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Le "Conseil de la paix", une "diplomatie du milliard" pour remplacer l'ONU ?

2026-02-21
21.02.2026
2026-02-21
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Le Conseil de la paix, une nouvelle

Le "Conseil de la paix", qui a tenu sa première séance jeudi à Washington sous l'égide de Donald Trump, portait à la base sur la reconstruction de Gaza. Mais son ambition est toutefois plus vaste: concurrencer les Nations unies avec cette nouvelle instance, qui peut compter sur de nombreux milliards.

Le président américain a présidé la première réunion officielle de son "Conseil de la paix" dans un cadre hautement symbolique: l'Institut des Etats-Unis pour la paix, rebaptisé en décembre 2025 "Institut Donald J. Trump pour la paix" par le département d'Etat.

Ce conseil a réuni 47 pays et a regroupé des alliés de Donald Trump, comme la Hongrie de Viktor Orban et l'Argentine de Javier Milei, et des puissances régionales comme l'Egypte, Israël ou l'Indonésie. La Suisse, comme l'Union européenne, était présente en tant qu'observatrice. Des grands pays du Sud global comme le Brésil, l'Inde ou la Chine étaient eux absents.

Si le "Conseil de paix" se veut être une alternative à l'ONU, Chloé Maurel, historienne et chercheuse associée à la Sorbonne, rappelle vendredi dans l'émission Tout un monde que cette instance n'est pas du tout démocratique.

"Complètement anti-démocratique"

"Contrairement aux Nations unies qui rassemblent presque tous les pays du monde sur une base égalitaire, avec une voix égale à chaque Etat à l'Assemblée générale, le 'Conseil de la paix' de Donald Trump rassemble seulement 27 Etats membres, explique la spécialiste de l'ONU. Il a envoyé des invitations à 60 pays seulement et ça ne rassemble que 18% de la population mondiale."

Chloé Maurel poursuit: "Ce conseil est centré sur Donald Trump. Il a un droit de veto et il est le seul habilité à inviter des Etats ou à les révoquer." La chercheuse note également que l'argent est au centre du "Conseil de la paix". Les Etats doivent débourser un milliard de dollars pour y avoir un siège permanent et "les Etats-Unis eux-mêmes ont apporté jusqu'à 10 milliards de dollars".

Pour l'historienne, cette façon de fonctionner est "complètement anti-démocratique. C'est en contradiction avec les valeurs humanistes et progressistes de l'ONU". Et de formuler: "C'est une diplomatie du milliard."

En concurrence directe avec les Nations unies

"Le Conseil de la paix" n'est pas la seule structure parallèle aux Nations unies. "Comme l'ONU est paralysée par les nombreux vétos, elle est marginalisée et concurrencée par beaucoup d'autres structures et forums comme le G7, le G20 ou des organisations régionales comme l'Otan, l'OCDE ou d'autres structures", explique Chloé Maure.

La différence, poursuite l'experte, est que contrairement à ces structures, le "Conseil de la paix" ne cherche pas à se coordonner avec l'ONU, mais "il tente de la marginaliser, de la remplacer. Ce n'est pas du tout la même logique".

Cette tentative de remplacement se retrouve d'ailleurs dans les différences de financement. Là où le "Conseil de la paix" dispose de milliards de dollars, "l'ONU est en manque de budget, puisque les Etats-Unis ont retiré leur financement à de nombreuses agences onusiennes".

Les Gazaouis pas écoutés

Le "Conseil de la paix" compte utiliser ses moyens colossaux pour accomplir sa première tâche, la reconstruction de Gaza. Jeudi, plusieurs pays ont annoncé leurs contributions pour un total de sept milliards de dollars. "C'est presque le double de tout le budget de l'ONU (qui était de 3,72 milliards de dollars en 2025, ndlr)."

"Malheureusement, ça ne suffira pas pour la reconstruction de Gaza, parce que les destructions sont colossales. Et l'autre problème est que ce projet de reconstruction et de réorganisation de Gaza se fait sans demander l'avis de Gazaouis", regrette Chloé Maure.

Elle détaille: "Le Comité national pour l'administration de Gaza, qui a été créé sous la supervision du 'Conseil de la paix', est un comité technocratique qui ne correspond pas vraiment à la volonté de l'ensemble de la population de Gaza. C'est une manière pour Donald Trump de tout diriger, de tout réorganiser lui-même sans demander démocratiquement l'avis des populations concernées", conclut la chercheuse.

 

Propos recueillis par Julie Rausis
RTS / MCP , via mediacongo.net
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