
Politique
Sur X, samedi 7 mars 2026, la discussion qui agite la classe politique nationale a tourné au démontage méthodique. Jean‑Claude Katende, président de l’ASADHO, y a répondu coup pour coup aux formules historiques brandies par Augustin Kabuya pour justifier une révision constitutionnelle, cette vieille rengaine «Mobutu l’a fait, Kabila l’a fait, pourquoi pas nous?» remise en orbite par le président intérimaire de l’UDPS.
D’emblée, l’activiste Katende juge l’argument du politique Kabuya « ridicule » et lui oppose un questionnement serré, clinique, destiné à désamorcer la rhétorique d’évidence: les contextes sont‑ils comparables? Mobutu ou Laurent‑Désiré Kabila étaient‑ils des démocrates? Joseph Kabila a‑t‑il touché aux mêmes dispositions verrouillées? Et surtout: Félix Tshisekedi possède‑t‑il aujourd’hui les pouvoirs juridiques pour modifier ces clauses protégées ?
Autant de questions qui, selon Katende, rendent l’analogie bancale et l’argument historique inopérant. Le ton n’est pas seulement juridique, il est civique. Katende refuse que l’histoire serve de cache‑misère à une opération politique. « Votre intention de changer la constitution est connue, mais utilisez des arguments qui montrent au moins que vous avez été à l’école », lance‑t‑il, piquant et sans concession.
Le message vise directement ceux qui, derrière des références historiques sorties de leur contexte, cherchent à banaliser une transformation profonde des règles du jeu politique. Une autre publication suivie le même jour renforce la même ligne: la démocratie ne se bâtit pas sur la pensée unique. « Le pays se meurt quand on impose à tout le monde de penser de la même façon et surtout quand on prend celui qui pense autrement pour un ennemi. La pensée unique tue le pays », écrit Katende, rappelant que la dissidence de Bahati mérite d’être entendue plutôt que stigmatisée.
Ce positionnement de l’activiste est aussi une défense des dissidents internes. La veille encore, Katende saluait le 2e vice-président du Sénat: «Modeste Bahati a raison. Apprenons à dire la vérité et à la supporter». Et il prévient, non sans gravité: Monsieur le Président de la République, soyez prudent!» Autant d’avertissements destinés à placer le débat constitutionnel sous la bannière de la prudence et de la responsabilité.
Au‑delà des piques et des tweets, Katende opère un renversement argumentatif: il montre que l’invocation des précédents historiques est sans portée si elle ne s’accompagne pas d’un examen des réalités politiques, juridiques et morales. Mobutu n’est pas Tshisekedi; Laurent‑Désiré Kabila n’est pas un précédent institutionnel comparable; et citer Joseph Kabila sans préciser les modalités et les limites de ses interventions constitutionnelles est un sophisme.
Les conséquences pratiques sont claires: recourir à l’histoire comme prétexte affaiblit la légitimité d’une réforme et alimente la défiance publique. Katende le souligne: museler les voix discordantes et présenter le lancement d’une révision comme une continuité historique sans débat élargi risque d’envenimer la crise politique, d’éroder la confiance des partenaires internationaux et de fragiliser les institutions nationales.
En convoquant la mémoire collective pour la déployer en alibi politique, les promoteurs de la révision prennent un pari dangereux. Katende le dit sans ambages: si l’on veut discuter sérieusement d’une modification de la Constitution, il faudra sortir des slogans, présenter des arguments étayés, ouvrir la parole et garantir transparence et procédures. Sinon, l’histoire ne servira que de paravent et le pays en payera le prix.
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Jean-Claude Katende, président national de l’Association africaine de défense des droits de l'homme (Asadho)