans deux rapports publiés mi-janvier 2026, l’agence onusienne de la santé met en lumière l’insuffisance des politiques fiscales mises en place, qui laissent ces produits nocifs accessibles à bas prix, au détriment de la santé publique. La Direction générale des douanes et accises (DGDA) table sur des recettes minimales de 122 869 753 065 CDF, soit pratiquement 50 millions $US au taux budgétaire révisé de 2467 CDF/$US. Et, au bas mot, 1 735 000 $US sur les jus et limonades importés. Ce n’est pas une révélation, une véritable industrie de contrefaçon des jus, limonades, vins, etc, eaux de table de marques étrangères, opère dans des usines de la place tenues par des Libanais, Chinois et Indo-pakistanais.
Le marché mondial des boissons sucrées et alcoolisées génère, en effet, chaque année, des milliards de dollars de bénéfices, mais la majorité de ces gains ne profite qu’aux industriels. Pour l’OMS, il est temps, il urge donc d’activer les taxes sanitaires. « Ces taxes font partie des outils les plus puissants pour promouvoir la santé et prévenir les maladies », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’organisation. Selon lui, augmenter les taxes sur des produits tels que le tabac, les boissons sucrées et l’alcool permettrait non seulement de réduire les usages nocifs, mais aussi de dégager des ressources indispensables pour financer les services de santé.
Aucune taxe santé sur les boissons
Hélas, en RDC, le ministère de la Santé dispose des taxes sur l’autorisation de mise sur le marché des produits pharmaceutiques, l’autorisation d’importation de médicament ou de tabac, des taxes de désinsectisation, désinfection et/ou de dératisation des navires, aéronefs, trains et même une redevance sur la désinfection et le contrôle sanitaire de friperie, donc des habits de seconde main, mais rien sur les boissons sucrées et l’alcool. Pour l’OMS, les États perçoivent une part marginale via des taxes trop faibles, ce qui déplace le poids des coûts sanitaires et économiques – notamment les hospitalisations, les soins de longue durée et la baisse de productivité – sur la société dans son ensemble. Ainsi, l’organisation les exhorte à revoir leur politique fiscale.
Les récents rapports de l’OMS révèlent que 116 pays imposent une taxe sur les boissons sucrées, principalement sur les sodas. Cependant, un grand nombre d’autres produits sucrés, comme les jus de fruits naturels, les boissons lactées sucrées, ou encore les cafés et thés prêts à consommer, échappent largement à ces mesures fiscales. Par ailleurs, même si 97 % des pays taxent les boissons énergisantes, cette proportion stagne depuis 2023, indiquant un manque d’évolution des politiques.
En ce qui concerne l’alcool, au moins 167 pays appliquent une taxation, tandis que 12 autres l’interdisent totalement. Pourtant, dans la majorité des États, le prix de l’alcool est resté stable ou est devenu plus accessible depuis 2022. Les taxes n’ont pas suivi l’inflation ni la croissance des revenus. Notamment, le vin bénéficie d’exemptions fiscales dans au moins 25 pays, principalement en Europe, malgré ses risques avérés pour la santé. La médiane mondiale des droits d’accise s’établit à seulement 14 % pour la bière et 22,5 % pour les spiritueux. Pour les boissons sucrées, la taxe moyenne ne représente qu’environ 2 % du prix d’un soda classique, et elle ne couvre souvent qu’une partie du marché. De plus, peu de pays ajustent ces taxes pour suivre l’inflation, ce qui rend ces produits de plus en plus abordables avec le temps.
Les actions sur le terrain
Pour répondre à cette problématique, l’OMS lance l’initiative « 3 d’ici 35 », un programme ambitieux visant à relever significativement, d’ici 2035, les prix réels du tabac, de l’alcool et des boissons sucrées. L’objectif est de rendre ces produits moins accessibles, afin d’enrayer l’épidémie croissante de maladies évitables qu’ils provoquent. Dans ce contexte, les experts appellent les gouvernements à repenser et renforcer leurs systèmes fiscaux sur ces boissons. Ce changement est présenté comme une nécessité pour protéger les populations, réduire la charge sur les systèmes de santé et limiter les lourds coûts sociaux engendrés par la consommation excessive de sucre et d’alcool. En RDC, on a coutume d’instaurer de nouvelles taxes en plein exercice budgétaire, à l’instar de la nouvelle plaque d’immatriculation qui a été imposée le 2 janvier 2026 alors que le budget a été promulgué par le chef de l’État, quatre jours plus tôt.
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