
Société
Même derrière les barreaux, Constant Mutamba n’a pas tourné le dos au combat qui a marqué son passage à la tête du ministère de la Justice. Loin du tumulte des tribunes politiques et des charges officielles, l’ancien ministre poursuit, plume à la main, le même objectif : défendre la cause d’une justice forte pour la République démocratique du Congo.
C’est dans cet esprit qu’il signe un ouvrage au titre évocateur : « Les réformes judiciaires menées et à mener : sésame du redressement de la justice congolaise ». À travers ce livre, l’ex-garde des Sceaux entend porter un message clair : la reconstruction de l’État congolais passe nécessairement par une transformation profonde de son appareil judiciaire.
Dans cet écrit, Mutamba revient sur ce qu’il considère comme l’une des batailles les plus décisives pour l’avenir du pays, celle de la réforme de la justice. Une justice qu’il décrit comme fragilisée depuis longtemps, exposée à diverses pressions et rongée par l’impunité et les anti-valeurs.
Pour l’ancien ministre, une nation ne peut se bâtir solidement lorsque la justice chancelle. Selon lui, la stabilité des institutions, la crédibilité de l’État et la confiance des citoyens reposent avant tout sur l’existence d’un système judiciaire fort, indépendant et respecté. « Sans justice forte, aucune réforme durable ni stabilité de l’État n’est possible », écrit-t-il.
Une justice affaiblie, minée par les pressions
Dans son ouvrage, Constant Mutamba dresse le portrait d’un système judiciaire qui, d’après lui, a longtemps évolué sous des contraintes multiples. Pressions politiques, impunité persistante, pratiques contraires à l’éthique : autant de réalités qui, à ses yeux, ont éloigné la justice des attentes profondes du peuple congolais.
Le leader de l’Opposition républicaine explique que lorsqu’il a accepté d’assumer les responsabilités à la tête de la Justice, sa motivation ne relevait ni du prestige d’une fonction ni du confort d’un statut. Sa démarche s’inscrivait plutôt dans une volonté de s’attaquer frontalement à une réalité qu’il juge préoccupante.
« Si j’ai accepté d’assumer les charges du ministre de la Justice, ce n’était ni pour le confort d’une fonction ni pour la facilité d’un statut », indique-t-il, avant de préciser qu’il s’agissait d’affronter un système fragilisé, exposé aux pressions et profondément éloigné des attentes populaires. Pour lui, la conviction était simple mais ferme : sans une justice solide, aucune réforme ne peut produire d’effets durables et aucun État ne peut prétendre à une stabilité réelle.
Un document de gouvernance et de transparence
L’ouvrage se veut bien plus qu’un témoignage personnel. Constant Mutamba insiste sur la nature du document qu’il livre à l’opinion publique. De sa conviction, ce livre n’est ni un récit autobiographique moins encore une publication dictée par les circonstances. Il le présente plutôt comme un acte de gouvernance et de responsabilité envers la nation.
Dans ce texte, l’ex-garde des Sceaux expose les réformes judiciaires qu’il affirme avoir engagées durant son passage au gouvernement. Il y détaille également celles qui ont été amorcées, parfois contestées, mais qu’il estime indispensables pour redresser le système judiciaire congolais.
Au-delà des mesures déjà initiées, l’auteur évoque aussi les réformes qu’il dit avoir conçues et structurées pour l’avenir. D’après lui, une transformation sérieuse de la justice ne peut se limiter à la durée d’un mandat politique. Elle doit s’inscrire dans une vision de long terme. Ainsi, ce livre se présente comme la trace écrite d’un projet de réforme destiné à survivre au passage des hommes au pouvoir.
Parler à toute la nation
Constant Mutamba affirme avoir voulu s’adresser à un public plus large. Son ouvrage vise d’abord les acteurs directs du monde judiciaire, notamment les magistrats, avocats et universitaires qui réfléchissent et façonnent le système de justice. Mais il s’adresse également aux décideurs politiques appelés à prendre des orientations déterminantes, ainsi qu’à l’ensemble des citoyens congolais désireux de comprendre les choix posés durant son passage au ministère.
Dans ces pages, Mutamba cherche à expliquer pourquoi certaines décisions ont été prises et pourquoi, selon lui, les réformes engagées doivent se poursuivre. Au fil du texte, il adopte un ton qui dépasse la simple analyse administrative. Pour lui, la justice ne doit pas être perçue comme un simple décor institutionnel ou un ensemble de structures formelles. Il la décrit plutôt comme un combat permanent. Un combat contre l’arbitraire. Un combat contre l’impunité. Un combat contre la peur et la résignation. Dans la vision qu’il expose, la justice congolaise ne pourra se transformer que si elle refuse le silence et les compromissions. Elle doit, selon lui, s’appuyer sur la clarté des principes, la fermeté des décisions et une responsabilité historique vis-à-vis de la nation.
L’appel à poursuivre les réformes
Au terme de son plaidoyer, Mutamba insiste sur un point central : la réforme de la justice n’est pas une option politique parmi d’autres. Elle constitue une exigence fondamentale pour l’avenir de la République démocratique du Congo. C’est pourquoi, il considère son ouvrage comme un témoignage destiné à rappeler l’importance de ce chantier. « Les réformes ne sont pas une option. Elles sont une nécessité d’État », a-t-il épinglé.
À travers « Les réformes judiciaires menées et à mener : sésame du redressement de la justice congolaise », l’ancien ministre affirme ainsi vouloir laisser une trace. Celle d’un engagement qu’il présente comme indispensable pour restaurer la crédibilité de la justice congolaise et renforcer les fondations de l’État. Même privé de liberté, Constant Mutamba entend donc poursuivre le combat qu’il dit avoir mené au sommet de l’appareil judiciaire, celui d’une justice capable de tenir debout face aux pressions, et de répondre enfin aux attentes profondes du peuple congolais.
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Constant Mutamba, ex-ministre de la Justice et garde des sceaux