
Politique
Deux cabinets d'avocats et de lobbying de Washington, BGR Group et Akin Gump, se trouvent au milieu d’une bataille politique qui secoue la République démocratique du Congo.
Le gouvernement congolais a, en effet, récemment recruté BGR Group - un cabinet dirigé par des membres politiques républicains – pour l’aider à chapeauter la transition du pouvoir du président Joseph Kabila.
Beaucoup de Congolais et leaders de l'opposition, y compris un groupe de lobbyiste représenté par « Akin Gump Strauss Hauer & Feld », ne sont pas certains que le président congolais va abandonner la présidence sans résister.
Kabila est constitutionnellement obligé de partir en décembre, mais la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), a récemment déclaré que sa liste officielle des électeurs – nécessaire pour mener à bien l'élection – ne serait pas terminée avant juillet 2017 ; voire plus tard...
Les critiques, et notamment l’opposition, affirment que le gouvernement de Kabila tente ainsi de retarder l'élection afin de maintenir le chef de l’Etat congolais au pouvoir.
« Il y aura bel et bien des élections au RDC », Barnabé Kikaya bin Karubi

Il n'y a jamais de transition pacifique du pouvoir en RD Congo depuis que le pays a accédé à l’indépendance face à la Belgique en 1960. Le président Kabila, au pouvoir depuis 2001, après l’assassinat de son père, a déjà effectué ses deux mandats de cinq ans.
En septembre, des manifestations ont éclaté après Kabila n'a pas réussi à fixer une date pour l'élection présidentielle, faisant au moins 17 morts – dont trois policiers y compris celui dont le corps avait été brûlé – et plusieurs blessés.
Selon BGR Group – qui est prêt à défendre de la situation électorale en RDC devant le Congrès américain – en dépit de l'agitation actuelle, il y aura bel et bien des élections au RDC et une transition du pouvoir.
« BGR aide la République démocratique du Congo a expliqué aux législateurs américains et les médias les nombreuses étapes nécessaires qu'il faut pour préparer les élections présidentielles et la transition pacifique qui va suivre », a déclaré un porte-parole de BGR au journal américain « The Hill » dans un mail.
Le contrat signé le 2 septembre par BGR avec le gouvernement congolais est évalué à $ 875.000 et cours jusqu’en janvier 2017.
Barnabé Kikaya bin Karubi, le conseiller principal du président Kabila en charge de la diplomatie, avait insisté, fin septembre, lors d’une conférence à l'Institut McCain qu'il y aurait des élections dans le pays.
« Il y aura nécessairement un retard de quelques mois. Combien de mois ? Nous ne pouvons pas le déterminer à l’heure actuelle, » avait-il dit. « Mais s'il vous plaît permettez-moi d'être clair: le report n’est pas indéfini ! Nous allons organiser des élections présidentielles. La date sera fixée par la commission électorale, dès que possible en fonction des options qui nous seront données via le Dialogue National [qui se tient présentement]. »
Il a aussi affirmé que le gouvernement congolais devait élargir les listes électorales [au nouveau votant], assurer la sécurité et rechercher des financements pour ce processus électoral à venir.
Tension entre la RDC et les USA

« Je suis ici à Washington, en partie, pour demander de l'aide afin que nous puissions faire face à ces défis et aller de l’avant », a-t-il déclaré.
Toutefois, compte tenu de la situation électorale, les relations entre les Etats-Unis et la en RD Congo sont devenues tendues.
Le gouvernement américain a déjà imposé plusieurs séries de sanctions ciblées contre des responsables congolais et a affirmé que d’autres pourraient être prises.
En septembre, le Département d'Etat avait publié une déclaration exhortant à la transition pacifique et avait mentionné examiner des sanctions supplémentaires contre « tout individu responsable pour perpétrer la violence ou à la répression, ou pour incitation à la violence imminente. »
Par la suite, l'envoyé spécial américain pour la région des Grands Lacs d'Afrique, Tom Perriello, avait fait l’objet d’« attaques verbale » à l’aéroport de N’Djili par un membre de la Majorité présidentielle, le parti au pouvoir. Le cadre avait tenté de provoquer M. Perriello dans une confrontation physique, selon des récits de l’incident.
Suite à cet incident, le porte-parole du département d'Etat, John Kirby, avait déclaré que le gouvernement américain était « indigné et profondément troublé par l'atteinte physique et l'agression verbale. ». « Le gouvernement américain proteste de ce traitement de son envoyé dans les termes les plus forts possibles », déclarait le communiqué.
Akin Gump pour « soutenir la transition pacifique du pouvoir »

La deuxième société de lobbyistes basée à Washington, Akin Gump, représente pour sa part Moïse Katumbi, un des leaders charismatique de l'opposition congolaise qui se trouve actuellement à l'extérieur du pays.
« L'objectif c’est d’avoir des élections libres et équitables en RD Congo, conformément à la Constitution », a déclaré Don Pongrace, le lobbyiste principal à Akin Gump sur le sujet. « C’est la seule voie pour une transition pacifique cette année, même si les élections ne peuvent être tenues en 2016 », a-t-il expliqué.
La constitution congolaise permet au Parlement d’installer un président intérimaire en attendant que les détails des élections soient finalisés. Toutefois, en mai, la Cour Constitutionnel avait – dans son arrêt en interprétation au sujet de la date de la fin du second mandat de Joseph Kabila – déclaré que si les élections ne sont pas tenues en novembre, le président pourra rester en fonction jusqu’à ce que un nouveau président élu soit investi.
Néanmoins, la Majorité présidentielle a œuvré pour la tenue de négociations dans le cadre du Dialogue Nationale en vue d’installer un gouvernement intérimaire qui comprendrait les dirigeants de l'opposition, tout en permettant au chef de l’Etat de rester temporairement président.
Les principaux acteurs du mouvement d'opposition, en ce compris Moïse Katumbi et Etienne Tshisekedi, ont jusqu’ici refusé de participer à ces négociations pour un gouvernement intérimaire.
La condamnation par contumace de M. Katumbi en juin de cette année dans une affaire d’acquisition illicite d’un bien immobilier le rend en principe inéligible à l'élection présidentielle, et ses partisans à Washington travaillent pour tenter de faire tomber cette charge.
Le groupe de lobbyistes d’Akin Gump fait également pression pour plus de sanctions contre les responsables de violences en RDC ainsi que des soutiens auprès du Congrès pour des résolutions incitant le gouvernement congolais a accélérer le processus électoral.
Pour soutenir l'objectif sous-jacent de la transition pacifique du pouvoir, « les points d'action immédiats sont essentiellement d’encourager l'administration [américaine] à prendre des mesures plus agressives et contraignantes contre le régime du président Kabila, pour son incapacité à organiser les élections, et de faciliter le soutien des prises de positions de l'administration Obama par le Congrès », expliqué Don Pongrace. « Le soutien est là », a renchéri le membre d’Akin Gump, dont le contrat est évalué à 30.000 $ par mois.
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