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L'UE doit-elle sanctionner des proches du président Joseph Kabila pour le contraindre à quitter le pouvoir d'ici au 19 décembre, ainsi que le prévoit la Constitution ?
Sur le sujet, l’UE est divisée. La Grande-Bretagne et la Belgique sont favorables à une mise en œuvre rapide des sanctions pour accentuer dès maintenant la pression sur Kinshasa. Mais la France et l’Italie préféreraient réserver de telles mesures à des exactions caractérisées, comme la répression violente de manifestations, ou à l’arrivée à expiration du délai constitutionnel.
Même chose pour Madrid, qui ne souhaite pas que la politique empêche l’entreprise (espagnole) ACS d’emporter l’appel d’offres lancé pour la construction du barrage Inga III, sur le fleuve Congo (Kinshasa doit faire son choix en octobre).
Résultat : les États-Unis pourraient mettre en œuvre des sanctions sans concertation avec les Européens et plus rapidement. À Washington, le Congrès a déjà fait une proposition en ce sens. « Cela fait longtemps que les États-Unis font cavalier seul sur la RD Congo », commente une source diplomatique européenne.
« Joseph Kabila respectera la Constitution »
En fevrier, Linda Thomas-Greenfield, secrétaire d’État adjointe en charge des Affaires africaines pour les États-Unis, avait préconisé des sanctions si la présidentielle n’était pas organisée dans les délais constitutionnels en RD Congo. Paris souhaite également que la présidentielle en RD Congo se déroule dans les délais constitutionnels, soit d’ici fin 2016. « La position française n’est pas anti-Kabila, elle est pro-constitution », avait déclaré l’Élysée.
Au début de l'année, ces discours des autorités américaines et françaises ne passèrent point auprès des autorités congolaises. Contacté par Jeune Afrique, Lambert Mende y avait dénoncé des « habitudes insensées et surannées » des États-Unis et de la France. « Des prises de position dépourvues de toute rationalité ».
« Personne ne demande à François Hollande [le président français] d’être pour ou contre la Constitution congolaise, avait déclaré le ministre. Le gouvernement congolais ne lui reconnaît pas le droit de s’ingérer dans les affaires intérieures de notre pays ». « La RD Congo n’est ni la province de la France ni celle des États-Unis », avait-il rappelé.
Ajoutant à l'époque, pour ceux qui soupçonnaient déjà le président sortant de vouloir se maintenir au pouvoir, que « Joseph Kabila respectera la Constitution parce qu’il est le garant de la Loi fondamentale congolaise. Mais pas parce que la France ou les États-Unis l’auraient demandé ! » avait affirmé le porte-parole du gouvernement.
Un gouvernement démocratique fonde sa légitimité sur des élections régulières
En mars, les 28 pays de l'Union européenne (UE) lançaient un appel pressant à la relance du processus électoral, affirmant que le manque de visibilité quant aux dates des élections est un grand facteur d'instabilité pour la RDC. Pour l'Union européenne, un gouvernement démocratique fonde sa légitimité sur des élections régulières. Or, les Européens voyaient une impasse dans la situation qui prévalait en RDC.
Mais aux menaces de sanctions individuelles brandies par le Royaume-Uni, Didier Reynders, le ministre belge des Affaires étrangères, préférait, il y a encore quelques mois, employer un ton modéré : « Il n’y a pas eu de débat pour l’instant en matière de sanctions. On doit vraiment donner une chance aujourd’hui au démarrage du processus électoral dans des conditions correctes en termes de fonctionnement démocratique au Congo. Aujourd’hui, ce qui est vraiment possible, c’est de lancer le processus électoral et de faire en sorte que chacun assume correctement ses responsabilités. »
Une position que la Belgique vient de changer puisqu'elle est désormais favorable à des sanctions. Reste donc à connaitre comment évoluera la position des autres membres de l'Union et s'il y aura un consensus d'ici au 19 décembre.
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