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Politique

Constitution, Boshab assume le choix de la révision

2026-02-24
24.02.2026
2026-02-24
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Le professeur Evariste Boshab, un des éminents constitutionnalistes congolais @Photo Droits tiers.

Vingt ans après la promulgation du texte fondateur de la Troisième République, Évariste Boshab assume le choix de la révision. Considéré comme l’un des plus éminents constitutionnalistes de la RDC, l’ancien président de l’Assemblée nationale relance le débat sur la révision constitutionnelle.

Le professeur de droit constitutionnel ne soupèse pas ses mots. La Constitution de 2006, aujourd’hui dépassée par le temps et par les mutations profondes de la société congolaise, n’est plus un socle intouchable, mais un cadre à adapter, voire à transformer. « Nous fêtons aujourd’hui les 20 ans. Cela signifie que nous avons déjà dépassé la moyenne. Est-ce une raison pour s’en complaire ou est-ce une raison pour se dire que les réalités qui ont présidé à l’adoption de ce texte ne sont plus les mêmes aujourd’hui ? », s’est-il vivement interrogé.

Intervenant le 18 février 2026, dans un colloque marquant le vingtième anniversaire de la Loi fondamentale, Boshab s’est appuyé sur l’analyse du juge américain Stephen Breyer pour défendre son argumentaire : la durée de vie moyenne d’une Constitution est de dix-sept ans. La RDC en compte vingt. Dépassée. Déphasée. Selon lui, la révision ou le changement intégral n’est plus une hypothèse, mais une nécessité incontournable.

 Une sortie polémique 

L’ex-directeur de cabinet de Joseph Kabila ne se contente pas d’une observation académique. Il distingue avec rigueur la révision constitutionnelle, légale si la procédure est scrupuleusement respectée, du changement complet, qui relève d’un choix politique et non juridique. Le juriste pose les jalons d’une réflexion que beaucoup redoutaient : après vingt ans, les mécanismes instaurés, à savoir; décentralisation, régime semi-parlementaire, équilibre des pouvoirs n’ont pas réellement produit la stabilité ou le développement escompté.

Le constat de Boshab est tranchant : « Si la Constitution ne reflète plus les aspirations actuelles de la nation, il faut avoir le courage de la retailler pour l’adapter à la morphologie contemporaine de l’État ». L’ex-speaker martèle que le texte fondamental ne saurait être un texte sacré, immuable, mais un instrument au service de la gouvernance et du peuple.

Une Constitution dépassée et contestée 

Pour le professeur constitutionnaliste, trois griefs majeurs accablent l’actuelle Loi fondamentale, à savoir : une rédaction faite à l’étranger et par des étrangers : Comme l’indique l’ouvrage de Gilbert Tshilumba Kalombo, la Constitution de 2006, comme celle de 1960, a été rédigée à Liège, en Belgique, dans un contexte de tiers exogènes, une structure précipitée et inachevée : La Constitution présente des titres, chapitres, sections et paragraphes qui semblent dépourvus de rigueur formelle, révélant un texte conçu dans l’urgence, une inadéquation aux temps actuels : Certaines dispositions paraissent d’une généralité vide de substance, inadaptées à la réalité sociale et politique actuelle de la RDC.

Ainsi, Evariste Boshab interpelle la société congolaise à haute voix. Faut-il se laisser séduire par le mode des révisions, ou faut-il d’abord comprendre ce que l’on souhaite réellement changer ? Ces questionnements reflètent la profondeur du malentendu et la nécessité d’une circonspection politique.

 Tensions autour du changement constitutionnel 

Depuis plusieurs années, le régime Tshisekedi est accusé par l’opposition de vouloir modifier la Constitution. Les tentatives détectées ont suscité des réactions immédiates. Ensemble de Moïse Katumbi, Lamuka de Martin Fayulu, FCC de Joseph Kabila et plusieurs ténors de l’opposition s’étaient farouchement opposés à toute révision ou changement de la loi des lois, jurant de faire bloc pour ne pas laisser le président franchir ce seuil.

Si certains y voient d’ailleurs une nécessité pour défendre l’intégrité territoriale, d’autres concluent à un calcul politique malsain. Pour rappel, en 2024, chaque déplacement de Félix Tshisekedi à Kisangani, Lubumbashi ou Isiro fut ponctué d’affirmations sur l’urgence de corriger un texte que le président jugeait rédigé à l’étranger par des étrangers.

 Controverse sur le troisième mandat

L’article 217, qui permet la conclusion d’accords pouvant impliquer un abandon partiel de souveraineté pour promouvoir l’unité africaine, cristallise la polémique. Pour le président de la République, cette disposition consacre carrément la vente de la souveraineté du pays à des États africains. Pour l’opposition, par contre, cet argument serait un prétexte pour permettre au chef de l’État de briguer un troisième mandat. Tshisekedi lui-même avait déclaré en décembre 2024. « Qui peut m’empêcher, moi garant du bon fonctionnement des institutions, de changer la Constitution ? Personne ne changera ma position sur la révision ou le changement de la Constitution ».

Le chef de l’Etat dénonçait également l’inaction face à ce qu’il considère comme un danger pour la nation. « Demander aux Congolais de ne pas revoir leur Constitution alors qu’il y a le fameux article 217 qui consacre la vente de notre souveraineté ? Le pays est en danger. Je suis l’un des Congolais les mieux placés pour comprendre cela ».

 Une démarche technique et évaluative 

Boshab replace le débat dans une perspective scientifique. Le constitutionnaliste invite à mesurer si les objectifs assignés par le constituant de 2006 ont été atteints. La Constitution a-t-elle mis fin aux cycles de rébellions ? Le découpage en 26 provinces et l’autonomie financière sont-ils effectifs ou paralysés ? Le régime semi-parlementaire permet-il une gouvernance efficace ou engendre-t-il des blocages ? L’approche, bien que méthodique, ne peut dissiper la méfiance politique. Le risque demeure que les révisions ne servent que les intérêts d’une classe politique et non le peuple.

Pour Évariste Boshab, la Constitution de 2006, jadis pilier de la République, est devenue un vêtement trop étroit pour les aspirations actuelles du peuple congolais. Il rappelle à tous que « la nation ne peut se permettre le confort des demi-mesures ». Le débat sur sa révision ou son remplacement n’est plus un choix, mais une nécessité urgente, une flamme que plus personne ne pourra éteindre. Jusqu’ici, cette question était restée en retrait, étouffée par les tensions dans l’est et les actions déstabilisatrices du M23. La déclaration de Boshab ravive désormais la polémique au niveau national.

Chrioni Kibungu
Ouragan / MCP , via mediacongo.net
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Il y a 3 jours
Toute cette litanie pour rien : quel article ! Un pays où mettre la charrue avant les boeufs est une valeur. Des intellos sont devenus des bouffons du roi, des djalolistes à peine masqués : la pauvrêté matérielle comme l'appat du gain rend fou et aveugle.

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Il y a 3 jours
Les congolais sont coupés du monde politique et académique des autres pays. Vous pensez un Professeur Sénégalais tenir un discours, si banale et idiote ? L'essence de la démocratie c'est avoir des avis contraire. Gagner une élection, ne veut pas dire que le peuple est avec vous. Une constitution votée par référendum cela sous entend, le peuple du moment et de demain. Boshab, il a fait un référendum pour dire, que le peuple veut le changement de la constitution? . La constitution est dépassée et contestée, voilà les mots en vogue, de la part des vos éminents professeurs. En réalité ces professeurs devraient dire, " vous les politiciens, du président de la République et jusqu'au dernier député ". Vous ne respecter la constitution et textes. Alors vous voulez la changer ? Le non respect de cette constitution est la base, de la situation du moment. La RDC est comme le malade qui ne prend pas son médicament, mais veut un autre à la place suivant ses goûts.

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Il y a 3 jours
Une Constitution élaborée à l’époque pour faire plaisir à Joseph Kabila et pour affaiblir le Congo. Qu’on le veuille ou non, elle sera changée. N’en déplaise aux Rwandais et à leurs suppôts.

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Il y a 3 jours
Vous réfléchissez sur le futur de Tshilombo, son frère et sa bande. Tshilombo a démontré etre incapable de tenir la RDC unie. Ses ambitions tribales ont portés ou vont porter au démembrement de la RDC. Déjà les FARDC ont des difficultés à prendre minembwe, vous imaginez arriver à Kigali aussi. Les Ougandais, les Rwandais, les burundais, les mercenaires, tous viennent massacrer les congolais et continuer à pensez que vous avez des génies politiciens.

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Il y a 3 jours
Le tutsi Mampuya est très actif aujourd'hui sur la constitution congolaise qui ne le concerne même pas. Parlez nous de Willy Ngoma et de votre frère Makenga. Laissez nous le temps de réfléchir sur notre avenir comme nation. Allias Mampuya, tu n'a pas des leçons à donner aux congolais

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Il y a 3 jours
Vous allez parlez de Bob Kabamba aussi? Qui oublie le camp de Bob Kabamba, il n'a jamais été du côté de camp congolais C'est la constitution des congolais qui n'a rien à affaire avec les Prof ou intellectuels. Ça vous excite en quoi chers Rwandais? Vous avez votre constitution chez vous.

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Il y a 4 jours
Les professeurs Mampuya ou Kabamba, sont ils moins congolais, moins professeurs, lorsqu'ils disent que la constitution de la RDC étaient écrite, pensée par des congolais ?

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Il y a 4 jours
Les congolais doivent mettre fin, à cette fausse egemonie culturelle et intellectuelle des diplômes et diplômés. Il faut des sévères contrôles des titres académiques et des vrais concours dans les embauches d'état.

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Il y a 4 jours
(Suite). Sont des tribalistes ou des vrais professeurs. Kamizelo, Kabila, Yav, Ecc sont poursuivi par la justice. Non pour des crimes commis, tout simplement, aujourd'hui la justice doit etre à côté du pouvoir et non indépendante. Aux USA, un simple juge peut bloquer Trump. En RDC impossible. Un groupe mafieux veut porter à la dissolution de la RDC involontairement. Je prouve un dégoûtant et un dégoût total pour ces titrés processeurs. En Europe je pense qu'ils ne seront jamais assistant.

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Il y a 4 jours
Voilà la grande stupidité, l'idiotie et la limite de l'intelligentsia Kassaiene, qui est un grand problème pour la RDC démocratique. Aucun professeur d'université sérieux peut se mettre à la tête de mettre en discussion une loi fondamentale. Pour une simple raison, il met en discussion la classe politique, le parlement de son pays en discussion. La question est, cette classe politique est en mesure de respecter leur loi fondamentale ? J'assiste aux débats des professeurs d'universités en matière des constitutions, tous interpellent l'esprit des padres fondateurs et très souvent condamnent les politiciens pour non observation de la loi. En Corée du Sud le dernier ancien président a été condamné à vie, pour tentative de renverser l'ordre constitutionnel de Corée, pour son intention de proclamer la loi martiale. Si le rôle des professeurs est celui de corriger ou changer de constitution, alors demain pourquoi un autre prof ne pourrait le faire. Nous devrions être sincère avec nous même. Le problème des professeurs et diplômes Kassaiens s'impose. Sont des tribalistes ou des vrais professeurs. Kamizelo, Kabila, Yav, Ecc sont poursuivi par la justice. Non...

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Il y a 4 jours
Merci boshab muana mboka

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Réponse : 1
Il y a 4 jours
Pour soutenir son idée de changer la constitution congolaise, Evariste Boshab fait référence à l'américain Stephen Breyer qui avait dit : la durée d'une constitution est de 17 ans ". Avant d'évoquer Stephen Breyer, Evariste Boshab devrait se poser la question de savoir :chez Stephen Breyer aux États-Unis , leur constitution a quel âge ? Et a été changée combien des fois ?

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