
Economie
Le Comité de politique monétaire de la Banque centrale du Congo s’est réuni jeudi 9 avril 2026 pour examiner, à la loupe, l’évolution économique du premier trimestre et tracer les perspectives pour le reste de l’année. Sous la présidence du gouverneur André Wameso Nkualoloki, cette session a mis en lumière un double constat : d’un côté, un contexte international sous tension, marqué par les perturbations énergétiques et la hausse des prix pétroliers ; de l’autre, une économie nationale qui tient le cap, portée par une croissance attendue à 6,2 % et une inflation ramenée à 2,2 %.
À la clé, une série de décisions structurantes, allant de la baisse du taux directeur à 13,5 % au maintien des réserves obligatoires, en passant par l’introduction d’un Bon BCC à 6 mois et un encadrement renforcé des opérations en devises à l’horizon avril 2027.
Dès l’entame de ses travaux, le Comité a dressé un constat de la situation économique mondiale. Les contrecoups du conflit au Moyen-Orient continuent de peser lourdement sur les équilibres globaux. Les marchés énergétiques en sont directement affectés, entraînant une hausse des coûts logistiques et une flambée des prix pétroliers. Cette évolution alimente les tensions inflationnistes à l’échelle internationale et contribue à assombrir les perspectives de croissance.
Dans ce contexte, la République démocratique du Congo présente, selon les termes du Comité, un environnement économique relativement stable. L’activité économique fait preuve de résilience, soutenue par le dynamisme du secteur extractif et la bonne tenue des activités hors mines. Cette double impulsion permet d’envisager une accélération de la croissance, projetée à 6,2 % en 2026, contre 5,8 % l’année précédente.
Sur le front des prix, les indicateurs confirment une évolution favorable. À fin mars 2026, l’inflation en glissement annuel s’établit à 2,2 %, en nette baisse par rapport aux 10,1 % observés à la même période en 2025. Le Comité souligne que, dans un contexte de suivi renforcé de la liquidité bancaire, les pressions inflationnistes observées restent principalement liées aux anticipations des agents économiques, à la demande accrue de céréales dans la zone sud ainsi qu’à des facteurs saisonniers.
Le marché des changes, en revanche, offre une lecture plus nuancée. Depuis le début de l’année, le franc congolais s’est légèrement apprécié de 0,04 % sur le segment parallèle, tout en enregistrant une dépréciation de 3,08 % sur le marché officiel. Les cours de change se sont établis à 2.287,71 francs congolais au taux indicatif et à 2.309,38 francs congolais sur le marché parallèle pour un dollar américain. Selon le Comité, cette évolution s’explique notamment par des demandes cycliques de devises liées à la reconstitution des stocks après les festivités de fin d’année.
Au-delà de ces constats, les risques externes demeurent clairement identifiés. La persistance de la hausse du prix du pétrole, le ralentissement du commerce mondial et la montée des mesures protectionnistes sont autant de facteurs susceptibles de peser sur la croissance mondiale. Ces tendances pourraient également se répercuter sur les finances publiques nationales, influencer les prix à la pompe, alimenter l’inflation et peser sur l’accumulation des réserves de change.
Face à cet environnement, le Comité de politique monétaire a opté pour une orientation prudente, tout en introduisant un ajustement significatif de ses instruments. Le taux directeur est ainsi abaissé de 1,5 point de pourcentage, passant de 15,0 % à 13,5 %. Cette décision permet de maintenir un taux d’intérêt réel largement positif, évalué à 11,3 points par rapport à l’inflation en glissement annuel. Dans le même mouvement, le taux d’intérêt applicable aux facilités de prêt marginal est réduit de 19 % à 17,5 %. En revanche, les coefficients de la réserve obligatoire demeurent inchangés. Ils sont maintenus à 10,5 % et 0,0 % pour les dépôts à vue et à terme en monnaie nationale, ainsi qu’à 11,5 % et 10,5 % pour les dépôts à vue et à terme en devises.
Dans le souci d’améliorer la gestion de la liquidité bancaire, le Comité a également décidé d’introduire une maturité de six mois pour le Bon BCC, élargissant ainsi les instruments à la disposition des autorités monétaires.
Mais c’est sur le terrain des devises que les décisions prennent une portée particulière. Dans une démarche visant à renforcer la sécurisation des approvisionnements en billets étrangers, à poursuivre la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, et à harmoniser les procédures de change à l’échelle nationale, la Banque centrale a décidé d’assurer l’exclusivité de l’importation physique des billets en monnaies étrangères. Cette mesure entrera en vigueur dans un délai de douze mois. À compter du 9 avril 2027, aucune banque commerciale ne sera autorisée à effectuer de telles importations.
Dans le même calendrier, une autre décision majeure est actée : à partir du 9 avril 2027, aucune personne, physique ou morale, ne sera autorisée à effectuer des transactions en espèces en monnaies étrangères. Désormais, toute opération en devises, quel qu’en soit le montant, devra obligatoirement s’effectuer par voie scripturale.
Parallèlement, la Banque centrale poursuit une stratégie de renforcement de ses réserves internationales. Conformément à ses communications antérieures, et dans le cadre de son partenariat avec DRC Gold Trading, elle a déjà engagé l’accumulation d’or brut d’origine artisanale, destiné à être transformé en or monétaire. Cette démarche vise à diversifier les réserves, à renforcer la confiance dans la politique monétaire et à constituer un matelas de sécurité face aux fluctuations des marchés.
En conclusion, le Comité de politique monétaire réaffirme la nécessité de poursuivre la mise en œuvre de politiques économiques saines, orientées vers la transformation structurelle de l’économie. Il insiste également sur l’importance de renforcer la coordination des politiques conjoncturelles afin de consolider durablement la stabilité macroéconomique.
À travers ces décisions, la Banque centrale du Congo veut préserver les équilibres internes tout en anticipant les chocs extérieurs, dans un environnement où la discipline monétaire demeure un levier essentiel de stabilité.
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André Wameso, gouverneur de la Banque centrale du Congo @Photo Droits tiers.