
Politique
La scène politique congolaise est secouée par une nouvelle sortie médiatique de l’ancien président Joseph Kabila, qui, dans un entretien accordé au média belge La Libre Belgique, appelle implicitement le peuple congolais à recourir à l’article 64 de la Constitution pour faire face à ce qu’il qualifie de « dérives » du régime actuel. Selon plusieurs médias congolais, cette prise de position intervient dans un contexte de tensions politiques accrues autour d’éventuelles réformes constitutionnelles et de la Gouvernance du pays. Dans cet entretien réalisé depuis Goma, l’ancien chef de l’État accuse les autorités de Kinshasa d’ignorer la Constitution depuis plusieurs années, estimant que « la Constitution n’existe pas » dans sa forme actuelle.
Un appel à la mobilisation populaire
Des commentaires relayés dans la presse nationale indiquent que Joseph Kabila mise désormais sur une mobilisation populaire pour provoquer un changement de régime. Certains journaux évoquent même l’hypothèse d’un « soulèvement populaire » à Kinshasa ou dans le Grand Katanga pour « balayer le régime » en place. Cet appel fait écho à l’article 64 de la Constitution de la République Démocratique du Congo, qui stipule que «tout citoyen a le devoir de faire échec à toute prise de pouvoir par la force ou en violation de la Constitution».
Une position jugée paradoxale
Cependant, cette déclaration suscite une vive controverse au sein de l’opinion publique. De nombreux observateurs dénoncent une posture jugée contradictoire de la part de l’ancien président, qui a dirigé le pays de 2001 à 2019. Durant son maintien au pouvoir au-delà de son mandat constitutionnel en 2016, des manifestations avaient été violemment réprimées, faisant plusieurs morts et des centaines d’arrestations.
À l’époque, l’opposition invoquait déjà l’article 64 pour justifier la mobilisation populaire contre le régime Kabila. Pour plusieurs analystes, voir aujourd’hui l’ancien chef de l’État se référer à ce même article constitue une « ironie politique » révélatrice des mutations du paysage politique congolais.
Réactions contrastées
L’interview de Joseph Kabila a provoqué des réactions profondément divisées. Certains saluent une prise de parole qui relance le débat sur la gouvernance et le respect de la Constitution, tandis que d’autres remettent en cause sa légitimité, pointant du doigt son bilan et son silence passé sur ces questions. Dans les réseaux sociaux et les milieux politiques, la référence à l’article 64 est interprétée par certains comme un signal politique fort, voire comme une stratégie de repositionnement dans un contexte de crise persistante.
Un climat politique sous tension
Cette sortie médiatique intervient alors que les relations entre Joseph Kabila et le pouvoir en place restent extrêmement tendues. Depuis plusieurs mois, l’ancien président multiplie les critiques contre le régime de Félix Tshisekedi, qu’il accuse de dérive autoritaire et de mauvaise Gouvernance.
Dans un pays déjà fragilisé par les crises sécuritaires à l’Est et les divisions politiques internes, cet appel à la mobilisation populaire pourrait contribuer à accentuer les tensions.
Au-delà de la polémique, cette prise de position marque un tournant dans la stratégie politique de Joseph Kabila. En s’appropriant désormais un instrument constitutionnel autrefois brandi contre lui, l’ancien président semble chercher à capter une partie du mécontentement populaire, au risque d’alimenter davantage la polarisation politique en RDC.
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