
Afrique
Dans les couloirs feutrés de l’ambassade de la République démocratique du Congo (RDC) à Kampala, l’affaire fait grand bruit. Un réseau de fabrication de passeports trafiqués vient d’être démantelé, révélant un système de corruption qui aurait permis à des proches de figures rebelles de se procurer des documents officiels.
Selon des sources internes, des passeports destinés à l’entourage de Bertrand Bisimwa, coordonnateur adjoint du mouvement armé AFC/M23, ont été interceptés avant leur livraison. Les bénéficiaires présumés incluaient sa femme et ses enfants.
Les coulisses du démantèlement
L’opération aurait été déclenchée après des fuites internes pointant vers des irrégularités dans la chaîne de délivrance des documents. Des agents de l’État congolais sont soupçonnés d’avoir facilité ces obtentions en échange de pots-de-vin, exploitant leur position pour contourner les procédures légales.
Un diplomate congolais en poste à Kampala, sous couvert d’anonymat, confie :
« Ce n’est pas un cas isolé. Les réseaux de falsification de documents prospèrent grâce à la complicité de certains fonctionnaires. Mais cette fois, les ramifications politiques et sécuritaires sont particulièrement sensibles. »
Un scandale aux répercussions régionales
La révélation de cette affaire intervient dans un contexte tendu. L’Est de la RDC est marqué par une insécurité chronique, alimentée par la présence de groupes armés comme le M23. La tentative d’octroi de passeports à des proches de ses dirigeants soulève des inquiétudes sur la porosité des institutions et la capacité de l’État à contrôler ses propres mécanismes administratifs.
À Kinshasa, aucune réaction officielle n’a encore été donnée. Mais des observateurs estiment que l’affaire pourrait avoir des retombées diplomatiques, notamment dans les relations entre la RDC et l’Ouganda, déjà fragilisées par les accusations récurrentes de soutien aux groupes rebelles.
Témoignages et interrogations
Dans les rues de Kinshasa, l’affaire suscite colère et indignation. « Comment peut-on trafiquer des documents aussi sensibles alors que des citoyens ordinaires peinent à obtenir un passeport légalement ? », s’interroge un étudiant rencontré dans le quartier de Gombe.
Pour les analystes, ce démantèlement n’est peut-être que la partie visible d’un système plus vaste. Les enquêtes devront déterminer l’ampleur du réseau et identifier les responsables au sein de l’administration congolaise.
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