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Neuf militants d’un parti d’opposition congolais arrêtés mercredi lors de heurts avec les forces de l’ordre à Lubumbashi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, ont été condamnés vendredi à des peines de 2 à 10 ans de prison.
Ces membres de l’Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec), parti de l’opposant Gabriel Kyungu wa Kumwanza, figure politique de la région du Katanga, ont été jugés et condamnés dans la nuit de jeudi à vendredi pour "vol", "destruction et rébellion", par le tribunal de grande instance de Lubumbashi, a-t-on indiqué au greffe de cette cour.
Les prévenus avaient été arrêtés mercredi dans la deuxième ville du Congo après des heurts entre la police et quelques centaines de militants de l’Unafec en colère après la dégradation la veille de locaux du parti. Pour l’Unafec, ces dégâts ont été causés par des individus soutenus par le pouvoir.
Me Ruphin Ekele, avocat de l’Unafec, a reconnu que les prévenus, membres du parti, avaient bien saccagé un bistrot, comme les en accuse le ministère public, mais a nié que ses clients se soient rendus coupables de vol.
Selon lui, le tribunal a assimilé à une "rébellion" le soutien manifesté publiquement par les prévenus à une candidature à la présidentielle de l’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, ce qui a été confirmé de source judiciaire.
Me Ekele a accusé le tribunal d’avoir eu "déjà une décision en poche" avant même l’ouverture du procès qu’il a qualifié de "hautement politique".
Accusé d’être civilement responsable des dégâts causés par ses partisans, M. Kyungu a été condamné - en son absence au paiement de 10 millions de francs congolais (environ 10.900 dollars) de dommages-intérêts au propriétaire du bistrot saccagé.
M. Kyungu et les 9 autres condamnés - incarcérés à l’issue du procès - ont tous interjeté appel, selon Me Ekele.
L’Unafec est membre du G7, groupe de sept partis passés de la majorité à l’opposition au président Joseph Kabila en septembre.
Fin mars, le G7 avait demandé à M. Katumbi à se présenter à la présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l’année.
Le climat politique est tendu depuis des mois en RDC en raison de l’incertitude liée au très probable report de ce scrutin. L’opposition accuse M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la Constitution interdit de se représenter, de manœuvrer pour se maintenir au pouvoir au-delà du terme de son mandat en décembre.
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