
Afrique
En soutenant le processus de paix initié par Washington et Doha, la communauté internationale espère voir ces efforts diplomatiques déboucher sur la restauration d’une paix durable dans l’est de la République Démocratique du Congo, mais aussi dans les Grands Lacs. Une région où le régime actuel de Kigali joue au pyromane en violant l’intégrité territoriale de la RDC et en pillant ses ressources.
Le soutien diplomatique apporté à ce processus a le mérite d’avoir accouché de l’ accord de paix RDC – Rwanda et d’avoir ouvert la voie à la tenue imminente d’un dialogue entre Kinshasa et les rebelles de L’AFC/M 23 soutenus militairement par Kigali.
Vider la question des FDLR
Mais, à l’heure où le décor se met en place pour un cessez-le-feu feu entre Kinshasa et les rebelles qui occupent Goma et Bukavu, le bon sens voudrait que la communauté internationale s’emploie aussi à pousser Kigali à organiser un dialogue inter-rwandais inclusif. Malheureusement, rien de tel n’est fait dans ce sens. Pourtant, seul un dialogue inter-rwandais inclusif pourrait ouvrir la voie au retour volontaire des FDLR et d’autres opposants au régime de Kigali qui, pour leur sécurité, vivent aujourd’hui loin de leur pays.
En effet, sans un dialogue inter-rwandais véritablement inclusif et organisé dans un pays voisin ( Tanzanie ou Afrique du Sud, par exemple), on ne peut vider la question des ex- rebelles hutus rwandais ( FDLR).
Pour rappel, l’exil de ces combattants hutu remonte à l’assassinat du président Habyarimana, en 1982. Ce président hutu revenait d’une mission à l’étranger, lorsque l’avion qui le ramenait à Kigali a été abattu en plein vol par un missile. Un drame qui avait alors donné lieu au génocide des tutsi. C’est dans cette situation confuse que la rébellion tutsi dirigée par un certain Paul Kagame a réussi à prendre le pouvoir à Kigali et à asseoir une dictature féroce au pays de mille collines. Depuis lors, Paul Kagame ne cesse de brandir la présence supposée des FDLR sur le territoire congolais, pour justifier ses actions de déstabilisation et de pillage dans l’est de la République Démocratique du Congo, ainsi que le soutien logistique qu’il apporte aux rebelles de l’AFC/M 23.
Il est donc impérieux que la problématique des FDLR soit réglée parallèlement au processus de paix en cours en RDC. C’est à ce prix, pensons-nous, qu’une paix durable est envisageable dans la région des Grands Lacs. Connaissant le degré de nuisance de l’homme qui dirige aujourd’hui le Rwanda d’une main de fer, seule une pression soutenue des Etats-Unis et de l’Union Européenne pourra convaincre Paul Kagame à démocratiser le paysage politique de son pays, à travers la tenue d’un dialogue inter-rwandais inclusif auquel prendraient part les FDLR et tous les autres opposants rwandais vivant en exil.
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